Weekend militant à Paris : une nouvelle année sous l’égide de la Laïcité

Le weekend dernier, ma nouvelle année politique s’est lancée sur les chapeaux de roues avec trois réunions où le thème de la laïcité assez naturellement était au centre.

Je me suis d’abord rendu à une conférence débat organisée par le collectif « De l’audace et des actes » portant sur la démocratie, la citoyenneté et la laïcité. Un thème choisi au mois de décembre et qui avec la funeste actualité est devenu plus que jamais d’actualité.

Réunion sur la laïcité du collectif de l'Audace et des Actes - Crédit photo A.C.

Réunion sur la laïcité du collectif de l’Audace et des Actes – Crédit photo A.C.

Plus de cinquante personnes avaient fait le déplacement pour cette réunion, et parmi elles Karine Berger, députée et co-responsable du Courant Cohérence Socialiste.

Les intervenants Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la Laïcité, Frédéric Dabi, Directeur Général Adjoint de l’IFOP et Alain Bondeelle de la Ligue des droits de l’Homme ont permis de mettre en place un débat de qualité, animé par Louis Keumayou, journaliste et président du Club de l’information Africaine.

Jean-Louis Bianco a d’abord rappelé l’historique de la laïcité et donner des éléments essentiels sur ce qu’elle représente et en particulier sur le fait que c’est une liberté fondamentale. En effet, elle correspond à la liberté de croire ou de ne pas croire, ou même de changer de religion. Il a ainsi rappelé un article de notre Constitution qui pour lui semble primordial :  » la France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale ».

Fédéric Dabi nous a présenté les différents sondages effectués sur ce thème montrant bien que, pour les français, la laïcité permet d’apaiser les tensions dans notre pays et est une des bases du bien vivre ensemble.

Alain Bondeelle a pu nous parler de son expérience au sein d’établissements scolaires. Il a évoqué la nécessité d’un enseignement laïc du fait religieux et le renforcement de l’éducation civique à l’école.

Nous avons aussi pu échanger, sur les conclusions du rapport de l’Observatoire de la Laïcité. Cela a permis d’ouvrir les discussions entre les différents intervenants et les personnes présentes.

On peut tirer de ces différents échanges que la laïcité française est la liberté de culte ou de non culte mais c’est aussi l’affirmation d’un Etat neutre vis-à-vis de toutes les religions de son territoire. Elle est aussi vue comme une des valeurs les plus importantes de notre pays et de notre République permettant au bien-vivre ensemble de s’exprimer.

Nous avons aussi évoqué la proposition de service civique universel, thème défendu dès le mois de novembre par la Fabrique du Changement, un courant des Jeunes socialistes dont je fais partie. Je consacrerai un article très prochainement sur mon blog. D’après moi, cela sera surement l’une des solutions pour lutter contre l’individualisme et incarner les valeurs républicaines en les appliquant dans la vie de tous les jours.

Rassemblement national des secrétaires de section du PS à La Mutualité - Discours de J.C.Cambadélis - Crédit photo A.C.

Rassemblement national des secrétaires de section du PS à La Mutualité – Discours de J.C.Cambadélis – Crédit photos A.C.

Le lendemain, j’ai assisté au rassemblement national des secrétaires de section du Parti Socialiste, qui, chaque année, réunit des responsables fédéraux de l’ensemble du territoire pour préparer l’année à venir.  Dans ce contexte difficile avec les attentats de début janvier, le programme a un peu changé pour porter sur la République et la Laïcité.

En forme de clin d’œil, à ces évènements tragiques, Xavier Gorce, dessinateur des célèbres Indégivrables, avait été invité pour illustrer en direct nos débats.

La journée s’est déroulée autour de trois thèmes :

  1. GROUPE DE TRAVAIL : COHÉSION RÉPUBLICAINE

Si les évènements de Toulouse n’ont pas soulevé une réaction citoyenne face à cette montée du terrorisme et de la menace sur notre République et ses valeurs, ceux de janvier ont provoqué une vive réaction.

Nous devons nous en imprégner car, depuis des années, cette montée du racisme et des discriminations de toute sorte prend forme et divise les Français. Certaines personnes, comme Marine Le Pen, jouant sur cette division, ont jeté de l’huile sur le feu et continue à le faire.

Mais le mal est bien plus profond. Il vient du fait que bien longtemps certains ont joué sur le communautarisme, ont refusé de mettre en place une mixité sociale.

Ce combat pour une cohésion républicaine doit se dérouler sur plusieurs terrains, en particulier celui de l’Ecole. Cela se joue aussi grâce au milieu associatif et leurs initiatives multiples. C’est pourquoi, nous devons mettre en valeur leur combat pour la république et contre l’obscurantisme mais aussi leur donner des moyens. Le service civique a été évoqué, encore une fois comme une des possibles solutions d’intégration et de transmission de nos valeurs républicaines.

  1. GROUPE DE TRAVAIL : SÉCURITÉ ET LUTTE CONTRE LE TERRORISME

Cette table ronde a évoqué la lutte contre la radicalisation qui passe par un travail en amont : protection de la jeunesse mais aussi en milieu carcéral.

Cela passe aussi par une amélioration des relations police – citoyens qui fait l’objet depuis 2012, d’un véritable travail, mais qui doit être accentué.

Par ailleurs, les évènements ont démontré que les services de renseignements – malgré les différents démantèlements de filières terroristes et les attentats déjoués – ont des failles dûes notamment aux manques de moyens. C’est pourquoi, nous devons améliorer notre appareil de renseignement que ce soit avec des moyens humains ou matériels. Des moyens plus importants doivent attribués dans la lutte contre le terrorisme sur internet, fortement utilisés pour recruter ou échanger des informations sur comment mettre en place des attentats.

Enfin, ce travail des services de sécurité et de protection doivent pouvoir travailler en étroite collaboration avec une justice antiterroriste, voyant elle aussi ses moyens renforcées pour que ce travail de lutte contre ce fléau soit le plus efficace possible.

  1. GROUPE DE TRAVAIL : LA COORDINATION EUROPÉENNE

Cette table ronde a travaillé sur la lutte contre le terrorisme au niveau européen, afin d’être le plus efficace possible.

Cela doit passer par un renforcement de la coopération européenne dans la lutte contre le terrorisme passant par une véritable coopération policière, judiciaire et financière entre les Etats membres de l’UE.

La marche du 11 janvier a montré que nous défendions, tous ensemble, des valeurs communes et que nous opposions à toute forme de division et de stigmatisation d’une catégorie de population ou de religions. L’Europe est attaquée par des barbares et non pas par une religion.

Nous devons aussi avancer sur l’Europe de la Défense. En attendant qu’elle soit réellement effective, il faut arrêter de prendre en compte, dans le calcul du déficit des Etats-membres, les crédits affectés par certains États à la sécurité collective de l’Europe, notamment dans la lutte contre le terrorisme.

Enfin, j’ai fini cette journée par une réunion des responsables de Cohérence Socialiste où nous avons pu échanger sur les différentes contributions thématiques réalisées lors des travaux collaboratifs réalisés par les militants de toute la France.

Réunion des responsables du courant Cohérence Socialiste - Crédit photo A.C.

Réunion des responsables du courant Cohérence Socialiste – Crédit photo A.C.

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Place à l’innovation démocratique: redonner confiance dans la parole et l’action publique

Tribune du 21 septembre 2014 (à 7 jours des élections sénatoriales) co-écrite et publiée dans Le Huffington Post avec plusieurs jeunes responsables fédéraux du Parti Socialiste, militants et sympathisants socialistes.

« Nous avons toujours mille raisons d’attendre et de ne pas entendre ; mais le prix du renoncement est plus cher à payer que le prix du courage » c’est par ces mots que Jean-Pierre Bel officialisa son retrait de la présidence du Sénat, fonction qu’il quittera dans les prochains jours. Ainsi ce qui aurait pu être appréhendé comme un testament « ante-mortem » du premier Président socialiste du Sénat sous la Vème République, se révèle en réalité comme une feuille de route laissée aux générations à venir, qu’il encourage à donner du sens à leur citoyenneté, à servir la République, à s’engager dans la vie politique.
Nous jeunes militant-es et responsables du Parti Socialiste ancrés sur nos territoires ne peuvent que souscrire à cette feuille de route, d’autant plus que nous sommes directement exposés tant aux espoirs, qu’à la souffrance des Français.
En effet, au fil des années et des affaires touchant les différents partis – que ce soit la droite ou la gauche – ont fini de lasser et d’exaspérer nos concitoyens. Ils ont perdu confiance dans leurs représentants et parfois même dans leurs institutions. Cela se traduit par une abstention croissante et élevée ainsi que par la montée des extrémismes en tout genre.
A défaut d’agir, des jours encore plus sombres semblent se dessiner à l’horizon, nous nous devons donc de réagir !
Rappeler les faits qui peuvent minimiser les affaires et accusations du « tous pourris », qui font trop souvent le « buzz » dans les médias, ne doit pas servir à nous dédouaner.
Au contraire, cela doit nous motiver à changer les méthodes et pratiques politiques pour mettre en avant les « élus intègres ». Cela doit nous motiver à lutter contre le « tous pourris » et le sentiment « d’impunité des politiques » ressenti par la population.
Certes, face à ces défis le Gouvernement a agit en terme de transparence, que ce soit avec la publication des déclarations de patrimoine de l’ensemble des ministres et parlementaires, la création d’une « Haute autorité de la transparence de la vie publique » ou encore la publicité de la réserve parlementaire.
Bien qu’il en ait couté au Gouvernement, l’affaire Thévenoud est la preuve de l’efficacité des mécanismes de vérifications votées par la majorité et impulsés par l’exécutif actuel.
Nous nous en félicitons mais nous devons aller plus loin car malgré ces avancées, celles-ci n’ont manifestement pas eu pour conséquence de faire infléchir la défiance de certains citoyens envers la classe politique…
Cependant, de nombreuses solutions existent et sont à la portée de nous toutes et tous. Pour cela, il nous suffit d’être à l’écoute des citoyen-nes de nos territoires, de leur redonner la parole à travers des moyens plus collaboratifs. Ainsi, nous pourrons retisser un lien de confiance qui semble avoir été cassé entre les citoyens et leurs représentants.
C’est pourquoi, en ces temps de défiance, il nous semble urgent de faire de la politique autrement.

Nous formulons donc ici quelques propositions pour adapter la vie politique à notre société du 21ème siècle :
• Limiter la possibilité pour un élu de se faire élire trois fois maximum pour un même mandat. Cette mesure venant à la suite de la règle du non cumul des mandats prise par le gouvernement et qui s’appliquera en 2017.
• Réformer l’indemnité de représentation et de frais de mandat (IRFM) pour que cette enveloppe serve seulement aux frais liés aux déplacements et réceptions du parlementaire.
• L’inéligibilité de 10 ans, voire définitive pour tout élu commettant « une infraction portant atteinte à la moralité publique comme la corruption, le trafic d’influence, la fraude électorale ou la fraude fiscale ».
• Mettre en place un véritable statut de l’Elu pour permettre à chacun de pouvoir se présenter sans que cela soit néfaste à sa vie professionnelle et notamment pour la reprise d’activité à la fin du mandat. Cela permettra une meilleure représentativité de la société française à l’Assemblée Nationale.
• Rendre publique chaque année les comptes des partis politiques et des associations politiques.
• Promouvoir la Démocratie Participative et, sur certaines politiques, la Démocratie Délibérative, en effet les citoyens ont soif de s’engager et de s’impliquer sur les politiques publiques à condition qu’on leur donne les moyens de le faire réellement et non pas en étant des simples faire valoir seulement bons à valider des projets déjà ficelés.
Ségolène Royal avait compris très tôt cette nécessité de changer la façon de faire de la Politique et d’y associer plus largement les citoyens. L’héritage de Stéphane Hessel – et d’autres avant lui, nous enseigne que l’on peut, chacun à notre niveau changer les choses.
Alors qu’attendons-nous ?
Ayons le courage d’affronter la réalité de notre système à bout de souffle et d’engager la mutation de celui-ci.
Ayons la volonté et l’audace de changer les choses !
Citoyen-nes, militant-es, élu-es : engageons ensemble l’innovation démocratique !

Signataires:
– Baptiste Ménard, secrétaire de la section PS de Templeuve et délégué fédéral thématique au Tourisme du PS Nord (Nord-Pas-De-Calais)
– Anthony Courtalhac , secrétaire de la section PS de Romagnat et secrétaire fédéral en charge des réseaux sociaux au PS du Puy de Dôme (Auvergne)
– Carla Bucero Lanzi, animatrice fédérale du MJS Deux-Sèvres et militante PS (Poitou-Charentes)
– Thomas Jacquelin, secrétaire de la section PS de Ussel (Limousin)
– Lies Messatfa, militant socialiste à Levallois-Perret (Ile-de-France)
– Tatiana Blanc, militante socialiste à Orléans (Région Centre)
– Nicolas Sanssouci, militant socialiste à Marseille dans les Bouche du Rhône (Région PACA)
– Anais Boutard, secrétaire fédéral du MJS Sarthe et militante PS (Pays de la Loire)
– Antoine de Laporte, militant PS (Pays de la Loire)
– Clément Laforge, militant socialiste et conseiller municipal à Guichainville (Haute Normandie)
– Damien Thibault, secrétaire de la section du Pays Briançonnais (Provence Alpes Côte d’Azur)
– Laurent Bouquet, Secrétaire de la section de Saint Rémy en Bouzemont (Champagne-Ardennes)
– Elodie Bour, militante socialiste de la section de Dieuze (Lorraine)
– Valentin Eynac, secrétaire fédéral du PS Isère (Rhône-Alpes)
– Myriam Gelly-Tuhami, sympathisante socialiste de Martinique (Martinique)
 http://www.huffingtonpost.fr/baptiste-menard/modernisation-de-la-vie-politique_b_5841828.html