Trois questions à Jeanne ESPINASSE, conseillère départementale de Vic-le-Comte

Ce mois-ci et pile un an après les élections départementales de 2015, j’ai souhaité vous présenter à travers mon « 3 questions à » mensuel Jeanne ESPINASSE, conseillère départementale du canton de Vic-le-Comte et seconde adjointe de la commune de Neschers. Bonne lecture !

Jeanne Espinasse - campagne départementale 2015

Jeanne Espinasse – campagne départementale 2015

  • Jeanne, tu as été élue en mars 2015 conseillère départementale du canton de Vic-le-Comte avec ton binôme Antoine DESFORGES. En quoi consiste ton mandat ? Comment s’est déroulé cette première année ?

Les conseillers départementaux interviennent sur les compétences du Département : le social, les collèges, les routes, le transport, les territoires, la culture et le sport. Nous sommes élus au suffrage universel pour un mandat de 6 ans.

 Notre rôle est triple :

  • Participation à la vie du Conseil départemental : nous siégeons lors des sessions et participons ainsi par nos interventions, propositions et nos votes à la prise de décisions et à l’orientation de la politique du Département. Chacun de nous est également membres d’une commission qui examine les dossiers avant leurs adoptions. Pour ma part, je fais partie de la 3ème commission « Finances et Infrastructures ».
  • Nous sommes les interlocuteurs privilégiés des habitants du canton de Vic-le-Comte. Nous sommes au service des citoyens en écoutant et répondant aux administrés au travers de nos permanences et visites régulières dans les communes. Cela nous permet de prendre en compte les problématiques que rencontrent les citoyens et d’orienter l’action départementale en fonction.
  • Nous participons à la vie locale. Nous avons établi une relation de confiance et de proximité avec les élus locaux. Nous les accompagnons dans la mise en place de leurs projets, notamment en sollicitant l’appui des services et organismes associés au Département. Nous avons instauré une réunion cantonale (regroupant l’ensemble des Maires du Canton, les représentants des services du Département, Le Président du Conseil départemental et le Député de la circonscription) pour faciliter la recherche de solutions communes aux problèmes rencontrés. Nous participons également à la vie des associations locales en étant présents lors des manifestations et en les soutenant financièrement au travers de la DALD (1).

Cette première année a été intense pour moi, cela a nécessité beaucoup de présence sur le terrain et de travail personnel, même en dehors de ce qui est visible. J’ai découvert de nombreux dossiers et de nouveaux domaines qui dépendent du Conseil Départemental. Ce processus m’a d’autant plus intéressée que le cœur de notre action est le lien direct avec les élus et les habitants.

  • Tu es aussi deuxième adjointe de Neschers. Peux-tu nous parler de ton engagement en tant qu’élue sur un territoire rural ?

 La taille de la commune de Neschers fait que nous sommes en contact direct et permanent avec les habitants. La commune n’emploie qu’une secrétaire et les élus doivent gérer le quotidien sans l’appui de services techniques importants.

Nous sommes très identifiés par les citoyens qui font appel à nous pour toutes les problématiques qu’ils rencontrent. Cette perception de l’élu local est intéressante et passionnante car nous agissons au plus près des habitants et du territoire neschersois. Le travail de l’équipe municipale se fait en direct.

 Ce rôle de l’élue locale, m’aide dans mon mandat de conseillère départementale car cela me permet de porter la réalité du quotidien des petites communes, nombreuses sur le canton, lors des débats au Conseil départemental. Ce rôle de porte-parole des petites communes est important dans un département à la fois urbain et rural où les problématiques ne sont pas les mêmes entre ville urbaine et ville rurale.

Jeanne Espinasse aux voeux 2016 de la commune de Coudes - Crédits J.Espinasse

Jeanne Espinasse aux voeux 2016 de la commune de Coudes – Crédits J.Espinasse

  • Enfin, comment vois-tu l’avenir de notre Département ?

 Le Département a un avenir au travers de ses conseillers départementaux. Tant qu’ils seront des élus ancrés sur les territoires, aux services des Hommes, à l’écoute, proches des élus locaux, ils justifieront la nécessité du Département échelon de proximité. A l’heure de la grande Région Auvergne-Rhône-Alpes, seul le Conseil Départemental a la taille et le poids humains pour mener des politiques de développement sur nos territoires.

 L’écoute, la proximité, le terrain et la solidarité sont pour moi les piliers de mon action de conseillère départementale.

1 : La Dotation d’Animation Locale Décentralisée (DALD) est une enveloppe financière attribuée à chaque binôme de conseillers départementaux. Elle est destinée à aider les associations afin de développer des projets. Les associations doivent contacter leurs conseillers départementaux afin d’obtenir un dossier qui sera examiné par le binôme qui décidera de l’attribution de la dotation.

 

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La ruralité : territoires d’avenir

Tribune du 20 novembre 2014 co-écrite et publiée dans Le Huffington Post avec plusieurs jeunes responsables fédéraux du Parti Socialiste, militants et sympathisants socialistes.

La réorganisation territoriale de la République est au cœur de l’actualité politique. Les différents projets portés par le Gouvernement témoignent de cette ambition d’adapter nos territoires aux nouveaux défis propres au XXIe siècle.

La tenue des Assises de la Ruralité cet automne, laisse augurer que tout est réuni pour mener une vraie politique en faveur de la ruralité.

Si nous pouvons parler de la ruralité, avec simplicité et aisance, c’est parce que nous en sommes issus. Nous connaissons ses atouts. Nous regrettons ses faiblesses et souhaitons y apporter des remèdes.
Cette ruralité, trop souvent appréhendée (à tort) comme un frein à toutes réformes dans notre pays, doit être placée sur le devant de la scène avec cette nouvelle réorganisation territoriale. Ce sont bien les territoires ruraux qui sont au cœur de la montée en puissance des structures intercommunales. Ces dernières sont une source d’énergie essentielle pour bon nombre de communes françaises.

L’intercommunalité doit permettre une synergie entre des communes urbaines, semi-urbaines et des communes rurales. Nous l’observons au quotidien dans nos départements. Aujourd’hui, quelle est la marge de manœuvre d’un maire d’une commune de moins de 1000 habitants, dans la mise en place d’une politique publique efficace ? Très faible. Aussi, nous sommes pleinement conscients qu’une harmonisation intercommunale est primordiale afin que nos territoires ruraux continuent à se développer
L’enjeu majeur, à l’heure actuelle, est de lutter contre le sentiment d’abandon de certains citoyens vivant dans les zones rurales ou périurbaines. Le meilleur outil de lutte passe par une remise à plat de nos politiques publiques.

En effet, les territoires ruraux ont des difficultés similaires à celles rencontrées dans les banlieues urbaines par exemple, mais sans toutefois revêtir les mêmes spécificités. Nous devons donc « réfléchir global et agir local ».

Nous sommes profondément attachés à l’esprit et aux valeurs républicaines du Service Public. Nous ne voulons pas connaître un Service Public à deux vitesses : un Service Public de performance dans les zones urbaines et un Service Public minimum dans les territoires ruraux.

Nous érigeons en principe l’égalité d’accès au Service Public de la République. Cette belle idée est la condition sine qua none à toute survie du monde rural. Bien souvent, une école qui ferme, c’est un village qui meurt !

Nous devons aussi observer et nous inspirer de l’ensemble des initiatives locales mises en place par les acteurs des territoires que nous oublions souvent. Grâces à ces actions, certains territoires sont devenus des pôles d’excellence, des laboratoires d’idées pour les citoyens de demain, et deviennent de plus en plus attractifs comme cela peut être le cas avec l’Auvergne présentée comme la nouvelle « Silicon Valley ».

En effet, toutes les campagnes françaises ne peuvent être reconverties dans le tourisme, il faut revitaliser ces lieux, faire confiance, donner les moyens aux citoyens ruraux d’agir pour le redressement du pays.

C’est pourquoi, jeunes responsables socialistes, nous formulons des propositions qui pourraient contribuer à une ruralité du 21ème siècle, fer de lance de la France d’avenir grâce à des territoires forts:

  • Soutenir la création des maisons de Service Public. Elles ont le double avantage, d’une part, de faciliter l’accès aux Services Publics au plus près des citoyens français, et d’autre part, de proposer une forme de « guichet unique », tant plébiscité par nos concitoyens.
  • Assurer un vrai Service Public de transports en investissant d’avantage dans les liaisons régulières (TER ou bus) mais aussi en soutenant le covoiturage par la création d’aires dédiées ;
  • Mettre en place un véritable maillage territorial en maison de santé, lieu rassemblant différents corps de métiers médicaux (médecins, kinés, infirmiers, pharmaciens…). Ceux-ci sont plébiscité tant par le corps médical que par les citoyens !
  • Obliger les nouveaux médecins à effectuer leur début de carrière dans une zone marquée par la désertification médicale.
  • Développer les centres de télétravail dans les zones rurales permettant aux artisans et professions libérales de pouvoir rester ou de s’implanter dans nos territoires. Cela passe aussi par la mise en place de formateurs dans ces centres.
  • Inciter à faire du vieillissement des zones rurales un atout économique et créateur d’emplois : la « Silver Economy » est, pour nous, l’avenir de ces territoires. Il s’agit d’encourager les innovations qui feront reculer la perte d’autonomie. Amplifier l’accès au Très Haut Débit (THD) partout sur les territoires en incitant les intercommunalités à axer leurs politiques publiques sur un soutien aux nouvelles technologies et à l’économie numérique. La ruralité peut être aussi 2.0.
  • Inciter les communes à mettre en place un commerce municipal au cas où l’initiative privée ferait défaut.
  • Lancer une politique rurale forte en termes d’isolation thermique des bâtiments, à l’échelle nationale. En effet les premières victimes de la précarité énergétique sont les habitants des zones rurales.
  • Inciter et aider les agriculteurs à installer sur leurs exploitations des énergies renouvelables (ex : panneaux photovoltaïques sur les toits de leurs fermes, méthanisation des vaches…).
  • Inciter au rassemblement des agriculteurs en coopératives que ce soit en termes d’installation et de matériels agricoles mais aussi en termes de vente de leurs produits permettant une mutualisation des moyens.
  • Valoriser et développer les circuits-courts à travers les collectivités territoriales. Elles devront aider entre-autres au développement des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP). Les collectivités territoriales et l’Etat devront le plus possible se fournir en circuits-courts pour les restaurations qu’elles gèrent.

Nous jeunes responsables socialistes, avons le devoir de se faire les porte-paroles des habitants, des citoyens qui se sentent abandonnés par nos gouvernants, par notre République, et qui, parfois, expriment leur désarroi par un vote en faveur des partis extrêmes pour faire entendre leurs inquiétudes, leurs colères, quand ils ne s’abstiennent pas.

Nous avons ici formulé quelques propositions et nous espérons que le Gouvernement profitera des Assises de la Ruralité qui se tiennent actuellement pour amplifier le « pacte pour la Ruralité » du Gouvernement Ayrault et faire des annonces fortes à destination de ces populations et de ces territoires.
Les territoires ruraux contribuent à la richesse de notre pays, ils sont plus que jamais une chance et une force pour l’avenir!

Cette tribune est signée de plusieurs jeunes responsables du Parti Socialiste:
Anthony COURTALHAC, Secrétaire de la section PS de Romagnat (Puy-de-Dôme)
Thomas JACQUELIN, Secrétaire de la section PS de Ussel (Corrèze)
Anthony LEROY, Secrétaire de la section PS de Pontgibaud (Puy-de-Dôme)
Baptiste MENARD, Secrétaire de la section PS de Templeuve (Nord)
Carla BUCERO LANZI, Animatrice Fédérale du MJS Deux Sèvres
Clément LAFORGE, Conseiller Municipal de Guichainville (Eure)
Thomas LUQUET, Militant PS de Paris
Grégoire POTTON, Militant PS du Puy-en-Velay (Haute-Loire)
Tatiana BLANC, Militante PS d’Orléans (Loiret)
http://www.huffingtonpost.fr/baptiste-menard/la-ruralite–territoires-d-avenir_b_6190958.html?utm_hp_ref=tw