Meilleurs voeux 2016 !

L’année 2015 fut une année très bizarre à vivre évoluant entre désespoir et espoir.

Désespoir quand le monde ouvrit vraiment les yeux sur le fléau qu’est la guerre. Guerre qui s’accompagne de ses nombreuses destructions, crimes de guerre et déplacements de populations qui ont tout perdu et n’ont d’autres solutions que de faire des milliers de kilomètres en abandonnant leur vie quotidienne, au péril de leur vie humaine.

Désespoir quand des fous commettent des attentats contre des personnes qui n’ont que pour seul péché de vivre librement comme ils le souhaitent. Ces fous, qui de tout temps se cachent derrière une religion et des dogmes, frappent aveuglément les peuples et les pays : France, Tunisie, Mali, Kenya, Cameroun, Egypte, Libye ne sont que quelques exemples de pays touchés par ces fanatiques.

En France, nous avons tous été marqués par les attentats de janvier contre Charlie Hebdo et par les attentats de novembre contre les valeurs qui nous rassemblent tous au-delà des religions et appartenances politique : liberté, égalité, fraternité et laïcité.

Désespoir quand l’année des trente ans de la création des Restaurants du Cœur par Coluche, des millions de personnes sous le seuil de pauvreté vivent ou plutôt survivent – et notamment de plus en plus de travailleurs.

Mais 2015 a aussi été une année d’espoir.

Bonne année 2016 ! - crédits TBlanc

Bonne année 2016 ! – crédits TBlanc

Espoir avec l’élan de solidarité suite aux attentats. Rappelons-nous les rassemblements spontanés qui ont eu lieu dans toute la France pour dire au-delà du « Je suis Charlie », nous résisterons face à l’obscurantisme et ne braderons jamais nos valeurs.

Espoir en termes de santé publique avec un cas de rémission complète du virus du SIDA qui a été suivi du lancement par une start-up française, d’une phase de test pour un vaccin contre le SIDA. On peut aussi évoquer la mise en place de nouveaux tests prénataux de dépistage de la trisomie 21, jugés efficaces et la fin de l’épidémie d’Ebola en Afrique.

Espoir avec la fin de la guerre froide entre les Etats-Unis et Cuba après plus de cinquante-quatre années de relation coupées.

Et enfin espoir avec l’accord sur le climat signé par 195 pays et l’Union Européenne, accord universel et juridiquement contraignant composé de 29 articles et constituant une véritable avancée dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’objectif de cet accord est de contenir la hausse des températures bien en dessous de 2°C et prévoit la réévaluation à la hausse des contributions de chaque pays tous les 5 ans.

Mes souhaits pour l’année 2016 qui débutent

Peut-on continuer longtemps à tolérer le cumul de plusieurs mandats importants, alors que chacun d’eux nécessite de s’y consacrer à temps complet ? De ce point de vue, la volonté de Nicolas Sarkozy de revenir (si la droite revenait au pouvoir) sur la loi de non-cumul devant s’appliquer en 2017 est désolante.

En effet, pour moi 2015 a été éprouvant et a montré que les politiques doivent véritablement réagir et prendre la mesure du nécessaire changement des pratiques. Je renouvelle donc mon vœu de 2015 : que l’innovation démocratique prenne tout son sens à travers le renouvellement, le non cumul, la politique des valeurs et des idées !

Enfin, mon deuxième est un souhait de redressement prolongé de notre économie. La croissance revient, le chômage stagne et le made in France redevient attractif, les cartes sont donc entre nos mains. Espérons que nous allons nous mobiliser pour soutenir ces entreprises qui montrent que la France peut réussir si elle s’en donne les moyens.

Je vous souhaite à vous et à vos proches une année 2016 pleine de bonheur, de santé et de réussite personnelle et collective !

Pour conclure, je reprendrai à mon compte une phrase des vœux du Président de la République de cette année : « 2015 fut une année de souffrance et de résistance, alors faisons de 2016 une année de vaillance et d’espérance ».

Commémoration de Jean ZAY: Résistant et homme d’Etat

Photo de Jean Zay - Crédits photo Huffington Post

Photo de Jean Zay – Crédit photo Huffington Post

Hier avait lieu, à Clermont-Ferrand et Riom, la commémoration de l’assassinat de Jean Zay en 1940.

On doit à Jean Zay, grand ministre de l’Education et des Beaux-Arts de grandes avancées pendant cette belle période du Front Populaire.  Il est à l’initiative du prolongement de 13 à 14 ans de l’obligation de scolarisation et cela dès la rentrée scolaire 1936. Il est aussi à l’initiative de l’introduction de l’éducation physique en primaire, de la création des Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS), de l’organisation de la recherche scientifique pour créer en 1939 le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Comme ministre des Beaux-Arts c’est lui qui avait proposé l’idée de création du festival de Cannes ou qui souhaité encourager la création de bibliothèques mobiles.

En tant que ministre, il prônait l’esprit d’initiative et la favoriser en mettant en place des expérimentations comme cela a été fait pour l’éducation sportive à le primaire.

En tant qu’homme politique au sens large, c’était un grand républicain, un démocrate, un combattant de la première heure des inégalités. Il s’est notamment engagé à la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen, et a été responsable de la Ligue de l’enseignement.

Mais Jean Zay était surtout une personne qui croyait en l’intelligence des citoyens et leur civisme pour protéger la République. Dans cette période trouble où notre République est en grand danger, cela devrait pouvoir inspirer certains. Je pense notamment aux élus de droite de la ville de Riom qui ont refusé de participer à la commémoration de ce grand ministre et grand résistant mort pour la France.

Cet esprit patriote, loin de celui de l’extrême-droite, il l’a montré en septembre 1939 en démissionnant de son poste de ministre pour rejoindre l’armée française et protéger son pays. Il a démontré son amour pour la France lui qui pourtant à l’époque étant la cible de l’extrême-droite car juif et franc-maçon, lui qui a subi une violente campagne de presse du ministre de l’information du gouvernement de Vichy réclamant la mort du « juif Jean Zay ».

Il est important de ce rappeler cela car l’extrême-droite aujourd’hui essaie de cacher cette idéologie qui la caractérise et en développe une autre : la haine du musulman. Elle a beau vouloir se dédiaboliser, l’extrême-droite est mue par la haine de l’autre et joue sur les peurs des gens.

Jean Zay malgré la reconnaissance par ses responsables militaires de son courage et de son dévouement sera condamné par le tribunal militaire à Clermont-Ferrand comme déserteur à la déportation à vie et à la dégradation militaire alors que pour les mêmes faits Pierre Mendès-France sera « seulement » condamné à six ans de prison.

Jean Zay sera finalement incarcéré au quartier spécial de la maison d’arrêt de Riom où il pourra recevoir la visite de sa femme et de ses filles, dont l’une était présente hier soir pour les commémorations à Clermont-Ferrand et que j’avais pu croiser lors de la fête de la Libération d’Orléans cet été.

Il ne cherchera jamais à s’échapper et en grand optimiste et serviteur de l’Etat il travaillera sur de possibles réformes à mettre en place après la Libération.

Malheureusement le 20 juin 1944, trois miliciens le feront sortir de prison pour l’assassiner en plein bois à la carrière des Malavaux à Cusset dans l’Allier et le jetteront dans une faille en espérant qu’il ne soit jamais retrouvé. Il sera réhabilité de manière posthume en juillet 1945 et son corps sera retrouvé et identifié en 1947 permettant à la famille de l’inhumé décemment à Orléans, sa ville natale, où il fut député.

Cette commémoration de l’assassinat du grand homme d’Etat qu’il était, résistant mort pour la France, ne peut qu’être mise en perspective avec les évènements proches et nous montre que la seule issus possible est toujours la République et ses valeurs.

Le 27 mai 2015, sera un moment particulier, à quelques jours des 70 ans de la fin de la seconde guerre mondiale Jean Zay ainsi que trois autres résistants (Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion) verront leurs cendres transférées au Panthéon en signe d’hommage de la Nation à ces « grandes figures qui évoquent l’esprit de la résistance ».