Un hommage départemental pour Arsène Boulay

Le Conseil départemental du Puy-de-Dôme a voté à l’unanimité lors de sa session du 21-22 mars, une délibération symbolique mais qui touchera de nombreux Romagnatois et Puydomois. En effet, cette délibération  a pour objet de donner le nom d’Arsène Boulay, ancien président du Conseil général et député-maire de Romagnat à la médiathèque départementale.

Arsène Boulay, ancien député-maire de Romagnat et Président du Conseil Général du Puy-de-Dôme - crédits A.N

Arsène Boulay, ancien député-maire de Romagnat et Président du Conseil Général du Puy-de-Dôme – crédits A.N

Arsène Boulay était une des figures importantes du Parti Socialiste du Puy-de-Dôme. Né en 1910 au Crest et mort en 2001 à Romagnat. Il commença son militantisme à 18 ans en fondant les jeunesses socialistes et en adhérant à la SFIO. Dès le début de la seconde guerre mondiale, il rentra dans la Résistance et a été le délégué régional du Mouvement de Libération Nationale pour L’Auvergne.

A la sortie de la guerre, il devint maire de Romagnat et le resta jusqu’en 1985. Il fut aussi président du conseil général de 1970 à 1973 et de 1976 à 1988 et député de 1963 à 1978.

En dehors de l’homme politique, véritable autodidacte, il était un homme d’une grande culture et une plume reconnue qui a sévi notamment dans les colonnes de l’hebdomadaire « Le Montagnard » dont il a été directeur politique de 1966 à 1978.

Arsène, comme bon nombre l’appelait, était un élu national (Député) mais surtout un élu local aux réalisations reconnues comme notamment la médiathèque départementale qui va porter son nom.

Je me félicite de cet hommage rendu certes à l’homme politique qui a marqué l’histoire locale et du PS mais aussi à l’homme de lettres qu’il était. J’espère que ça permettra au plus grand nombre de connaitre ce grand homme, issu d’un milieu modeste et de voir qu’avec une motivation sans fin, il est possible de faire de grande chose.

Arsène Boulay avec R.Quilliot P.Bouchaudy et L.Jospin - collection privée A.Boulay

Arsène Boulay avec R. Quilliot P. Bouchaudy et L. Jospin – collection privée A.Boulay

Trois questions à Joël MALLET, militant associatif et laïque

Lors de mon « trois questions à » de cette nouvelle année, j’ai souhaité vous présenter, Joël MALLET, membre très actif depuis de nombreuses années dans la vie municipale issoirienne. Ce choix d’interview revêt une importance particulière pour moi car en cette période trouble, l’investissement associatif est une des solutions pour recréer un lien entre les gens et un destin commun. Bonne lecture !

Remise de la médaille d'officier dans l'ordre des Palmes Académiques à Joël Mallet par Jean-Paul Bacquet, député - crédits photo La Montagne

Remise de la médaille d’officier dans l’ordre des Palmes Académiques à Joël Mallet par Jean-Paul Bacquet, député – crédits photo La Montagne

  • Joël, depuis plus de 40 ans, tu es investi dans le milieu associatif et en particulier dans l’Amical Laïque d’Issoire, comment t’es venu cet engagement pour défendre les valeurs de laïcité ?

Issu d’un milieu modeste – une mère à la maison et un père syndicaliste et investi dans les œuvres sociales de son entreprise -, j’ai souvent vu mon père se battre pour ceux qui en avaient le plus besoin, pour que les conditions de travail ou les salaires s’améliorent. Je l’ai vu aussi se battre pour les familles : accès aux centres de vacances, aux cadeaux de Noël pour tous, aux aides diverses… Son expérience, son vécu, les récits qu’il a pu m’en faire au fil des années, ont fait que je suis devenu naturellement syndicaliste et que je m’investisse dans le milieu associatif pour que les enfants qui venaient à l’Amicale Laïque, de tous horizons, de toutes couches sociales, puissent profiter des mêmes activités.

Je crois que, sans le savoir, je défendais les valeurs de la laïcité à l’époque. Aujourd’hui, j’en suis sûr.

  • Peux-tu nous donner ta vision sur l’évolution de l’engagement associatif et laïque ?

Les besoins de la société ne sont plus les mêmes aujourd’hui, les mentalités non plus. En arrivant à l’Amicale Laïque d’Issoire en 1967, les gens se parlaient, échangeaient, communiquaient.

Aujourd’hui, nous sommes dans une société de consommation qui va trop vite… Les gens ne comptent plus pour faire les fins de mois ; avec la carte bancaire, ils achètent à crédit pour être comme les autres et ne savent même plus si leurs moyens le leur permettent. On se cache si on ne mange pas mais on part en vacances quand même.
Alors pourquoi s’investir, les anciens sont encore là mais puisqu’il n’y a plus les échanges sur les difficultés journalières… Il n’y a plus de motivations pour rechercher des solutions collectives ou simplement le temps où on peut être consommateur.

Et puis, le milieu associatif est devenu tellement difficile, matériellement, financièrement, légalement, juridiquement, qu’il fait peur. On tape sur les bénévoles du monde associatif comme sur les maitres d’école.

  • Penses-tu que les français s’investissent assez dans le milieu associatif ? Si non, que pourrais-tu leur dire pour qu’ils sautent le pas ?

Les jeunes générations ne viennent plus ou peu dans le milieu associatif par peur, manque d’envie, manque d’infos, etc.

Je crois également qu’il manque l’existence dans notre société « un statut du bénévole ». Je crois qu’il y a plus de monde dans le monde politique que dans le monde associatif parce que les avantages ne sont pas de la même hauteur…

Retour sur les universités d’été 2015 du Parti Socialiste

Comme chaque année, j’étais le week-end dernier aux universités d’été du Parti Socialiste à La Rochelle.

Cette année, ce rendez-vous avait tout d’un point d’étape sur les nombreux évènements passés (élections départementales et congrès du PS) mais aussi à venir (élections régionales et COP 21).

Outre le non-évènement de chahut (entre quelques jeunes socialistes, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis) qui a failli éclipser le travail de ce weekend, près de 4000 camarades se sont retrouvés dans plus de soixante ateliers pour travailler sur de nombreux sujets. Afin d’être force de proposition auprès du gouvernement et des élus locaux, trois thèmes structuraient l’université : la République, l’Écologie et les élections régionales.

Pour ma part, devant faire un choix face à la multitude d’ateliers très intéressants, j’ai cette année fait l’impasse sur les ateliers sur l’Europe. En effet, le weekend prochain sera pour moi consacré à l’Europe avec l’Université d’été des Jeunes Européens, en tant qu’administrateur national.

J’ai tout de même participé à plusieurs ateliers sur les thématiques de cette année.

Atelier

Atelier « L’éducation : reconstruire la formation des enseignants » – crédits A.C.

L’atelier « L’éducation : reconstruire la formation des enseignants »  où notre camarade et Sénateur du Puy-de-Dôme, Jacques-Bernard Magner intervenait. L’idée principale qui en est ressortie est qu’après la crise de vocation créée sous la droite, les jeunes reviennent vers ce métier. Pour cela, il a fallu  redonner les lettres de noblesse à cette profession. Les écoles supérieure du professorat et de l’éducation ont été créé afin d’éviter que professeur soit le seul métier qui ne s’apprend pas.

Je me suis ensuite rendu à la rencontre des socialistes européens.  Plus de 50 camarades ainsi que des députés européens socialistes ont échangé sur la crise grecque et la problématique européenne vis-à-vis des migrants. Nous avons également fait un retour sur le congrès du Parti Socialiste Européen, qui avait lieu quelques jours après le congrès du PS en juin.

Réunion des membres du Parti Socialiste Européen - Crédits photos A.C.

Réunion des membres du Parti Socialiste Européen – Crédits photos A.C.

L’atelier sur « La Laïcité, une ambition inhérente à la République : » a permis à travers de multiples échanges d’affirmer que la laïcité sera l’élément essentiel, voir primordiale, du rassemblement de la Gauche et un élément important en 2017 (pour l’élection présidentielle) s’annonçant comme un véritable combat sur les valeurs.

En termes de laïcité, il est bon de rappeler que François Hollande est le Président de la République qui a le plus travaillé depuis trente ans sur le sujet : création de l’Observatoire sur la laïcité, chartre scolaire ou, bien entendu, les différentes prises de paroles lors des évènements du 11 janvier.

Par ailleurs, de nombreux militants se sont exprimés sur le dévoiement de la laïcité par le FN mais aussi par la droite. En effet, ils détournent la laïcité afin de faire monter le racisme et les discriminations dans la population. Pour résumé, ils font passer le racisme pour la défense de la laïcité. Mais quand on regarde au fond des choses, c’est qu’une seule religion est mise en avant, défendue et financée, faisant fi de la laïcité : le catholicisme.

La vraie question est comment faire pour que les différentes religions mais aussi les athées et les agnostiques, qui eux représentent la majorité des français, puissent vivre ensemble avec leurs (non)croyances.

Atelier régionale Auvergne-Rhône-Alpes - Crédits photos A.C.

Atelier régionale Auvergne-Rhône-Alpes – Crédits photos A.C.

Enfin, le dernier atelier où je suis allé est celui sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. De nombreux camarades des treize départements de la nouvelle région étaient présents pour se rencontrer, échanger et lancer la campagne militante.

Pour conclure, cette année, l’université d’été a encore tenu ses promesses. Ce fut un moment convivial de travail et d’échanges avec des camarades de toutes la France qui permet de recharger les batteries avant les prochaines échéances.

Cérémonies du 8 mai : pour que l’Histoire ne se répète pas

Vendredi dernier, nous avons commémoré les 70 ans de la victoire des forces alliés sur le nazisme. Cette victoire fut celle de la liberté sur la dictature, celle de la tolérance sur le racisme et l’antisémitisme et celle des forces progressives sur les forces obscurantistes.

Force est de constater que la fête est un peu gâchée avec l’antisémitisme et le racisme, notamment accentué vers les musulman-es, qui refont surface.

En effet, l’extrême-droite nous a plus que jamais montrer son vrai visage lors de son triste défilé du 1er mai. Marine Le Pen a déversé un message de haine pire qu’à son habitude. Un discours qui a incité ses militants à se lâcher en violentant des journalistes ou en se transformant en milice en s’attaquant aux Femens. Ce jour là, c’est la liberté de la presse, la liberté d’expression et de manifester qui a été attaqué, ces libertés acquises grâce aux sacrifices de nombreux hommes et femmes français ou non, de toutes les confessions et de toutes les origines, que nous avons remercié en commémorant le 8 mai 1945.

Après le 11 janvier – événement manqué du soulèvement d’un peuple qui est fort quand il est uni dans sa diversité -, allons nous continuer à laisser monter cette intolérance dans notre société ? Le FN et ses partis frères européens disséminent petit à petit un virus. N’oublions pas que ces partis ne sont ni plus ni moins que les ancêtres des forces obscurantistes des années 30, celles qui ont entraîné la 2nde Guerre Mondiale. Ce virus va-t-il continuer à prospérer sans réactions?

Mémorial de la Déportation à Paris - crédits A.C.

Mémorial de la Déportation à Paris – crédits A.C.

Le 8 mai doit nous rappeler à nos mauvais souvenirs et ne pas oublier que l’Histoire peut toujours se reproduire si on ne chasse pas les indices d’une possible répétition. C’est dans ce sens que plus de 1.000 anciens combattants de la Résistance ont été décorés de la Légion d’honneur. Comme l’a rappelé notre Président de la République lors de son discours, “aujourd’hui, ce sont eux qui nous parlent de l’espérance de la Résistance, car la victoire du 8 mai n’a pas été la suprématie, la domination d’une nation sur une autre, elle a été la victoire d’un idéal sur une idéologie totalitaire.”

À quelques jours de la panthéonisation de 4 résistants qui étaient de vrais patriotes et qui se sont battus pour une France Libre, tolérante et ouverte sur le monde, nous nous devons de réagir. Cette panthéonisation sera le dernier événement de l’année pour rendre hommage à ces hommes et femmes morts pour la France, morts pour une Europe de la paix et un monde où l’on peut vivre tous ensemble.

Enfin, je me félicite  que François Hollande ait rendu hommage aux nombreux jeunes qui s’investissent dans le Concours National de la Résistance et de la Déportation. Il est important que le Président veuille démocratiser ce concours, comme je l’expliquais dans mon article de l’été dernier. Ce concours, auquel j’ai participé au lycée, permet aux enseignants mais aussi à des anciens résistants ou déportés de transmettre la mémoire de la Seconde Guerre mondiale aux nouvelles générations. A travers ces témoignages, c’est le sens de ce que doit être l’engagement pour l’intérêt général qui est illustré. Et comme l’a dit F. Hollande : “on passe beaucoup de concours dans sa vie, mais peut-être que le plus beau, c’est le Concours de la Résistance”.

Merci Monsieur le Maire !

BRAJON Bernard - Ancien Maire de Romagnat - Crédits photos Ville de Romagnat

BRAJON Bernard – Ancien Maire de Romagnat – Crédits photos Ville de Romagnat

C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la mort de Bernard Brajon, maire de Romagnat de 1985 à 2006, puis maire honoraire.

Bernard Brajon était un élu local aux réalisations reconnues. Il a fait beaucoup pour notre ville. Je pense notamment à la médiathèque, à la salle André Raynoird, au Centre social, au stade Michel Brun et sa tribune pour accueillir notamment les supporters de l’Ovalie Romagnatoise ou encore à l’école Louise Michel. Il a permis à la ville de rentrer dans le XXIème siècle avec les enjeux d’une ville de plus en plus peuplée et dynamique.

Il était un grand humaniste et républicain qui a consacré une grande partie de sa vie à son territoire et à ses concitoyens. Camarade socialiste pendant 36 ans, son engagement envers la collectivité est resté désintéressé et remarquable, au service de Romagnat et des Romagnatois-es, loin des clivages partisans.

Profondément gentil et sincère, je me souviens de lui comme d’un maire proche de ses agents et de leur famille (je pense aux arbres de Noël de la mairie) et aussi de la population pour qui il avait toujours un mot gentil notamment lors des défilés et manifestations publiques.

Il était pour moi un exemple à suivre.

Ces quelques mots postés ainsi pour simplement dire merci Monsieur le Maire.

Mes premières pensées amicales et affectueuses vont vers sa famille, ses proches, ceux qui l’aimaient.

Ses obsèques civils, auxquels je serai présent, se déroulent ce vendredi 10 avril 2015 à 9h au crématorium Amable Tuisat (Crouël). Un cortège au départ du parvis de la Mairie jusqu’au cimetière du Bourg lui rendra un dernier hommage à 15h.