Patrimoine mondial de l’Unesco : La chaîne des Puys doit transformer l’essai

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Après plusieurs semaines d’attente, avait lieu dimanche le traitement de la candidature de la Chaîne des Puys et de la Faille de Limagne au Patrimoine Mondial de l’UNESCO par le 40ème Comité du Patrimoine Mondial. Malgré l’actualité très tendue en Turquie (où avait lieu l’étude des dossiers), le comité a siégé malgré des débats écourtés pour examiner les différentes propositions qui lui ont été soumis.

Le dossier de la Chaine des Puys était mal engagé suite au nouveau rapport de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Celle-ci n’a pas voulu déjuger son premier diagnostic alors même que le Département du Puy-de-Dôme et l’Etat français avaient suivi ses recommandations pour améliorer le dossier. Un fort travail de lobbying de l’Etat français, auprès des différents membres du comité, a permis tout de même de franchir une nouvelle étape avec la reconnaissance du potentiel de valeur universelle du site présenté. Mais de la même manière que la « candidature Le Corbusier » (inscrite dimanche au bout du 3ème essai), la Chaîne des Puys doit encore améliorer son dossier avec un dernier travail additionnel concernant la gestion du site. Par ailleurs, les carrières actives, qui étaient inclues dans le site, ont fortement agité les débats des membres du comité et devront par conséquent être exclus du site de la Chaine des Puys et de la Faille de Limagne.

Pour la petite histoire, les auvergnats n’iront pas en vacances en Finlande au vu de la forte opposition de sa représentante au comité au dossier de la Chaine des Puys.

Cette décision de renvoi, prise dans la douleur et sûrement prise grâce à une diplomatie française très active, acte que le site de la Chaîne des Puys et de la Faille de Limagne pourra, si toutes les recommandations sont respectées, se voir inscrire au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Enfin, je souhaite féliciter l’ensemble des élus, agents du Département, citoyens, chercheurs et entreprises puydomoises qui se sont mobilisés pour permettre à cette candidature d’être renvoyée et non pas rejetée comme le souhaitait l’UICN.

Il est plus que jamais important de maintenir et accentuer le soutien de toute la population à cette candidature portée par le Département du Puy-de-Dôme depuis presque dix ans et qui a maintenant de forte chance d’aboutir pour partager notre patrimoine avec le monde entier et non plus le garder secrètement rien que pour nous.

32ème édition des Journées Européennes du Patrimoine : Une réussite populaire

Cette année, à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine du 19 et 20 septembre dernier, mes choix ont été portés par l’histoire de notre patrimoine local. En effet, j’ai souhaité faire comme une grande partie des Français : me presser dans des lieux de pouvoirs. Ces lieux, mystérieux pour nombreux de nos citoyens et pouvant faire l’objet de fantasmes, sont très prisés. A titre d’exemples : à l’Elysée, il fallait faire la queue pendant plus de 4h pour pouvoir y rentrer et l’Assemblée Nationale et le Sénat ont accueilli plus de 35.000 visiteurs à eux deux, alors même que ces deux lieux sont visitables sans aucuns problèmes tout au long de l’année.

Pour ma part, j’ai décidé de participer à deux visites organisées : celle de la Préfecture de Région d’Auvergne et celle de la Mairie de Clermont-Ferrand.

La préfecture, représentante du pouvoir de l’Etat dans les territoires, est très peu connue et souvent réduite pour les citoyens au bâtiment moderne où ils font la majorité de leurs démarches administratives. Mais le bâtiment amiral est celui composé d’anciennes pierres de Volvic, au dessus des arcades du boulevard Desaix. Ce bâtiment qui fut à la fois un bien ecclésiastique, un bien départementale puis un bien d’Etat.

Jardin de la Préfecture - Crédits photos A.C.

Jardin de la Préfecture – Crédits photos A.C.

En effet, basée sur un ancien monastère dont la Chapelle des Cordeliers rappelle cette époque lointaine, la préfecture a, par le passé, longtemps abrité l’hôtel du département dont la salle du conseil est toujours visible et utilisé pour de grandes réunions officielles.

En dehors de ce beau bâtiment purement fonctionnel mais majestueux par son histoire, un second bâtiment, intéressa beaucoup plus les visiteurs du jour : l’hôtel particulier du préfet. Celui-ci est inspiré des ministères parisiens, sûrement en guise de rappel sur le fait que la voix de l’Etat est portée par le Préfet. Faits drôle : de nombreux étonnements face à la beauté de ces lieux et leurs mises en avant de biens nationaux alors que cela n’étonne personne dans un château ou musée national qui sont aussi des vitrines de notre pays.

Pour la mairie de Clermont-Ferrand, rendez-vous était donné dans la cour intérieure, où notre guide jonglait entre les explications autour de la construction de ce bâtiment et entre les petits rappels historiques.

visite de la mairie de Clermont-Ferrand lors des JEP 2015 - Crédits photos A.C.

visite de la mairie de Clermont-Ferrand lors des JEP 2015 – Crédits photos A.C.

En effet, le bâtiment a eu par le passé trois fonctions différentes : mairie, tribunal et prison (cette dernière venant tout juste de fermer).

De la cour, à la salle des colonnes, en passant par la salle des pas perdues et la salle de mariage qui fut en des temps moins joyeux le théâtre de procès moins glorieux lors de la 2nde Guerre mondiale (on pense notamment à celui de deux hommes d’Etat bien connu: Jean Zay et Pierre Mendès France). Nous avons pu nous imprégniez de l’Histoire de ce haut-lieu clermontois où tout un chacun se bouscule en semaine pour des formalités administratives.

J’ai beaucoup apprécié ces deux visites qui furent très intéressantes. Sentiments partagés, je pense, par les 12 millions de français qui ont visité un ou plusieurs des plus de 17 000 sites contemporains ou historiques (lieux de pouvoir, musées, châteaux ou hôtels particuliers, édifices maritimes ou fluviaux…) ou participé à près de 26 000 animations dédiées sur l’ensemble de la France.

Espérons que la 33ème édition des journées européennes du patrimoine sera toujours aussi suivie que cela soit en France ou dans les cinquante pays européens y participant !

Affiche journées européennes du patrimoine 2015 - Crédits photos Ministère de la Culture

Affiche journées européennes du patrimoine 2015 – Crédits photos Ministère de la Culture

Centenaire du génocide arménien: la mémoire et la mobilisation contre le négationnisme de l’Histoire

logo du CCAF mission 2015 - Crédits photos http://2015.ccaf.info/

logo du CCAF mission 2015 – Crédits photos http://2015.ccaf.info/

La semaine de commémoration qui s’ouvre est l’aboutissement d’un long travail. En effet, le 24 avril de l’année dernière a été une répétition générale avant le centenaire du génocide arménien. A Clermont-Ferrand, une plaque mémorielle avait été installée dans le square de la place des Vignerons permettant d’avoir un lieu de commémoration identifié dans la ville, une première victoire importante pour ce centenaire.

Je ne pourrai pas être présent aux côtés des Arméniens et des Français d’origine arménienne comme je le suis chaque année. Par ce texte, je tiens quand même à porter cette cause. C’est essentiel de les soutenir quand on sait la souffrance qu’endurent les familles face au négationnisme turc et l’énergie qu’elles mettent pour qu’enfin ce crime horrible soit reconnu.

Ces commémorations du centenaire auront non seulement pour objectif de rendre hommage aux arméniens assassinés mais aussi de créer les conditions pour un avenir pacifié entre les Arméniens et l’État turc basé sur la reconnaissance de ce crime abominable, la justice pour le peuple arménien et la sécurité pour l’Arménie.

Fosse commune d'arméniens assassinés - Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / www.cdca.asso.fr

Fosse commune d’arméniens assassinés – Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / http://www.cdca.asso.fr

De nombreux turcs prennent parti dans ce sens depuis longtemps malgré les pressions et condamnations, sans parler des nombreux pays qui ont reconnu ce génocide officiellement. La France l’a fait dès 2001, à travers une loi courte mais claire, adoptée par l’ensemble de la classe politique qui explicite que « La France reconnait publiquement le génocide arménien de 1915 ». Ce week-end, le Pape a pris parti pour la reconnaissance de ce génocide, à moins d’une semaine des commémorations. Très médiatique, cela a eu le mérite de remettre au centre ce centenaire que la Turquie souhaite étouffer.

Et enfin, hier 15 avril, le Parlement Européen, a adopté une résolution sur la reconnaissance du génocide arménien. Cette résolution demande à la Turquie de le reconnaitre rapidement en se saisissant de l’occasion du centenaire du génocide pour aller jusqu’au bout du travail de mémoire.

La voie de la vérité est souvent dure à prendre. Seulement si elle est prise, ça ne sera pas que pour le bien du peuple arménien mais aussi pour la pacification des relations, entre ces deux peuples.

La Turquie doit prendre enfin ses responsabilités et ne peut plus passer sous silence l’assassinat de plus d’un million et demi de personnes car arménienne. Comme avait pu le dire au moment de ce massacre Jean Jaurès, « l’Humanité ne peut dormir avec dans sa cave le cadavre d’un peuple assassiné ».

Ma position n’est pas une position des « pour » face aux « contre » mais une position humaniste, d’un citoyen-monde qui n’accepte pas que le devoir de mémoire et de vérité puisse se faire dans ce coin du monde quand il a été possible relativement rapidement en Europe (Seconde Guerre Mondiale) ou en Afrique (Rwanda) par exemple. Cela permettra, dans ces temps trouble où l’histoire a tendance à se répéter avec sa vague d’intolérance, de rappeler les risques que le monde court par aveuglement.

Cette semaine de commémoration du génocide sera donc très importante et très fournie pour expliquer cette période de l’Histoire sombre.

Arméniens pendus par les militaires turcs - Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / www.cdca.asso.fr

Arméniens pendus par les militaires turcs – Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / http://www.cdca.asso.fr

C’est pourquoi, je vous invite aux événements que l’association Rencontres et Culture Arménienne Région Auvergne organisent (programme ci-dessous). Mais je vous invite surtout à être présents nombreux le 24 avril à Clermont-Ferrand quand, au même moment, la République Française, représentée par notre Président François Hollande, sera au côté des arméniens à Erevan.

 

Programme des temps forts consacrés à une semaine de commémoration pour le centenaire :

 – Conférence débat à la fédération le jeudi 16 avril à 19 h en présence du Sénateur Maire Philippe KALTENBACH ;

Inauguration d’une exposition à l’Hôtel de Ville de Clermont-Ferrand, le samedi 18 avril 2015 à 11 heures en présence de Monsieur Olivier BIANCHI, maire de Clermont-Ferrand ;

Concert de la Chrorale GOMIDAS le dimanche 19 avril à 17 h à la Chapelle des Cordeliers ;

Conférence sur l’histoire et la négation de ce génocide le mardi 21 mars à 19 h à la salle Conchon à Clermont-Ferrand ;

Diffusion du film « The Cut » au cinéma le Rio de Clermont-Fd, le jeudi 21 avril 2015 à 19 h ;

Vendredi 24 avril 2015 (journée internationale de commémoration) : défilé silencieux au départ de la place de Jaude à partir de 16 h vers la Place des Vignerons pour l’inauguration à 17 h d’une plaque commémorative au Génocide.

Thiers: une histoire d’amour de plus de six siècles avec le couteau

Couteau géant dans le centre historique de Thiers - Crédits photos A.C

Couteau géant dans le centre historique de Thiers – Crédits photos A.C

Fin octobre j’avais déjà pu parler des couteaux de Thiers dans un article relatant une exposition au Conseil Général.

Cette exposition mettait en avant le territoire thiernois tant industriel qu’artisanal et une entreprise de couteaux très connues et gérées par une femme.

Elle m’avait incitée à aller visiter le musée de la Coutellerie pour mieux comprendre pourquoi un territoire enclavé comme le bassin de Thiers a pu tirer son épingle du jeu en devenant le 1er fournisseur de couteau d’Europe.

Ce weekend de journées européennes des métiers de l’art, je suis donc allé visiter le musée de la Coutellerie de Thiers.

Le musée, pédagogique et instructif, a pour objectif de faire découvrir au plus grand nombre, du plus jeune au plus âgé, l’histoire du bassin thiernois à travers le couteau et ses spécialités locales (travail allongé).

Coutelier couché (spécifique au bassin thiernois) - Crédits photos A.C

Coutelier couché (spécifique au bassin thiernois) – Crédits photos A.C

Dans ce musée qui est atypique étant un conservatoire vivant du patrimoine car au-delà du musée il y a aussi    des ateliers de démonstration et de fabrication, on y découvre aussi l’actuel savoir-faire des couteliers thiernois, mis en avant à partir de 1994, avec la création du couteau « Le Thiers ».

Après cette visite, je suis allée dans la Vallée des Usines et le Creux de l’Enfer : la meilleure façon de ressentir et de comprendre ce qu’ont pu vivre les thiernois au fil des siècles mais aussi observer les traces restantes de cette période faste alliant industrie et artisanat. Cette vallée représente une grande partie de l’Histoire de cette ville et de ce territoire peu propice à tout développement.

Vallée des usines - Creux de l'Enfer à Thiers - Crédits photos A.C

Vallée des usines – Creux de l’Enfer à Thiers – Crédits photos A.C

Après cet après-midi très enrichissante, j’envisage d’aller à la 25ème édition du salon international du couteau d’art et de tradition à Thiers. Elle aura lieu les 16 et 17 mai 2015 pour apercevoir l’ensemble du savoir-faire mondial et français en termes de coutellerie.

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Mais à quoi correspond cette manifestation ?

Cette manifestation a pour objectif d’ouvrir les portes de nombreux sites, ateliers, entreprises, dont beaucoup sont habituellement fermés au public pour permettre à chaque citoyen européen de découvrir la richesse des métiers d’arts mais aussi leur patrimoine commun. C’est une manière d’insister sur la nécessité de participer activement à sa sauvegarde et sa mise en valeur pour les générations futures.

Le fil conducteur de ces journées est basé sur une volonté de mettre en avant les matières, les techniques, les démonstrations de savoir-faire, les innovations, les partages, les orientations et les transmissions de ces métiers de l’art et leurs réalisations pour notre patrimoine commun.

Pour les professionnels, ces journées sont une aubaine car elles permettent de  se faire connaître du public et par de possible futurs clients, de se développer économiquement, d’améliorer leurs visibilités grâce à la communication mise en œuvre et  d’échanger et partager avec les visiteurs.

Affiche "Les journées européennes des métiers d'art" - Crédits photos A.C

Affiche « Les journées européennes des métiers d’art » – Crédits photos A.C

Une commémoration du Centenaire de la Grande Guerre importante pour les Français

Commémoration du 11 novembre au Monument aux Morts de Romagnat - Crédits A.C.

Commémoration du 11 novembre au Monument aux Morts de Romagnat – Crédits A.C.

Comme chaque année, j’ai participé aujourd’hui, 11 novembre, à la commémoration de l’armistice de la Première Guerre Mondiale, à Romagnat.

Nombreux enfants aux commémorations du 11novembre - Monument aux Morts de Romagnat - crédits A.C.

Des enfants aux commémorations du 11novembre – Monument aux Morts de Romagnat – crédits A.C.

 Cette année, elle avait un parfum particulier pour les participants, beaucoup plus nombreux que d’habitude pour les commémorations de la République Française. En effet, cette commémoration a lieu lors de la première année du Centenaire de la Grande Guerre, année de lancement de quatre ans de commémorations fortes autour de la Premier Guerre Mondiale.

Les Romagnatois-es se sont déplacé-es nombreux-ses et en famille pour cette commémoration qui, depuis le début de l’année, a été fortement suivie et a intéressé les familles puydômoises et françaises.

Cet intérêt pour les commémorations de la Grande Guerre a commencé notamment par la participation de tous à une « Grande collecte 1914-1918 » organisée en novembre 2013 auprès des particuliers. Celle-ci a été lancée pour récupérer les traces et objets des français ayant participé de près ou de loin à la Première Guerre Mondiale. Ces documents sont récupérés ou numérisés par les Archives Départementales des Conseils généraux afin de pouvoir ensuite témoigner dans les années à venir sur cette guerre totale et atroce qui fit entrer complètement la France dans le XXème siècle.

Cette première année de commémoration du Centenaire de la Grande Guerre est une véritable réussite. Elle a permis aux Français de se replonger dans leurs histoires personnelles mais surtout de se rassembler autour de l’Histoire. Cette journée se termine d’ailleurs par l’inauguration de l’« Anneau de la Mémoire » dans le Nord-Pas-de-Calais par le Président de la République. Ce mémorial porte les noms, sans distinction de nationalité ou de religion, de 579.606 soldats tombés dans la région, qu’ils soient français, britanniques, allemands, etc. ou même népalais. C’est un véritable symbole d’unité, réunissant des soldats de toutes origines dans une « fraternité posthume ».

Cette inauguration est un véritable message dans la période actuelle, où cent ans après, des conflits refont surface en Europe de l’Est et où les extrêmes se font de plus en plus pressants. Nous devons, plus que jamais, nous rappeler les leçons de cette guerre mais aussi de la Seconde Guerre Mondiale car, comme François Hollande le dit en ce jour de commémoration, « s’il y a pu y avoir une deuxième guerre, il peut en avoir une troisième ».