Commémoration de Jean ZAY: Résistant et homme d’Etat

Photo de Jean Zay - Crédits photo Huffington Post

Photo de Jean Zay – Crédit photo Huffington Post

Hier avait lieu, à Clermont-Ferrand et Riom, la commémoration de l’assassinat de Jean Zay en 1940.

On doit à Jean Zay, grand ministre de l’Education et des Beaux-Arts de grandes avancées pendant cette belle période du Front Populaire.  Il est à l’initiative du prolongement de 13 à 14 ans de l’obligation de scolarisation et cela dès la rentrée scolaire 1936. Il est aussi à l’initiative de l’introduction de l’éducation physique en primaire, de la création des Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS), de l’organisation de la recherche scientifique pour créer en 1939 le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Comme ministre des Beaux-Arts c’est lui qui avait proposé l’idée de création du festival de Cannes ou qui souhaité encourager la création de bibliothèques mobiles.

En tant que ministre, il prônait l’esprit d’initiative et la favoriser en mettant en place des expérimentations comme cela a été fait pour l’éducation sportive à le primaire.

En tant qu’homme politique au sens large, c’était un grand républicain, un démocrate, un combattant de la première heure des inégalités. Il s’est notamment engagé à la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen, et a été responsable de la Ligue de l’enseignement.

Mais Jean Zay était surtout une personne qui croyait en l’intelligence des citoyens et leur civisme pour protéger la République. Dans cette période trouble où notre République est en grand danger, cela devrait pouvoir inspirer certains. Je pense notamment aux élus de droite de la ville de Riom qui ont refusé de participer à la commémoration de ce grand ministre et grand résistant mort pour la France.

Cet esprit patriote, loin de celui de l’extrême-droite, il l’a montré en septembre 1939 en démissionnant de son poste de ministre pour rejoindre l’armée française et protéger son pays. Il a démontré son amour pour la France lui qui pourtant à l’époque étant la cible de l’extrême-droite car juif et franc-maçon, lui qui a subi une violente campagne de presse du ministre de l’information du gouvernement de Vichy réclamant la mort du « juif Jean Zay ».

Il est important de ce rappeler cela car l’extrême-droite aujourd’hui essaie de cacher cette idéologie qui la caractérise et en développe une autre : la haine du musulman. Elle a beau vouloir se dédiaboliser, l’extrême-droite est mue par la haine de l’autre et joue sur les peurs des gens.

Jean Zay malgré la reconnaissance par ses responsables militaires de son courage et de son dévouement sera condamné par le tribunal militaire à Clermont-Ferrand comme déserteur à la déportation à vie et à la dégradation militaire alors que pour les mêmes faits Pierre Mendès-France sera « seulement » condamné à six ans de prison.

Jean Zay sera finalement incarcéré au quartier spécial de la maison d’arrêt de Riom où il pourra recevoir la visite de sa femme et de ses filles, dont l’une était présente hier soir pour les commémorations à Clermont-Ferrand et que j’avais pu croiser lors de la fête de la Libération d’Orléans cet été.

Il ne cherchera jamais à s’échapper et en grand optimiste et serviteur de l’Etat il travaillera sur de possibles réformes à mettre en place après la Libération.

Malheureusement le 20 juin 1944, trois miliciens le feront sortir de prison pour l’assassiner en plein bois à la carrière des Malavaux à Cusset dans l’Allier et le jetteront dans une faille en espérant qu’il ne soit jamais retrouvé. Il sera réhabilité de manière posthume en juillet 1945 et son corps sera retrouvé et identifié en 1947 permettant à la famille de l’inhumé décemment à Orléans, sa ville natale, où il fut député.

Cette commémoration de l’assassinat du grand homme d’Etat qu’il était, résistant mort pour la France, ne peut qu’être mise en perspective avec les évènements proches et nous montre que la seule issus possible est toujours la République et ses valeurs.

Le 27 mai 2015, sera un moment particulier, à quelques jours des 70 ans de la fin de la seconde guerre mondiale Jean Zay ainsi que trois autres résistants (Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion) verront leurs cendres transférées au Panthéon en signe d’hommage de la Nation à ces « grandes figures qui évoquent l’esprit de la résistance ».

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70 ans de la Libération de Clermont-Ferrand: un devoir de mémoire pour que cela ne se reproduise plus jamais

Article publié sur facebook le 27 août 2014

Aujourd’hui avait lieu à la commémoration des 70 ans de la libération de Clermont-Ferrand, à laquelle j’étais présent.

Commémoration de la Libération de Clermont-Ferrand - crédits A.C.

Commémoration de la Libération de Clermont-Ferrand – crédits A.C.

La population clermontoise s’est déplacée nombreuse et notamment beaucoup de jeunes. Ces jeunes, qui sont souvent décriés, qui soit disant ne s’intéressent à rien, étaient pourtant présents pour commémorer, au-delà de la Libération, la lutte contre l’intolérance, le racisme que certains essaient de propager même 70 ans après. Comme quoi, nous les jeunes, nous nous intéressons au passé pour préparer notre avenir.

 A titre personnel, j’ai eu la chance il y a quelques années de participer au concours national de la Résistance et de la Déportation. A l’issu du concours, le comité départemental, qui l’organisait dans le Puy-de-Dôme, a récompensé quelques participants, dont je faisais partie, en nous accompagnant au Mont Mouchet (Haute-Loire), un haut lieu de Résistance dans la région. Ce fut un moment privilégié pour parfaire ma connaissance de cette Histoire, notre Histoire.

 Je ne peux que souhaiter qu’en cette année de commémoration, ce devoir de mémoire, de transmission de l’histoire de notre pays et de l’Europe soit rendu accessible au plus grand nombre et que de nombreux autres jeunes aient la chance que j’ai eu de pouvoir approfondir mes connaissances sur ce dramatique pan de notre Histoire commune. C’est pourquoi, je suis pour que ce concours national de la Résistance et de la Déportation soit démocratisé et non plus seulement proposer par certains enseignants.

 Je souhaite que les collectivités et l’Etat soutiennent les associations mémorielles afin qu’elles interviennent dans les écoles pour sensibiliser les jeunes. Je pense aussi que les pouvoirs publics, doivent soutenir les voyages scolaires organisés sur des lieux de mémoire, permettant une meilleure compréhension et assimilation de l’Histoire. Enfin, je fais le vœu que les enseignants se mobilisent et soient soutenus pour accompagner leurs élèves aux différentes commémorations, même un jour férié.