Trois questions à Joël MALLET, militant associatif et laïque

Lors de mon « trois questions à » de cette nouvelle année, j’ai souhaité vous présenter, Joël MALLET, membre très actif depuis de nombreuses années dans la vie municipale issoirienne. Ce choix d’interview revêt une importance particulière pour moi car en cette période trouble, l’investissement associatif est une des solutions pour recréer un lien entre les gens et un destin commun. Bonne lecture !

Remise de la médaille d'officier dans l'ordre des Palmes Académiques à Joël Mallet par Jean-Paul Bacquet, député - crédits photo La Montagne

Remise de la médaille d’officier dans l’ordre des Palmes Académiques à Joël Mallet par Jean-Paul Bacquet, député – crédits photo La Montagne

  • Joël, depuis plus de 40 ans, tu es investi dans le milieu associatif et en particulier dans l’Amical Laïque d’Issoire, comment t’es venu cet engagement pour défendre les valeurs de laïcité ?

Issu d’un milieu modeste – une mère à la maison et un père syndicaliste et investi dans les œuvres sociales de son entreprise -, j’ai souvent vu mon père se battre pour ceux qui en avaient le plus besoin, pour que les conditions de travail ou les salaires s’améliorent. Je l’ai vu aussi se battre pour les familles : accès aux centres de vacances, aux cadeaux de Noël pour tous, aux aides diverses… Son expérience, son vécu, les récits qu’il a pu m’en faire au fil des années, ont fait que je suis devenu naturellement syndicaliste et que je m’investisse dans le milieu associatif pour que les enfants qui venaient à l’Amicale Laïque, de tous horizons, de toutes couches sociales, puissent profiter des mêmes activités.

Je crois que, sans le savoir, je défendais les valeurs de la laïcité à l’époque. Aujourd’hui, j’en suis sûr.

  • Peux-tu nous donner ta vision sur l’évolution de l’engagement associatif et laïque ?

Les besoins de la société ne sont plus les mêmes aujourd’hui, les mentalités non plus. En arrivant à l’Amicale Laïque d’Issoire en 1967, les gens se parlaient, échangeaient, communiquaient.

Aujourd’hui, nous sommes dans une société de consommation qui va trop vite… Les gens ne comptent plus pour faire les fins de mois ; avec la carte bancaire, ils achètent à crédit pour être comme les autres et ne savent même plus si leurs moyens le leur permettent. On se cache si on ne mange pas mais on part en vacances quand même.
Alors pourquoi s’investir, les anciens sont encore là mais puisqu’il n’y a plus les échanges sur les difficultés journalières… Il n’y a plus de motivations pour rechercher des solutions collectives ou simplement le temps où on peut être consommateur.

Et puis, le milieu associatif est devenu tellement difficile, matériellement, financièrement, légalement, juridiquement, qu’il fait peur. On tape sur les bénévoles du monde associatif comme sur les maitres d’école.

  • Penses-tu que les français s’investissent assez dans le milieu associatif ? Si non, que pourrais-tu leur dire pour qu’ils sautent le pas ?

Les jeunes générations ne viennent plus ou peu dans le milieu associatif par peur, manque d’envie, manque d’infos, etc.

Je crois également qu’il manque l’existence dans notre société « un statut du bénévole ». Je crois qu’il y a plus de monde dans le monde politique que dans le monde associatif parce que les avantages ne sont pas de la même hauteur…

Trois questions à Jean-Paul BACQUET, député de la 4ème circonscription du Puy-de-Dôme

Chaque mois, je vais mettre en avant un acteur de la société (hommes ou femmes politiques, responsables d’association, entrepreneur-es) par le biais d’un article dénommé « Trois questions à ». Pour commencer cette série, j’ai proposé à Jean-Paul BACQUET, Député du Puy-de-Dôme, de répondre à mes trois questions à l’occasion des commémorations du 14 Juillet, auxquelles je l’ai accompagné. Bonne lecture !

  •  Jean-Paul BACQUET, tu es Député du Puy-de-Dôme et membre du Parti Socialiste. En quoi consiste ton mandat à l’Assemblée Nationale et sur ta circonscription ? Selon toi, quels sont les traits de caractères nécessaires pour bien remplir cette mission ?

 Le mandat de Député impose un suivi des dossiers à l’Assemblée Nationale et une présence dans l’hémicycle. Le mandat doit aussi s’accompagner d’un suivi des dossiers de la circonscription où l’on a été élu et d’une présence régulière dans les communes. Il s’agit donc d’un problème d’organisation du travail pour pouvoir définir un planning qui réponde aux demandes des maires et élus sur le terrain et aux exigences du groupe parlementaire socialiste pour faire passer les lois.

Il faut donc une bonne organisation de la permanence du député, une grande disponibilité du parlementaire, et un travail de préparation des dossiers en complémentarité entre la permanence locale et l’assistanat parlementaire à Paris.

JP Bacquet à l'inauguration d'une exposition au Vernet La Varenne - Crédit photos A.C.

JP Bacquet à l’inauguration d’une exposition au Vernet La Varenne – Crédit photos A.C.

  •  Je t’ai accompagné lors des cérémonies du 14 juillet 2015 dans trois communes de ta circonscription. Est-ce que tu pourrais me dire ce que représente cette cérémonie dans notre société ?

 Le 14 juillet, c’est la Fête Nationale. Ce devrait donc être une manifestation de commémoration des valeurs de la République – Liberté, Egalité, Fraternité -, de la Laïcité qui nous permet de vivre ensemble, de l’Ecole républicaine – gratuite obligatoire et publique –, de l’Etat de Droit et de la Démocratie.

Je note hélas que, mise à part l’aspect festif, on oublie souvent l’essence même de cette commémoration. Je suis très favorable à ce que la République continue à honorer ceux qui l’ont construite et ceux qui se sont battus, quelles que soient les circonstances, pour défendre la Liberté et l’Etat de Droit contre la barbarie, l’absolutisme et la loi du plus fort.

Défilé des militaires du 28ème Régiment de Transmissions et des sapeurs-pompiers lors de la cérémonie du 14 juillet à Issoire - Crédits photos A.C.

Défilé des militaires du 28ème Régiment de Transmissions et des sapeurs-pompiers lors de la cérémonie du 14 juillet à Issoire – Crédits photos A.C.

  • Toi qui a été un proche de François Mitterrand et un des premiers soutiens de François Hollande, comment vois-tu l’avenir en 2017 ?

 D’ici 2017, il y a encore près de deux ans de mandat présidentiel. Méfions-nous toujours de ceux qui font des pronostics anticipés que l’Histoire remet en cause.

Deux ans avant les élections présidentielles de 1981, Valérie Giscard d’Estaing était élu au premier tour. Deux ans avant les élections présidentielles de 1988, la gauche venait de perdre les législatives et était en situation difficile. Deux ans avant les élections présidentielles de 1995, Balladur était élu. Deux ans avant les élections présidentielles de 2002, Jospin était facilement élu. Deux ans avant les élections présidentielles de 2007, Ségolène Royal n’était pas encore candidate ! Deux ans avant les élections présidentielles de 2012, François Hollande est très mal placé pour être le candidat du Parti Socialiste !!!

Cela doit nous conduire à la sagesse. Au lieu de penser uniquement aux présidentielles, il faut agir pour réussir sur le chômage, le redressement financier de la France, l’école et l’accès aux soins, la lutte contre le terrorisme et le maintien de la France comme une grande nation.

Certes, les résultats tardent à être visibles mais des signes sur le marché de l’emploi, sur la croissance, etc., sont incontestablement favorables.

Il faut par contre que nous sachions sortir de nos égoïsmes et de nos corporatismes pour défendre un objectif commun : une meilleure justice sociale et une meilleure répartition des richesses dans notre Pays. Chacun doit juger sa situation non pas par rapport à lui-même mais par rapport à l’évolution de la France.

Sur le plan environnemental, j’espère que la COP 21 se conclura par des avancées sensibles.