27 mai : N’oublions pas les résistants et déportés de la 2nde Guerre Mondiale!

Que ce soient dans les médias ou pour les politiques, la Journée nationale de la Résistance et de la Déportation qui avait lieu le 27 mai est passée inaperçue.

Logo antifasciste Trois Flèches de la SFIO - crédits OURS

Logo antifasciste Trois Flèches de la SFIO – crédits OURS

Pour en entendre un peu parler, il a fallu que Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes s’attaque lâchement, quelques jours avant cette journée à un haut lieu de mémoire régional. En effet, sans la mobilisation citoyenne, la subvention de la Maison d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés aurait été fortement amputée, mettant à mal sa mission d’information sur les crimes contre l’Humanité.

Difficile dans ces conditions d’intéresser et sensibiliser la population à l’horreur de 39-45 qu’a conduit le développement de l’intolérance, du racisme et de l’obscurantisme dans toute l’Europe.

Toutes parallèles avec la période actuelle où la montée des extrémismes et de la division de la patrie et du vivre ensemble européen par des nationalismes, vautour de la République est fortuite.

Ces hommes et ces femmes, ouvriers et paysans qui se sont battus, chacun à leur manière, contre le nazisme et la collaboration méritent tout notre respect et par conséquent notre mobilisation pour honorer leurs mémoires et leurs sacrifices, que ces derniers n’aient pas été faits en vain.

Certes, certains chanceux, dont j’ai fait partie, ont pu être sensibilisés à la seconde guerre mondiale, ainsi qu’à la résistance et à la déportation qui en ont découlés en participant comme lycéen au Concours national de la Résistance et de la Déportation. Cette expérience privilégiée m’a permis de parfaire ma connaissance de cette Histoire, notre Histoire.

Cette date du 27 mai est symbolique car elle correspond à la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) qui s’est déroulée le 27 mai 1943. Ce conseil, à l’initiative de Jean Moulin, avait pour but d’unifier les divers mouvements de Résistance, souvent désorganisés et cloisonnés, et de coordonner l’action de la Résistance pour libérer la France et les pays européens du fléau nazi. Le but de cette journée est de rendre hommage à ceux qui ont résisté à l’oppression mais c’est aussi l’occasion d’une réflexion sur les valeurs de la Résistance et celles portées par le programme du Conseil national de la Résistance tel que : le courage, la défense de la République, la solidarité, la tolérance et le respect d’autrui.

Enfin, dans cet objectif de mémoire et de transfert aux générations futures de cette période, une collecte de témoignages et de documents concernant les Justes du Puy-de-Dôme est menée par Les Archives Départementales, le Rectorat de Clermont, l’Université Clermont-Auvergne et le Centre culturel Jules Isaac. L’objectif est de relayer ces témoignages et de faire sortir de l’anonymat de nombreux français qui ont été acteurs du sauvetage d’un ou plusieurs juifs.

Cette collecte s’avère urgente au vu de la disparition des personnes pouvant témoigner ou transmettre le témoignage d’un de leur aïeul. Elle est d’autant plus essentielle pour améliorer la connaissance des spécificités locales de résistances et de sauvetage des personnes opprimées durant la Seconde Guerre Mondiale pour entretenir cette vigilance à la non reproduction de cette période noire.

Entrée du Camp d'extermination d'Auschwit

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Mémorial de la Shoah : Ne pas rester passif face à l’horreur!

Crypte et tombeau symbolique des 6 millions de juifs exterminés - Mémorial de la Shoah - Crédits photo A.C

Crypte et tombeau symbolique des 6 millions de juifs exterminés – Mémorial de la Shoah – Crédits photo A.C

Comme annoncé dans mon article sur la journée mondiale de mémoire de l’holocauste et de prévention de crime contre l’Humanité, je me suis rendu dimanche 31 janvier au Mémorial de la Shoah à Paris.

Le Mémorial de la Shoah est ouvert depuis 2005 et est le premier centre européen de recherche et d’histoire de la Shoah. Outre un lieu de recueillement, c’est aussi un espace de rencontre, de connaissance, d’éducation et de transmission que l’on peut résumer à un lieu de mémoire vivant ayant vocation à « demeurer un rempart contre l’oubli pour éduquer contre la haine de l’autre et l’intolérance. »

Cette visite avait un gout très particulier, un an après les premiers attentats à Paris et en particulier celui de l’Hypercasher. Un climat nauséabond où nous vivons depuis un certain temps ne fait que progresser sur le terreau fertile d’intolérance, de racisme et de haine.

En arrivant au mémorial, je suis arrivé sur le « mur des Justes » qui comporte plus de 3.300 noms de héros de tous les jours qui ont portés secours à des juifs pendant la Shoah en France. Cela inspire beaucoup de respect pour ces femmes et ces hommes qui ont mis en péril leur propre vie pour sauver bien souvent de parfaits inconnus.

Parvis avec le cylindre représentant les camps d'exterminations nazis - Mémorial de la Shoah - Crédits photo A.C

Parvis avec le cylindre représentant les camps d’exterminations nazis – Mémorial de la Shoah – Crédits photo A.C

La visite commence sur le parvis du Mémorial avec, en plein milieu, son imposant cylindre symbolisant les cheminées des camps de la mort dont les principaux sont gravés dessus: Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Dachau, Treblinka, Belzec, Sobibor, Chelmno et Majdanek.

Passez le parvis, je longe le « mur des Noms » où sont inscrits les noms des 76.000 juifs déportés de France en essayant de ne pas perdre mon regard dans la lecture de l’ensemble des noms, pour pouvoir visiter les expositions du mémorial.

En entrant dans le bâtiment, en direction du début de la visite par la crypte, une exposition porte sur le génocide des arméniens au début du 20ème siècle. En effet, le Mémorial de la Shoah met aussi en avant d’autres génocides, que ce soit celui des arméniens qui a sûrement inspirer Hitler dans sa réflexion d’extermination ou celui, beaucoup plus récent, des Tutsis au Rwanda.

Exposition permanente sur la Shoah - Mémorial de la Shoah - Crédits photo A.C.

Exposition permanente sur la Shoah – Mémorial de la Shoah – Crédits photo A.C.

A mon grand étonnement, de nombreuses personnes étaient présentes pour visiter ce dimanche. Parmi elles, un groupe de jeunes représentant la diversité de notre pays accompagnés d’un de leur professeur, une adolescente avec sa grand-mère qui lui montre ce qu’ont vécu ses parents déportés car juifs mais aussi un couple de jeunes bientôt parents. Nul doute que les évènements terribles que nous avons vécu en 2015 et leurs similitudes avec la Shoah dans les revendications de fous d’exterminer toutes personnes ne pensant pas, ne vivant pas et n’étant pas comme eux est pour beaucoup dans cette mobilisation dominicale.

La crypte où se trouve le tombeau symbolique des six millions de juifs exterminés est très pesante et ne peut laisser personne indifférent. Elle est le début d’une exposition permanente qui fait découvrir et redécouvrir la genèse de la Shoah et son application tant en France qu’en Europe à travers de nombreuses archives, objets et témoignages de survivants. Mais l’exposition met aussi en avant l’attitude des gens face à la persécution et en particulier la Résistance à travers notamment les témoignages de « Justes parmi les nations ».

Robe d'une petite fille de 11 ans déportée à Auschwitz -Birkenau en août 1942 (convoi 25) - Mémorial de la Shoah - Crédits photo A.C

Robe d’une petite fille de 11 ans déportée à Auschwitz -Birkenau en août 1942 (convoi 25) – Mémorial de la Shoah – Crédits photo A.C

La visite se termine sur la Libération et la construction de la mémoire de la Shoah. Cette construction est illustrée par le Mémorial des enfants qui présente 3.000 photographies d’enfants juifs déportés, sorte de dernière claque mise aux visiteurs pour qu’ils se souviennent à jamais de l’horreur de cette période immonde de notre Histoire.

Du parvis au Mur des Noms en passant par le mur des Justes, la crypte et les expositions et en finissant par le Mémorial des enfants, j’ai pu m’imprégner de l’Histoire de cette période sombre mais aussi des histoires de gens normaux qui ont été persécutés pour leurs idées, leurs origines et/ou leur religion.

En sortant du Mémorial de la Shoah, je ne peux m’empêcher de me dire que l’Histoire a vraiment l’air de n’être qu’un éternel recommencement. J’espère quand même, que l’on se réveillera avant que la bête immonde des années sombres de notre pays et de l’Europe ne prenne le pouvoir.

Pour cela, la pédagogie, la sensibilisation et la lutte contre les adversaires de l’Humanité doivent être un combat de tous les jours.

Mémorial des enfants présentant 3000 photos d'enfants juifs déportés - Mémorial de la Shoah - Crédits photos A.C.

Mémorial des enfants présentant 3000 photos d’enfants juifs déportés – Mémorial de la Shoah – Crédits photos A.C.

Décès d’Helmut SCHMIDT : l’Europe perd un de ses plus grands défenseurs

Helmut Schmidt

Helmut Schmidt

A la veille des cérémonies du 11 novembre, date de l’armistice de la Première guerre mondiale, l’ancien chancelier allemand, Helmut SCHMIDT, s’est éteint à l’âge de 96 ans.

Homme fort de la République Fédérale Allemande des années 1970, il a prouvé son grand sens de l’Etat, son expertise et sa vision en servant son pays en tant que ministre de la défense puis de l’économie et enfin des finances.

Né à la fin de la Première guerre mondiale et ayant participé à la seconde guerre mondiale, il savait à quel point l’union des peuples européens était primordiale pour notre continent.

Cette grande figure du Social Democratic Party (SPD) et de la social-démocratie européenne a été un des artisans du couple franco-allemand. Il a toujours fait primer l’intérêt européen que ce soit en étant au pouvoir ou dans l’opposition.

Jusqu’à son dernier souffle, il prit la parole pour rappeler à ses concitoyens que c’était dans l’Europe, et non en dehors de celle-ci, que l’avenir s’inscrit. L’Allemagne et l’Europe viennent de perdre une véritable instance morale qui manquera notamment en cette période trouble dans laquelle se trouve le continent européen face aux différentes crises : économiques, environnementales, sociales et humanitaire.

Enfin, je pense forcément aux camarades allemands qui pleurent ce grand homme qui a consacré sa vie à l’Allemagne et beaucoup fait pour l’Europe mais aussi pour son parti.

Cérémonies du 8 mai : pour que l’Histoire ne se répète pas

Vendredi dernier, nous avons commémoré les 70 ans de la victoire des forces alliés sur le nazisme. Cette victoire fut celle de la liberté sur la dictature, celle de la tolérance sur le racisme et l’antisémitisme et celle des forces progressives sur les forces obscurantistes.

Force est de constater que la fête est un peu gâchée avec l’antisémitisme et le racisme, notamment accentué vers les musulman-es, qui refont surface.

En effet, l’extrême-droite nous a plus que jamais montrer son vrai visage lors de son triste défilé du 1er mai. Marine Le Pen a déversé un message de haine pire qu’à son habitude. Un discours qui a incité ses militants à se lâcher en violentant des journalistes ou en se transformant en milice en s’attaquant aux Femens. Ce jour là, c’est la liberté de la presse, la liberté d’expression et de manifester qui a été attaqué, ces libertés acquises grâce aux sacrifices de nombreux hommes et femmes français ou non, de toutes les confessions et de toutes les origines, que nous avons remercié en commémorant le 8 mai 1945.

Après le 11 janvier – événement manqué du soulèvement d’un peuple qui est fort quand il est uni dans sa diversité -, allons nous continuer à laisser monter cette intolérance dans notre société ? Le FN et ses partis frères européens disséminent petit à petit un virus. N’oublions pas que ces partis ne sont ni plus ni moins que les ancêtres des forces obscurantistes des années 30, celles qui ont entraîné la 2nde Guerre Mondiale. Ce virus va-t-il continuer à prospérer sans réactions?

Mémorial de la Déportation à Paris - crédits A.C.

Mémorial de la Déportation à Paris – crédits A.C.

Le 8 mai doit nous rappeler à nos mauvais souvenirs et ne pas oublier que l’Histoire peut toujours se reproduire si on ne chasse pas les indices d’une possible répétition. C’est dans ce sens que plus de 1.000 anciens combattants de la Résistance ont été décorés de la Légion d’honneur. Comme l’a rappelé notre Président de la République lors de son discours, “aujourd’hui, ce sont eux qui nous parlent de l’espérance de la Résistance, car la victoire du 8 mai n’a pas été la suprématie, la domination d’une nation sur une autre, elle a été la victoire d’un idéal sur une idéologie totalitaire.”

À quelques jours de la panthéonisation de 4 résistants qui étaient de vrais patriotes et qui se sont battus pour une France Libre, tolérante et ouverte sur le monde, nous nous devons de réagir. Cette panthéonisation sera le dernier événement de l’année pour rendre hommage à ces hommes et femmes morts pour la France, morts pour une Europe de la paix et un monde où l’on peut vivre tous ensemble.

Enfin, je me félicite  que François Hollande ait rendu hommage aux nombreux jeunes qui s’investissent dans le Concours National de la Résistance et de la Déportation. Il est important que le Président veuille démocratiser ce concours, comme je l’expliquais dans mon article de l’été dernier. Ce concours, auquel j’ai participé au lycée, permet aux enseignants mais aussi à des anciens résistants ou déportés de transmettre la mémoire de la Seconde Guerre mondiale aux nouvelles générations. A travers ces témoignages, c’est le sens de ce que doit être l’engagement pour l’intérêt général qui est illustré. Et comme l’a dit F. Hollande : “on passe beaucoup de concours dans sa vie, mais peut-être que le plus beau, c’est le Concours de la Résistance”.

Une commémoration du Centenaire de la Grande Guerre importante pour les Français

Commémoration du 11 novembre au Monument aux Morts de Romagnat - Crédits A.C.

Commémoration du 11 novembre au Monument aux Morts de Romagnat – Crédits A.C.

Comme chaque année, j’ai participé aujourd’hui, 11 novembre, à la commémoration de l’armistice de la Première Guerre Mondiale, à Romagnat.

Nombreux enfants aux commémorations du 11novembre - Monument aux Morts de Romagnat - crédits A.C.

Des enfants aux commémorations du 11novembre – Monument aux Morts de Romagnat – crédits A.C.

 Cette année, elle avait un parfum particulier pour les participants, beaucoup plus nombreux que d’habitude pour les commémorations de la République Française. En effet, cette commémoration a lieu lors de la première année du Centenaire de la Grande Guerre, année de lancement de quatre ans de commémorations fortes autour de la Premier Guerre Mondiale.

Les Romagnatois-es se sont déplacé-es nombreux-ses et en famille pour cette commémoration qui, depuis le début de l’année, a été fortement suivie et a intéressé les familles puydômoises et françaises.

Cet intérêt pour les commémorations de la Grande Guerre a commencé notamment par la participation de tous à une « Grande collecte 1914-1918 » organisée en novembre 2013 auprès des particuliers. Celle-ci a été lancée pour récupérer les traces et objets des français ayant participé de près ou de loin à la Première Guerre Mondiale. Ces documents sont récupérés ou numérisés par les Archives Départementales des Conseils généraux afin de pouvoir ensuite témoigner dans les années à venir sur cette guerre totale et atroce qui fit entrer complètement la France dans le XXème siècle.

Cette première année de commémoration du Centenaire de la Grande Guerre est une véritable réussite. Elle a permis aux Français de se replonger dans leurs histoires personnelles mais surtout de se rassembler autour de l’Histoire. Cette journée se termine d’ailleurs par l’inauguration de l’« Anneau de la Mémoire » dans le Nord-Pas-de-Calais par le Président de la République. Ce mémorial porte les noms, sans distinction de nationalité ou de religion, de 579.606 soldats tombés dans la région, qu’ils soient français, britanniques, allemands, etc. ou même népalais. C’est un véritable symbole d’unité, réunissant des soldats de toutes origines dans une « fraternité posthume ».

Cette inauguration est un véritable message dans la période actuelle, où cent ans après, des conflits refont surface en Europe de l’Est et où les extrêmes se font de plus en plus pressants. Nous devons, plus que jamais, nous rappeler les leçons de cette guerre mais aussi de la Seconde Guerre Mondiale car, comme François Hollande le dit en ce jour de commémoration, « s’il y a pu y avoir une deuxième guerre, il peut en avoir une troisième ».