103ème commémoration du génocide du peuple arménien

Le 24 avril dernier, j’ai participé, comme chaque année, à la commémoration du génocide du peuple arménien perpétré par la Turquie. Il est pour moi important d’être présent chaque année aux cotés des Arméniens et des Français d’origine arménienne. Le négationnisme turc face à ce génocide est une vraie souffrance pour eux, qui se battent pour qu’enfin il soit reconnu.

20180428_132908.jpgCette année, on m’a demandé d’intervenir en tant que Président des Jeunes Européens Auvergne. J’ai donc pu rappeler la position européenne sur ce génocide. Vous trouverez ci dessous le discours que j’ai pu prononcé.

 Mon discours :

C’est toujours un plaisir d’être présent à vos cotés en ce 24 avril 2018, jour de commémoration du début du génocide du peuple arménien. D’autant plus un plaisir quand je vois le chemin parcouru depuis 2011, date à laquelle j’ai commencé à être présent. En effet jusqu’à 2013, le lieu de commémoration était place de Jaude. Depuis 2014, une plaque mémorielle a été installée dans ce square de la place Vignerons où nous nous réunissons dorénavant. Je tiens d’ailleurs à remercier l’association Rencontres et culture arménienne Région Auvergne et ses membres sans qui cela n’aurait pas été possible ainsi que la Ville de Clermont-Fd.

En ce jour, je tiens à exprimer mon empathie et ma solidarité avec le peuple arménien. En tant qu’humanistes et européens, il est de notre devoir de méditer cette terrible leçon de l’histoire, au moment où beaucoup sont tentés de stigmatiser de nouveaux boucs émissaires, les juifs pour certains, les musulmans pour d’autres ou encore les réfugiés comme on a pu le voir le weekend dernier avec l’évènement de l’extrême-droite dans les Alpes.

Ma position n’est pas une position des « pour » face aux « contre », mais une position humaniste, d’un citoyen-monde qui n’accepte pas que le devoir de mémoire et de vérité ne puisse se faire dans ce coin du monde quand il a été possible, relativement rapidement, en Europe (Seconde Guerre Mondiale) ou en Afrique (Rwanda).

Cela permettra, dans ces temps troubles où l’histoire a tendance à se répéter avec sa vague d’intolérance, de rappeler les risques que le monde et l’Europe court par aveuglement.

D’ailleurs, je tiens à rappeler que l’UE a officiellement reconnu le génocide arménien en 1987, mais ce n’est pas le cas de la majorité des Etats membres. Seuls 11 d’entre eux l’ont fait par le biais d’une loi ou d’une résolution du Parlement et le débat se poursuit dans d’autres pays.

Le 15 avril 2015, à quelques jours du centenaire du génocide, malgré les énormes pressions du gouvernement turc, le Parlement européen avait entériné par un vote la date du 24 avril comme date anniversaire et commémorative du génocide des arménien de 1915. Cette résolution avait aussi pour objectif de demander à la Turquie de le reconnaitre rapidement en se saisissant de l’occasion du centenaire du génocide pour aller jusqu’au bout du travail de mémoire.

J’en terminerai par une citation d’un grand homme, européen et pacifiste, Jean Jaurès qui disait que : « l’Humanité ne peut dormir avec, dans sa cave, le cadavre d’un peuple assassiné ».

 

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Centenaire du génocide arménien: la mémoire et la mobilisation contre le négationnisme de l’Histoire

logo du CCAF mission 2015 - Crédits photos http://2015.ccaf.info/

logo du CCAF mission 2015 – Crédits photos http://2015.ccaf.info/

La semaine de commémoration qui s’ouvre est l’aboutissement d’un long travail. En effet, le 24 avril de l’année dernière a été une répétition générale avant le centenaire du génocide arménien. A Clermont-Ferrand, une plaque mémorielle avait été installée dans le square de la place des Vignerons permettant d’avoir un lieu de commémoration identifié dans la ville, une première victoire importante pour ce centenaire.

Je ne pourrai pas être présent aux côtés des Arméniens et des Français d’origine arménienne comme je le suis chaque année. Par ce texte, je tiens quand même à porter cette cause. C’est essentiel de les soutenir quand on sait la souffrance qu’endurent les familles face au négationnisme turc et l’énergie qu’elles mettent pour qu’enfin ce crime horrible soit reconnu.

Ces commémorations du centenaire auront non seulement pour objectif de rendre hommage aux arméniens assassinés mais aussi de créer les conditions pour un avenir pacifié entre les Arméniens et l’État turc basé sur la reconnaissance de ce crime abominable, la justice pour le peuple arménien et la sécurité pour l’Arménie.

Fosse commune d'arméniens assassinés - Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / www.cdca.asso.fr

Fosse commune d’arméniens assassinés – Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / http://www.cdca.asso.fr

De nombreux turcs prennent parti dans ce sens depuis longtemps malgré les pressions et condamnations, sans parler des nombreux pays qui ont reconnu ce génocide officiellement. La France l’a fait dès 2001, à travers une loi courte mais claire, adoptée par l’ensemble de la classe politique qui explicite que « La France reconnait publiquement le génocide arménien de 1915 ». Ce week-end, le Pape a pris parti pour la reconnaissance de ce génocide, à moins d’une semaine des commémorations. Très médiatique, cela a eu le mérite de remettre au centre ce centenaire que la Turquie souhaite étouffer.

Et enfin, hier 15 avril, le Parlement Européen, a adopté une résolution sur la reconnaissance du génocide arménien. Cette résolution demande à la Turquie de le reconnaitre rapidement en se saisissant de l’occasion du centenaire du génocide pour aller jusqu’au bout du travail de mémoire.

La voie de la vérité est souvent dure à prendre. Seulement si elle est prise, ça ne sera pas que pour le bien du peuple arménien mais aussi pour la pacification des relations, entre ces deux peuples.

La Turquie doit prendre enfin ses responsabilités et ne peut plus passer sous silence l’assassinat de plus d’un million et demi de personnes car arménienne. Comme avait pu le dire au moment de ce massacre Jean Jaurès, « l’Humanité ne peut dormir avec dans sa cave le cadavre d’un peuple assassiné ».

Ma position n’est pas une position des « pour » face aux « contre » mais une position humaniste, d’un citoyen-monde qui n’accepte pas que le devoir de mémoire et de vérité puisse se faire dans ce coin du monde quand il a été possible relativement rapidement en Europe (Seconde Guerre Mondiale) ou en Afrique (Rwanda) par exemple. Cela permettra, dans ces temps trouble où l’histoire a tendance à se répéter avec sa vague d’intolérance, de rappeler les risques que le monde court par aveuglement.

Cette semaine de commémoration du génocide sera donc très importante et très fournie pour expliquer cette période de l’Histoire sombre.

Arméniens pendus par les militaires turcs - Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / www.cdca.asso.fr

Arméniens pendus par les militaires turcs – Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / http://www.cdca.asso.fr

C’est pourquoi, je vous invite aux événements que l’association Rencontres et Culture Arménienne Région Auvergne organisent (programme ci-dessous). Mais je vous invite surtout à être présents nombreux le 24 avril à Clermont-Ferrand quand, au même moment, la République Française, représentée par notre Président François Hollande, sera au côté des arméniens à Erevan.

 

Programme des temps forts consacrés à une semaine de commémoration pour le centenaire :

 – Conférence débat à la fédération le jeudi 16 avril à 19 h en présence du Sénateur Maire Philippe KALTENBACH ;

Inauguration d’une exposition à l’Hôtel de Ville de Clermont-Ferrand, le samedi 18 avril 2015 à 11 heures en présence de Monsieur Olivier BIANCHI, maire de Clermont-Ferrand ;

Concert de la Chrorale GOMIDAS le dimanche 19 avril à 17 h à la Chapelle des Cordeliers ;

Conférence sur l’histoire et la négation de ce génocide le mardi 21 mars à 19 h à la salle Conchon à Clermont-Ferrand ;

Diffusion du film « The Cut » au cinéma le Rio de Clermont-Fd, le jeudi 21 avril 2015 à 19 h ;

Vendredi 24 avril 2015 (journée internationale de commémoration) : défilé silencieux au départ de la place de Jaude à partir de 16 h vers la Place des Vignerons pour l’inauguration à 17 h d’une plaque commémorative au Génocide.

99ème anniversaire de la commémoration du génocide arménien : Répétition générale avant le centenaire du 24 avril 2015

Plaque mémorielle du génocide arménien à Clermont-Ferrand - crédits A.C.

Plaque mémorielle du génocide arménien à Clermont-Ferrand – crédits A.C.

Le 24 avril dernier, j’ai participé comme chaque année, à la commémoration du génocide du peuple arménien perpétré par la Turquie.

Cette année, elle avait des aires de répétition générale avant le 24 avril 2015, année du centenaire de ce crime horrible.

Elle avait aussi un parfum particulier pour les nombreux participants avec la pose d’une plaque mémorielle dans le square de la place des Vignerons qui permet à présent d’avoir un lieu de commémoration identifié à Clermont-Ferrand.

Il est pour moi important d’être présent chaque année aux cotés des Arméniens et des Français d’origine arménienne qui souffrent du négationnisme turc face à ce génocide et qui se battent pour qu’enfin ce génocide soit reconnu. Jaurès avait eu cette phrase pleine de justesse envers le génocide arménien dès le début des massacres : « L’Humanité ne peut dormir avec dans sa cave le cadavre d’un peuple assassiné ». C’est pourquoi nous devons mener cette bataille jusqu’au bout, par exemple en soutenant les différentes initiatives qui sensibilisent et informent sur le génocide. Je tiens à saluer notamment l’association Rencontres et Culture Arménienne Région Auvergne qui s’y attèlera dans les écoles à la rentrée.

Pour terminer mon propos je me félicite de la nomination de François Hollande, Président de la République, comme président d’honneur du Conseil International pour l’Etude du Génocide des Arméniens. Notre Président s’est toujours investi dans ce combat. Il a d’ailleurs rappelé lors de la commémoration à Paris que la France a toujours été et sera toujours très investie pour la reconnaissance du génocide d’un millions et demi d’Arméniens comme cela a pu être le cas notamment en 2001, à travers une loi courte mais claire, adoptée par l’ensemble de la classe politique qui explicite que « La France reconnait publiquement le génocide arménien de 1915 ».