Attentats de Paris : prenons de la hauteur !

J’ai souhaité attendre la fin du deuil national pour réagir aux évènements de vendredi dernier.

Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand - Crédits photos Ville de Clermont-Ferrand

Opéra-Théâtre de Clermont-Ferrand – Crédits photos Ville de Clermont-Ferrand

Cette hauteur de vue, ce respect des blessés, des victimes et de leurs proches que je me suis imposé comme de nombreux citoyens, certains politiques n’en ont eu que faire. Je pense notamment à des élus d’extrême-droite. Cela ne peut pas nous étonner car la peur et la détresse des gens sont leur fonds de commerce. Je pense aussi à des élus de droite et notamment Nicolas Sarkozy qui, malgré son statut d’ex-Président de la République, n’a eu aucun respect pendant ce deuil national, concorde de notre Nation avec ses différentes sorties de candidat prêt pour 2017.

Ces attaques montrent, encore plus que celle de Charlie Hebdo, une partition de la France en deux.
Il y a ceux qui résistent et qui se battent contre la volonté de division de notre société par des obscurantistes qu’ils soient religieux ou politiques. Ces personnes se sont mobilisées en janvier et se sont remobilisées vendredi à travers les hashtags « Porte ouverte », les dons de sangs, les messages de soutiens de solidarité et de rassemblement.
Il ne faut pas oublier nos forces de sécurité qui ont été encore une fois héroïque au péril de leur vie pour défendre les valeurs de notre pays. Sans eux, la liste des morts aurait été beaucoup plus longue. Nos services de secours, qui ont été très réactifs, ont permis de sauver de nombreuses vies.
Et il y a ceux qui cherchent à utiliser ces évènements à des fins politiques tant électorales que pour fracturer la société en alimentant ses peurs et opposant les gens. Ces personnes ne font qu’attiser les conflits sur nos valeurs. D’ailleurs, ces derniers – plus ou moins officiellement – se réjouissent de ces évènements loin de la concorde nationale du peuple.

La question que j’avais posé en janvier s’impose à nouveau : Pourquoi ces exécutions abominables ? La réponse est simple : parce que nos valeurs, notre mode de vie les dérangeant. Quand, nous, nous aimons la vie, eux la haïssent tout comme ils haïssent les libertés mais aussi l’égalité.

Cette France qui a été attaquée, c’est celle qui aime le sport, qui aime la culture, qui aime la fête, c’est cette France qui vie et que nous aimons tant.
Cette France a surmonté cette nouvelle épreuve grâce à un Président de la République et son gouvernement qui ont su gérer ce nouvel attentat. Notre Président a été à la hauteur dans ce moment difficile en prônant l’unité nationale du pays et en réagissant le plus rapidement possible à ces attaques.

La mobilisation internationale s’est organisée en hommage aux 129 victimes et plus de 200 blessés mais aussi – et surtout – contre le terrorisme et l’obscurantisme, tout en échappant à toutes stigmatisations et amalgames.
Le plus bel exemple de cette mobilisation fut le match amical Angleterre-France de mardi soir lors duquel le stade anglais de Wembley, était paré de bleu-blanc-rouge et de notre devise « Liberté-Egalité-Fraternité ».

Président de la République, François Hollande au Congrès de Versailles - Crédits photos l'Express

Président de la République, François Hollande au Congrès de Versailles – Crédits photos l’Express

« Notre démocratie a triomphé d’adversaires bien plus redoutables, en vérité, que ces lâches assassins. Notre République n’est pas à la portée de méprisables tueurs. »

François Hollande, Congrès à Versailles – 17 novembre 2015

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Weekend militant à Paris : conclusion des Etats-Généraux Socialistes et Café-débat sur la menace du FN

Le weekend dernier, j’étais au grand « rassemblement national des Etats généraux » à Paris qui clôturait 100 jours de travail militant pour redéfinir l’identité de notre Parti, la Parti Socialiste.

Ces 100 jours, qui ont vu plus de 5.600 contributions de militants et sympathisants, des centaines de réunions d’échanges sur l’ensemble du territoire et des témoignages d’experts, ont permis de poser les bases du PS du 21ème siècle.

Cet évènement concluant les 100jours a réuni sur la journée plus de 200 délégués de l’ensemble des Fédérations de France, 1.000 militants et de nombreux intervenants extérieurs, notamment Jean JOUZEL, membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Rassemblement national des Etats Généraux Socialistes - Crédits: A.C.

Rassemblement national des Etats Généraux Socialistes – Crédits: A.C.

La journée s’est articulée autour d’ateliers sur les 12 thèmes proposés lors du lancement des Etats Généraux, agrémentés de vidéos de témoignages d’experts et/ou camarades sur ces thèmes.
Je souhaite ici mettre en avant trois ateliers qui me paraissent importants.

  • Le premier atelier qui m’a intéressé fut sur l’éco-socialisme, qui est un des thèmes centraux de notre redéfinition.

En effet, il doit devenir transversal à notre réflexion politique et aussi pédagogique le prône par ailleurs Ségolène ROYAL.

Il nous faut sensibiliser et surtout être très actifs sur le plan européen et mondial. L’occasion se présente déjà en décembre 2015 avec le sommet mondial à Pairs, événement où le PS et le Gouvernement doivent être à l’initiative, tout en restant exigeants sur les réponses que nous devons apporter pour lutter contre le réchauffement climatique, qui d’ici peu deviendra une réalité catastrophique et irréversible.

  • Le deuxième atelier travaillait sur l’Europe, thème difficile mais important pour empêcher que se reproduise un nouveau 25mai 2014 où les europhobes ont gagné.

Pour cela, nous devons dépasser nos rivalités entre pays pour changer l’Europe en une Europe économique, sociale et fiscale commune qui investit pour son avenir.

C’est pourquoi nous ne pouvons que nous féliciter d’avoir obtenu la mise en place d’un plan d’investissements. Même s’il y a peu d’investissement public, une première ébauche de flexibilité sur les déficits a été proposée.

Enfin, nous souhaitons activement la création d’une fiscalité européenne commune et la mise en place d’une directive européenne luttant contre l’optimisation fiscale et de la taxe sur les transactions financières.

  •  Le dernier atelier auquel je me suis rendu travaillait sur la démocratie, thème d’actualité au vue de la défiance envers les institutions et la Politique.

Nous devons condamner toutes les méthodes d’un ancien temps et redonner à la Politique ses lettres de noblesse. François Hollande le fait depuis 2012 avec le non cumul des mandats, la baisse des indemnités, la réduction du train de vie de l’Etat et la transparence politique – quitte à ce que certains membres du Parti Socialiste tombent. Car des « pourris », il y en a partout sauf que depuis 2012, les politiques ne sont plus intouchables comme sous la droite. C’est cela la République irréprochable et nous devons continuer dans ce sens pour que la très grande majorité des élus qui s’investissent pour notre République soit reconnus à leur juste valeur.

Pour cela, il nous faut mettre en place très rapidement un véritable statut de l’élu qui permettra à tous d’accéder à cette fonction et ainsi fait évoluer la règle d’hommes/femmes politiques de carrière. Il faut donc continuer à se battre pour plus de transparence, plus de démocratie participative pour redonner du pouvoir aux citoyens et de la crédibilité à l’action politique.
Et je suis totalement avec Gaëtan GORCE lorsqu’il dit que «la démocratie ce n’est pas seulement rendre le pouvoir aux citoyens, c’est lui redonner du sens.»

Rassemblement national pour les Etats Généraux

Rassemblement national pour les Etats Généraux

 

Après ce rassemblement, ma journée militante s’est terminée par un café-débat organisé par des camarades du collectif de l’Audace et des Actes sur le thème de la lutte contre le FN avec des intervenants de qualités : Octave Nitkowski (auteur du livre « Le Front National des villes et le Front National des Champs »), Virginie Martin (sociologue-politologue et présidente du Think Tank Different), Etienne Allais (Directeur Général de SOS Racisme) . Ils ont décrypté et analysé la nouvelle image que veut se donner le FN mais aussi comment réagir face à ce nouveau FN qui cherche a se rendre plus respectable et qui est très présent sur les médias sociaux en jouant fortement sur la désinformation.

En soit une journée militante bien chargée où le fond a primé sur la « politique spectacle ».

Rencontre entre Auvergnats et Rhône-Alpins : les socialistes au travail pour l’avenir de la future Région

Samedi dernier, l’ensemble des responsables fédéraux socialistes et conseillers régionaux de la future Région Auvergne-Rhône-Alpes avaient rendez-vous à Dardilly, dans la banlieue lyonnaise, pour échanger sur cette fusion et l’avenir commun de nos territoires.

Rencontre des socialistes - crédits A.C.

Rencontre des socialistes – crédits A.C.

Pour introduire la rencontre, les organisateurs ont fait un point rapide sur l’actualité législative de la réforme territoriale et plus particulièrement sur la fusion de nos deux régions, l’Auvergne et Rhône-Alpes. Nous avons évoqué ensuite les spécificités de chaque région sur le sujet.

Cela a été fort intéressant, et notamment sur le rappel des contradictions de la droite et plus particulièrement celle de Laurent WAUQUIEZ qui, à l’Assemblée Nationale, vote contre la fusion et qui, dans le même temps, annonce sa candidature pour en devenir le futur Président.

Dans un second temps, nous avons fait un point sur l’état des lieux et les perspectives du rapprochement institutionnel des deux régions. Cette deuxième partie a permis de développer les 10 mesures que René SOUCHON et Jean-Jacques QUEYRANNE avaient annoncées quelques jours avant.

J’ai pu constater que les deux Conseils Régionaux sont très actifs pour mettre en place une fusion réussie. En effet, ces derniers préparent et anticipent les problématiques et les perspectives à venir.

Enfin, nous avons terminé nos échanges nourris sur les enjeux de cette fusion mais surtout sur tous les liens déjà existants et ceux qui nous rapprochent (territoires ruraux, cancéropole, tourisme de pleine nature, pôle de compétitivité…)

Cette rencontre a été aussi l’occasion de revoir des camarades de la Région Rhône-Alpes et certains des autres départements auvergnats. Moment toujours agréable permettant de faire le point sur l’actualité de nos territoires respectifs.

Zoom sur la Région Auvergne-Rhône-Alpes
Cette nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes sera la deuxième région français ; elle représentera 12% de la population nationale et 13% de la superficie du territoire français. Elle sera aussi la deuxième région de France en termes d’industrie avec des leaders mondiaux comme Michelin et Areva mais aussi deuxième en termes de tourisme, entre montagne et fleuves.
Enfin, la région réunira plus de 300.000 étudiants, 15 pôles de compétitivité et aura l’un des taux de chômage les moins élevés de France.
Pour conclure par une note plus sportive, n’oublions pas non plus que ça sera une région très sportive et en particulier rugbystique avec de nombreux clubs professionnels (Oyonnax, LOU, Aurillac, Grenoble, Bourgoin) dont la tête de gondole sera l’ASM.

 

Place à l’innovation démocratique: redonner confiance dans la parole et l’action publique

Tribune du 21 septembre 2014 (à 7 jours des élections sénatoriales) co-écrite et publiée dans Le Huffington Post avec plusieurs jeunes responsables fédéraux du Parti Socialiste, militants et sympathisants socialistes.

« Nous avons toujours mille raisons d’attendre et de ne pas entendre ; mais le prix du renoncement est plus cher à payer que le prix du courage » c’est par ces mots que Jean-Pierre Bel officialisa son retrait de la présidence du Sénat, fonction qu’il quittera dans les prochains jours. Ainsi ce qui aurait pu être appréhendé comme un testament « ante-mortem » du premier Président socialiste du Sénat sous la Vème République, se révèle en réalité comme une feuille de route laissée aux générations à venir, qu’il encourage à donner du sens à leur citoyenneté, à servir la République, à s’engager dans la vie politique.
Nous jeunes militant-es et responsables du Parti Socialiste ancrés sur nos territoires ne peuvent que souscrire à cette feuille de route, d’autant plus que nous sommes directement exposés tant aux espoirs, qu’à la souffrance des Français.
En effet, au fil des années et des affaires touchant les différents partis – que ce soit la droite ou la gauche – ont fini de lasser et d’exaspérer nos concitoyens. Ils ont perdu confiance dans leurs représentants et parfois même dans leurs institutions. Cela se traduit par une abstention croissante et élevée ainsi que par la montée des extrémismes en tout genre.
A défaut d’agir, des jours encore plus sombres semblent se dessiner à l’horizon, nous nous devons donc de réagir !
Rappeler les faits qui peuvent minimiser les affaires et accusations du « tous pourris », qui font trop souvent le « buzz » dans les médias, ne doit pas servir à nous dédouaner.
Au contraire, cela doit nous motiver à changer les méthodes et pratiques politiques pour mettre en avant les « élus intègres ». Cela doit nous motiver à lutter contre le « tous pourris » et le sentiment « d’impunité des politiques » ressenti par la population.
Certes, face à ces défis le Gouvernement a agit en terme de transparence, que ce soit avec la publication des déclarations de patrimoine de l’ensemble des ministres et parlementaires, la création d’une « Haute autorité de la transparence de la vie publique » ou encore la publicité de la réserve parlementaire.
Bien qu’il en ait couté au Gouvernement, l’affaire Thévenoud est la preuve de l’efficacité des mécanismes de vérifications votées par la majorité et impulsés par l’exécutif actuel.
Nous nous en félicitons mais nous devons aller plus loin car malgré ces avancées, celles-ci n’ont manifestement pas eu pour conséquence de faire infléchir la défiance de certains citoyens envers la classe politique…
Cependant, de nombreuses solutions existent et sont à la portée de nous toutes et tous. Pour cela, il nous suffit d’être à l’écoute des citoyen-nes de nos territoires, de leur redonner la parole à travers des moyens plus collaboratifs. Ainsi, nous pourrons retisser un lien de confiance qui semble avoir été cassé entre les citoyens et leurs représentants.
C’est pourquoi, en ces temps de défiance, il nous semble urgent de faire de la politique autrement.

Nous formulons donc ici quelques propositions pour adapter la vie politique à notre société du 21ème siècle :
• Limiter la possibilité pour un élu de se faire élire trois fois maximum pour un même mandat. Cette mesure venant à la suite de la règle du non cumul des mandats prise par le gouvernement et qui s’appliquera en 2017.
• Réformer l’indemnité de représentation et de frais de mandat (IRFM) pour que cette enveloppe serve seulement aux frais liés aux déplacements et réceptions du parlementaire.
• L’inéligibilité de 10 ans, voire définitive pour tout élu commettant « une infraction portant atteinte à la moralité publique comme la corruption, le trafic d’influence, la fraude électorale ou la fraude fiscale ».
• Mettre en place un véritable statut de l’Elu pour permettre à chacun de pouvoir se présenter sans que cela soit néfaste à sa vie professionnelle et notamment pour la reprise d’activité à la fin du mandat. Cela permettra une meilleure représentativité de la société française à l’Assemblée Nationale.
• Rendre publique chaque année les comptes des partis politiques et des associations politiques.
• Promouvoir la Démocratie Participative et, sur certaines politiques, la Démocratie Délibérative, en effet les citoyens ont soif de s’engager et de s’impliquer sur les politiques publiques à condition qu’on leur donne les moyens de le faire réellement et non pas en étant des simples faire valoir seulement bons à valider des projets déjà ficelés.
Ségolène Royal avait compris très tôt cette nécessité de changer la façon de faire de la Politique et d’y associer plus largement les citoyens. L’héritage de Stéphane Hessel – et d’autres avant lui, nous enseigne que l’on peut, chacun à notre niveau changer les choses.
Alors qu’attendons-nous ?
Ayons le courage d’affronter la réalité de notre système à bout de souffle et d’engager la mutation de celui-ci.
Ayons la volonté et l’audace de changer les choses !
Citoyen-nes, militant-es, élu-es : engageons ensemble l’innovation démocratique !

Signataires:
– Baptiste Ménard, secrétaire de la section PS de Templeuve et délégué fédéral thématique au Tourisme du PS Nord (Nord-Pas-De-Calais)
– Anthony Courtalhac , secrétaire de la section PS de Romagnat et secrétaire fédéral en charge des réseaux sociaux au PS du Puy de Dôme (Auvergne)
– Carla Bucero Lanzi, animatrice fédérale du MJS Deux-Sèvres et militante PS (Poitou-Charentes)
– Thomas Jacquelin, secrétaire de la section PS de Ussel (Limousin)
– Lies Messatfa, militant socialiste à Levallois-Perret (Ile-de-France)
– Tatiana Blanc, militante socialiste à Orléans (Région Centre)
– Nicolas Sanssouci, militant socialiste à Marseille dans les Bouche du Rhône (Région PACA)
– Anais Boutard, secrétaire fédéral du MJS Sarthe et militante PS (Pays de la Loire)
– Antoine de Laporte, militant PS (Pays de la Loire)
– Clément Laforge, militant socialiste et conseiller municipal à Guichainville (Haute Normandie)
– Damien Thibault, secrétaire de la section du Pays Briançonnais (Provence Alpes Côte d’Azur)
– Laurent Bouquet, Secrétaire de la section de Saint Rémy en Bouzemont (Champagne-Ardennes)
– Elodie Bour, militante socialiste de la section de Dieuze (Lorraine)
– Valentin Eynac, secrétaire fédéral du PS Isère (Rhône-Alpes)
– Myriam Gelly-Tuhami, sympathisante socialiste de Martinique (Martinique)
 http://www.huffingtonpost.fr/baptiste-menard/modernisation-de-la-vie-politique_b_5841828.html

Pour les partis politiques, la transparence est vitale

Tribune du 20 août 2013 co-signée et parue dans Libération au nom du Collectif des Jeunes secrétaires de sections de moins de 30 ans.

L’effet papillon produit par l’affaire Cahuzac a ébranlé les usages et les pratiques politiques. Jusque-là étrangère au logiciel politique français, la culture anglo-saxonne de la transparence a envahi le débat public. Avec toute l’ardeur des nouveaux convertis, les leaders des partis politiques ont unanimement vanté une«transparence totale», défendu une «République exemplaire», bataillé pour une«opération mains propres».

Une fois la poussière médiatique retombée, l’onde de choc paraît avoir touché l’ensemble des acteurs de la vie publique mais semble épargner les partis politiques. Par une habile scénographie, les chefs des partis ont réussi, au milieu du tumulte, à faire reposer l’intégralité des mesures de transparence sur les institutions et les élus. A aucun moment, les partis n’ont eu à s’interroger sur leur responsabilité dans la promotion des bonnes pratiques auprès des élus, alors même qu’elles assurent la formation politique de ces derniers, qu’elles leur garantissent appui financier et couverture logistique.

Désormais, les ministres sont soumis à plus de règles d’éthique que n’importe quel autre responsable public. Ils déclarent leur patrimoine, qui est vérifiable par n’importe quel citoyen sur Internet. Ils remplissent une déclaration d’intérêts, publiée au Journal officiel et donc consultable par tous. Ils se soumettent au strict non-cumul d’une fonction exécutive locale avec leur mandat. Bientôt, tous leurs collaborateurs devront soumettre une déclaration de patrimoine et une déclaration d’intérêts. Personnages clés du débat public, les dirigeants des formations politiques, qui ont tant demandé de transparence aux ministres, ne seront soumis à aucune de ces obligations et continueront d’évoluer dans l’opacité.

Les partis dont ils ont la charge sont pourtant beaucoup bien plus que de simples PME. Leurs budgets avoisinent plusieurs millions d’euros et dépasse parfois celui de certains ministères. Cette année, le budget du PS atteignait ainsi un montant trois fois supérieur à celui du ministère des Droits des femmes. Ces budgets, abondés par les aides publiques et par des dons largement défiscalisés, ne font à aucun moment l’objet d’un contrôle de la société civile et ne sont présentés qu’à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, qui n’en publie que les grandes lignes. A eux seuls, les trois principaux partis recevront près de 54 millions d’euros d’aides publiques en 2013. Pour prendre la mesure du régime dérogatoire dont ils bénéficient, il convient de rappeler que dans le secteur privé, toute PME réalisant plus de 700 000 euros de chiffre d’affaires est soumise à une obligation légale de publication de ses comptes.

Responsables directs de cette manne, les trésoriers des partis politiques n’ont aucune obligation de publier une déclaration de patrimoine, ni au début ni à la fin de leurs fonctions. De même, les responsables de la communication ou des études d’opinion brassent des sommes colossales et jouent un rôle éminent dans l’attribution d’appels d’offres, sans que quiconque ne puisse vérifier l’existence d’un éventuel conflit d’intérêts. En 2011, le budget «propagande et communication» déclaré par le PS avoisinait pourtant les 8 millions d’euros, tandis que celui de l’UMP dépassait les 11 millions d’euros. Un contrôle citoyen permettrait de prévenir de nombreux conflits d’intérêts : on ne compte plus les cas de responsables des sondages mariés à une communicante en vue ou de trésoriers associés à des organismes de formation des élus.

La transparence, si elle est nécessaire pour les élus, est vitale pour les partis. Les hommes et femmes politiques sont certes impopulaires, mais les partis n’ont jamais eu aussi mauvaise cote : seuls 37 % des Français déclarent avoir une bonne image du PS, contre seulement 30 % pour l’UMP et 23 % pour le FN. Pour restaurer le lien de confiance entre les Français et les partis, il nous apparaît essentiel d’y introduire plus de transparence. Sans plus attendre, chaque parti pourrait adopter, sur une base volontaire, les propositions suivantes : publication du détail des comptes pour en permettre le contrôle citoyen, publication de déclarations de patrimoine et d’intérêt pour les dirigeants et les trésoriers des formations politiques.

Alors que le vote de la loi sur la transparence agitera encore le Parlement cet été, les partis s’honoreraient à se mettre au niveau de ce qu’ils exigent de leurs représentants au Parlement ou au gouvernement. Plutôt que de suivre le législateur, les partis devraient tout simplement le précéder.

http://www.liberation.fr/politiques/2013/08/20/pour-les-partis-politiques-la-transparence-est-vitale_925903