Trois questions à Elisabeth BELLONTE, de « la ferme Bellonte »

Le 27 mars avait lieu la journée mondiale du fromage, j’ai donc souhaité mettre en avant l’exploitation « la Ferme Bellonte » qui produit depuis 8 générations un des meilleurs Saint Nectaire fermier.

Elisabeth Bellonte

Elisabeth Bellonte

Elisabeth BELLONTE, une des petites filles de la famille, qui fait visiter la ferme Bellonte et les caves aujourd’hui et qui faisait la traite des vaches et les fromages étant plus jeune a bien voulu se prêter au jeu des questions réponses.

Bonne lecture!

 

  • Babeth, peux-tu nous présenter le village et donc par extension son rapport au fromage ?

Farges, avec ses vingt habitants – dont une partie de la famille Bellonte – et ses 120 vaches, est un des douze villages de la commune de Saint-Nectaire.

Avant, il y avait trois fermes. Aujourd’hui, les autres ayant arrêté, il ne reste que la ferme Bellonte. Le fromage Saint-Nectaire fermier se produit ici depuis des siècles. Quant à notre famille, elle est implantée au village de Farges depuis 1663!

La commune de Saint-Nectaire est connue car elle porte le même nom que le fromage mais aussi pour son patrimoine exceptionnel : une  église romane majeure, du patrimoine thermal, des dolmens …

 

La ferme Bellonte de St Nectaire - crédits photos TBlanc

La ferme Bellonte de St Nectaire – crédits photos TBlanc

  • Quelques jours après la journée mondiale du fromage, peux-tu nous parler de ton activité, de l’exploitation et ses spécificités? Que représentent les fromages pour toi ?

Notre activité, c’est le fromage. Ici, tout tourne autour du Saint-Nectaire. Nous élevons 120 vaches de race montbéliardes pour une chose : transformer, après chaque traite, leur lait en Saint Nectaire chaque jour, et cela matin et soir.

L’activité du village est rythmée par la traite et la fabrication car ce fromage se fait au lait cru, entier et naturellement chaud. Nous devons donc le fabriquer directement après la traite quand le lait est encore chaud. Tous les jours à la même heure, mes cousins traient les vaches. Puis, dès que le lait a caillé, ma tante fabrique les fromages.  Nous vivons donc à l’heure des vaches pour ne pas perturber leur rythme biologique, nous restons à la même heure toute l’année … L’heure des vaches !

Il en est de même pour les visiteurs qui viennent visiter aux heures d’activités agricoles : tôt le matin ou en milieu d’après-midi depuis les années 1980. En effet, c’est à cette époque que mes grands-parents, Émile et Bernadette, ont commencé avec leurs enfants à ouvrir la ferme aux visiteurs. Aujourd’hui, la ferme est véritablement  ouverte aux public entre les visites de la ferme et les visites des Mystères de Farges (anciennes habitations troglodytiques servant aussi de caves d’affinage).

  • Enfin, j’aimerais te demander ton avis sur cette crise agricole, et notamment de l’élevage, qui dure maintenant depuis de nombreuses années. Peut-on en sortir durablement et comment?

Le véritable problème est qu’on savait bien que la surproduction ne serait pas la solution.

Aujourd’hui, plusieurs voies sont possibles pour les paysans mais la voie productiviste suivie par beaucoup ne peut être la solution que pour certains.

Maintenant, pour faire face à cette crise il est nécessaire que certains réorientent leur façon de produire, notamment vers des circuits courts et de la vente directe. Mais cela peut passer aussi par une diversification de l’activité et des exploitations à travers le tourisme vert, l’accueil et les visites des exploitations et enfin par de l’hébergement.

Mystères de Farges - Crédits photos TBlanc

Mystères de Farges – Crédits photos TBlanc

 

 

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Sommet de l’élevage 2014 : un atout pour les éleveurs du Massif Central

Photo du livret du Sommet de l'Elevage édition 2014 publié par La Montagne - crédits A.C.

Photo du livret du Sommet de l’Elevage édition 2014 publié par La Montagne – crédits A.C.

Le cru 2014 du Sommet de l’élevage, la 23ème édition, a encore été cette année une réussite ; il a dépassé les attentes avec un nouveau record de participation (84000 visiteurs et 1302 exposants).

Certains voudraient ne mettre en avant que le bal des politiques venus soit pour lancer leur campagne des futures échéances régionales soit pour jouer sur la peur et le refrain maintenant trop connu de l’Europe destructrice de l’agriculture française et du french-bashing.

Pour ma part, je pense que nous devons élever le débat au vue des enjeux.

Le Sommet de l’élevage est la preuve que les Français sont bons quand ils sont motivés, que l’excellence française n’a pas à pâlir par rapport à d’autres pays.

En effet, l’idée de départ de ce rassemblement était de savoir quel serait l’avenir de l’agriculture du Massif Central suite à l’instauration des quotas laitiers dans les années 80. Vingt-trois ans plus tard, cette idée concrétisée est le troisième sommet mondial consacré à l’élevage, grâce à des hommes et des femmes investis pour surmonter les enjeux mondiaux et modernes tout en gardant une agriculture de qualité.

Cette image-là, du volontarisme et de la qualité du « made in France », s’est illustrée aussi avec le concours national de la race bovine Aubrac. Cette race, qui dans les années soixante-dix, était en voie de disparition ne serait pas devenue ces dernières années une race très recherchée sans des agriculteurs passionnés.

Je me félicite que Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, se soit déplacé à nouveau pour faire honneur à l’agriculture notamment auvergnate lors du Sommet. Le ministre est venu aussi pour rappeler les différentes avancées sur lesquelles le Gouvernement a agit en matière d’agriculture ces derniers mois.

On pourra notamment évoquer, la réorientation de la PAC, parmi les engagements pris par le Président de la République François Hollande l’année dernière lors de sa venue au Sommet. Cette réorientation était très attendue par les éleveurs, notamment sur deux points :

  • la revalorisation de l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), qui atteindra un montant total annuel de 1 056 M€, soit près de 300 M€ de plus qu’en 2013. Elle est déjà effective depuis le 15 septembre : les montants versés sont revalorisés de 15% pour chaque agriculteur. Enfin il est bon de souligner que cette indemnité sera versée à plein dès 2016.
  • la reconnaissance des actifs rendue possible grâce à la transparence des Groupements Agricoles d’Exploitation en Commun (GAEC), qui s’appliquera bientôt pour ceux existant comme pour les autres formes sociétaires qui souhaiteront se transformer en GAEC, ou redevenir des GAEC.

Mais l’action du Gouvernement ne s’est pas contentée de cela. En effet, Stéphane Le Foll s’est personnellement impliqué pour mettre en avant « l’origine France » mais aussi pour améliorer les relations fournisseurs-grande distribution.

Il a par ailleurs annoncé que les situations difficiles dans l’élevage seraient évaluées au cas par cas : par rapport aux soucis de trésorerie rencontrés ou par rapport aux difficultés de marché et notamment l’embargo russe. Cela pourra s’illustrer notamment par des reports de cotisations sociales à la Mutuelle Sociale Agricole (MSA) et, dans les cas les plus fragiles, des exonérations de cotisations ou de Taxe Foncière sur les propriétés Non Bâties (TFNB).

Enfin, le ministre a annoncé que l’arrêté mettant fin aux tests ESB (pour détecter la maladie de la vache folle) pour les animaux nés après le 1er janvier 2002. Il a été pris après l’avis de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) qui paraîtrait dans les jours qui viennent. Cette mesure répond à une forte demande des éleveurs depuis plusieurs années.

Enfin, en réponse aussi aux sollicitations des éleveurs de viande bovine, il a réaffirmé son implication forte, avec les services de l’Etat, afin de trouver de nouveaux débouchés à l’exportation, notamment avec la Turquie et l’Algérie.

Cette 23ème édition du Sommet de l’élevage a donc été très riche, beaucoup plus que les quelques coups politiques tentés, notamment avec la réussite en terme de rassemblement ou de discussion entre le Gouvernement et les éleveurs pour faire un point d’étape sur les promesses faites l’année dernière. La véritable politique, c’est d’agir, de faire des points réguliers sur notre action et non de lancer des grandes promesses irréalisables dans le seul but de faire l’actualité.