Anthony Courtalhac « L’avenir de l’Europe ne se fera qu’avec les citoyens et pour les citoyens »

Interview du 4 avril 2019 publiée dans le journal Info Magazine Info Mag

ACourtalhac JEA - crédits infomag E.Thérond

L’association veut montrer que la construction européenne ne se limite pas aux seules institutions © E. Thérond.

Il est le président des Jeunes Européens d’Auvergne, une association regroupant des 16 à 35 ans désireux d’informer, de débattre et de faire avancer le projet européen.

Quelles sont les racines de votre engagement sur les questions européennes ?

Mon engament a commencé au sein d’un parti politique [le PS, NDLR], qui avait fondé localement son antenne européenne. Nous organisions chaque année des journées pour parler de l’Europe. Nous le faisions pendant Europavox. C’est à ce moment là que j’ai découvert les Jeunes Européens, qui est une association transpartisane. Nous sommes actuellement une trentaine, essentiellement des étudiants. A cause des études, il y a beaucoup de mouvement. Mais des adhérents sont très actifs !

Quel est le but de l’association ?

L’objectif, c’est vraiment de se battre pour l’Europe, certes, mais surtout pour une meilleure Europe. Nous ne sommes pas le Parlement européen, ni les représentants de la Commission européenne… Nous ne sommes pas eurobéats mais eurocritiques dans le bon sens du terme. Nous voulons la construction européenne. Mais nous voulons qu’elle soit plus démocratique, plus citoyenne, plus écologique et plus sociale.

Quelles sont vos activités ?

Parmi nos activités, il y a des débats ou des interventions dans les écoles. Par exemple, nous avons organisé dernièrement une simulation de Parlement européen avec trente lycéens à Moulins. Nous avons aussi lancé une revue, « Le Taurillon Auvergnat ». Chaque année ou presque, nous organisons également un voyage au sein des institutions européennes afin de faire œuvre de pédagogie auprès des adhérents.

Dans votre histoire personnelle, qu’est-ce qui vous a fait aimer l’Europe ?

Je regardais pas mal Arte. Certes, cette chaîne est une initiative franco-allemande, mais dans une optique européenne. L’engagement politique m’a fait sauter le pas, aborder cette question un peu plus concrètement. J’ai aussi rencontré des personnes qui partaient en Erasmus… Je fais également partie de cette génération qui a pu voir tomber les frontières, par exemple quand on partait en vacances en Espagne. C’est une chance. Je citerais aussi l’euro. Je suis né en 1990. Quand j’étais petit, j’allais acheter en francs ! Pour ma génération, qui n’a jamais connu la guerre, l’Europe de la Paix ne veut pas dire grand-chose. Mais cet idéal est très important en ces périodes troubles où les peuples ont tendance à se recroqueviller sur eux-mêmes.

Le volet économique n’a-t-il pas pris trop le dessus dans la construction européenne ?

Malheureusement, si. Comme disait Jean Monnet, « créateur » de l’Europe, « nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes. » Le manque d’Europe démocratique ou sociale n’aide pas. Profitant d’un dumping social et fiscal entre Etats, des entreprises délocalisent dans d’autres pays de l’Union, si bien que certains peuvent avoir l’impression de se faire « voler » leur emploi. C’est le fameux « plombier polonais. » Or, perdre son emploi à cause d’un autre européen est un problème. Nous sommes censés vivre et nous développer ensemble. L’avenir de l’Europe ne se fera qu’avec les citoyens et pour les citoyens.

Actuellement, vous avez l’impression qu’elle se fait sans les citoyens ?

Globalement, non. Mais elle ne se fait pas uniquement avec eux. Un truc tout bête : il y a quelques mois, des opérateurs téléphoniques ont expliqué à grand renfort de communication que grâce à eux nous n’allions plus payer de frais pour téléphoner en Europe. Le problème, c’est qu’ils n’avaient pas le choix. C’était une directive européenne qui les obligeait à supprimer le roaming. Si l’Europe avait bien communiqué, tout le monde saurait que c’est grâce à elle.

L’Europe communique mal sur ce qu’elle fait ?

Oui.  A un moment donné, elle ne communiquait même pas du tout ! Or, il faut prendre du temps pour expliquer les compétences de l’Union européenne, tout ce qu’elle a apporté, mais aussi pouvoir la critiquer… Par exemple, qui sait que la France est la première bénéficiaire des fonds Erasmus ? Nous militons sur le fait qu’il faut parler d’Europe. En bien ou en mal, peu importe, mais il faut en parler. Nous voulons inciter les citoyens à aller voter. Non pas pour un parti. Mais simplement pour aller voter… Il faut qu’ils prennent conscience que par leur vote ils choisissent dans quel sens l’Europe va aller.

E.Thérond

Voter c’est décider pour votre avenir !

Il ne vous reste plus que quelques jours pour vous décider à aller voter et pour qui à l’élection présidentielle.

Ce vote vous offre le choix de désigner, au suffrage universel direct, le Président de la République, qui  agira en notre nom pendant 5 ans à la tête de notre pays, la France.
Même si voter n’est pas obligatoire, c’est un devoir civique individuel et collectif.
En effet, de nombreux français sont morts pour pouvoir voter : en 1789 pour les hommes et seulement depuis soixante-dix ans pour les femmes. N’oublions pas qu’il y a encore certains pays où la population n’a pas ce droit et se bat pour l’obtenir.

Pour les chanceux qui sont en vacances, pour les fans de l’ASM qui seront à Lyon pour la demi-finale de coupe d’Europe ou enfin tout simplement ceux qui ne pourront pas participer au vote dimanche,  il ne vous reste plus que quelques jours pour faire une procuration.

Pour cela, rien de plus simple :

–          Choisir une personne qui vote dans votre commune (mais pas forcément dans le même bureau) ;

–          Télécharger et remplir le document Cerfa pour les procurations (accessible aussi en mairie, gendarmerie, commissariat, ou Tribunal d’instance)

–          Se munir de sa carte d’identité

–          Déposer votre procuration à la gendarmerie (ou commissariat) la plus proche ou au tribunal d’instance le plus vite possible

–          Prévenir la personne à qui vous avez donné procuration en lui indiquant votre bureau de vote

Grâce à ce geste, qui est très rapide, votre voix sera entendue.

Quant au vote, c’est votre choix mais je vous incite à lire les projets et à prendre du recul pour savoir qui protègera notre démocratie, nos emplois, nos services publics et notre environnement.

Affiche officielle de Benoit Hamon pour l’élection présidentielle de 2017 #Hamon2017

Pour ma part, je voterai pour Benoit Hamon pour plusieurs raisons :

Il se met dans la droite ligne des 5 ans du quinquennat, en matière de lutte pour plus de transparence politique, pour la transition écologique et pour plus d’Europe.

Il a une vision d’avenir en voulant doubler la part de l’Economie sociale et Solidaire, faire évoluer l’agriculture vers un retour à la source du produire sainement, de qualité et en circuit-court.

Il a aussi une vision d’avenir concernant la robotisation de notre société et de nos moyens de production, la reconnaissance de l’épuisement professionnel, la dangerosité des perturbateurs endocriniens et pesticides pour notre santé.

Je pourrais faire une liste plus exhaustive mais je vous invite plutôt à lire ses propositions et vous faire une idée par vous-même.

Votez et ne vous faites pas voler votre vote par les sondages. Votre voix comptera peut-être plus que jamais dans cette élection où certains sondages à l’appui cherche à convaincre les électeurs que l’élection est déjà jouée.

Bureau de vote  – Crédits photo A.C.

 

Des primaires réussies

Tout d’abord,  il me semble important de remercier les milliers de militants et sympathisants qui ont permis la réussite de la primaire avec plus de 7000 bureaux de vote repartis sur l’ensemble du territoire accueillant ainsi sur les 2 tours plus de 3 millions et demi de votants.

Ce n’était pas forcément réussi d’avance considérant le peu de temps d’organisation en interne et les commentateurs qui se bousculaient sur les plateaux télé pour nous expliquer que ce serait un fiasco. Mais organiser un vote dans toute la France pour plusieurs millions de personnes sur deux tours, cela n’a rien de simple. 

À l’heure de la communication à outrance, qui s’approche plus de la publicité que de la communication politique, où les journalistes ne cherchent plus que la petite phrases, on a pu apprécier les échanges nombreux, rudes mais toujours respectueux qui ont eu lieu durant cette primaire citoyenne.

Bureau de vote des primaires - Crédits photo A.C.

Bureau de vote des primaires – Crédits photo A.C.

Benoit Hamon est sorti vainqueur de cet exercice démocratique, qu’il faut le rappeler notre parti a initié en 2011. Avec plus de 2 millions de votants, dont 1.2 millions pour lui, il a la légitimité d’un score incontestable, porté par une participation importante. Je le soutiendrai, même si je ne suis pas d’accord avec toutes ses propositions.

Ce soutien est pour moi normal parce que c’est la règle de la primaire, à laquelle tous les candidats ont souscrit. De plus, parce que la victoire le 7 mai 2017 n’est possible que si nous nous rassemblons et je pense qu’il peut être celui qui rassemblera la gauche. Ce rassemblement est plus que nécessaire au moment où les forces réactionnaires en France, en Europe et dans le monde, ne font que progresser  et mettre à mal la cohésion de nos sociétés en liguant les gens les uns contre les autres. Il permettra une victoire qui sera pour la France et les français et non pas pour des lobbies et des castes cachés derrière certains candidats.

Ce rassemblement permettra de parler collectivement, pour dire « nous » et non pas « je » comme certains s’essaient à travers des quêtes personnelles, surfant sur des sondages et les fans clubs.

Alors jouons collectif pour continuer de défendre les valeurs de notre famille politique, mais aussi la gauche dans son ensemble, que sont : la justice sociale, l’égalité réelle, la sociale-écologie, le vivre ensemble et la laïcité.

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Retour sur les universités d’été 2015 du Parti Socialiste

Comme chaque année, j’étais le week-end dernier aux universités d’été du Parti Socialiste à La Rochelle.

Cette année, ce rendez-vous avait tout d’un point d’étape sur les nombreux évènements passés (élections départementales et congrès du PS) mais aussi à venir (élections régionales et COP 21).

Outre le non-évènement de chahut (entre quelques jeunes socialistes, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis) qui a failli éclipser le travail de ce weekend, près de 4000 camarades se sont retrouvés dans plus de soixante ateliers pour travailler sur de nombreux sujets. Afin d’être force de proposition auprès du gouvernement et des élus locaux, trois thèmes structuraient l’université : la République, l’Écologie et les élections régionales.

Pour ma part, devant faire un choix face à la multitude d’ateliers très intéressants, j’ai cette année fait l’impasse sur les ateliers sur l’Europe. En effet, le weekend prochain sera pour moi consacré à l’Europe avec l’Université d’été des Jeunes Européens, en tant qu’administrateur national.

J’ai tout de même participé à plusieurs ateliers sur les thématiques de cette année.

Atelier

Atelier « L’éducation : reconstruire la formation des enseignants » – crédits A.C.

L’atelier « L’éducation : reconstruire la formation des enseignants »  où notre camarade et Sénateur du Puy-de-Dôme, Jacques-Bernard Magner intervenait. L’idée principale qui en est ressortie est qu’après la crise de vocation créée sous la droite, les jeunes reviennent vers ce métier. Pour cela, il a fallu  redonner les lettres de noblesse à cette profession. Les écoles supérieure du professorat et de l’éducation ont été créé afin d’éviter que professeur soit le seul métier qui ne s’apprend pas.

Je me suis ensuite rendu à la rencontre des socialistes européens.  Plus de 50 camarades ainsi que des députés européens socialistes ont échangé sur la crise grecque et la problématique européenne vis-à-vis des migrants. Nous avons également fait un retour sur le congrès du Parti Socialiste Européen, qui avait lieu quelques jours après le congrès du PS en juin.

Réunion des membres du Parti Socialiste Européen - Crédits photos A.C.

Réunion des membres du Parti Socialiste Européen – Crédits photos A.C.

L’atelier sur « La Laïcité, une ambition inhérente à la République : » a permis à travers de multiples échanges d’affirmer que la laïcité sera l’élément essentiel, voir primordiale, du rassemblement de la Gauche et un élément important en 2017 (pour l’élection présidentielle) s’annonçant comme un véritable combat sur les valeurs.

En termes de laïcité, il est bon de rappeler que François Hollande est le Président de la République qui a le plus travaillé depuis trente ans sur le sujet : création de l’Observatoire sur la laïcité, chartre scolaire ou, bien entendu, les différentes prises de paroles lors des évènements du 11 janvier.

Par ailleurs, de nombreux militants se sont exprimés sur le dévoiement de la laïcité par le FN mais aussi par la droite. En effet, ils détournent la laïcité afin de faire monter le racisme et les discriminations dans la population. Pour résumé, ils font passer le racisme pour la défense de la laïcité. Mais quand on regarde au fond des choses, c’est qu’une seule religion est mise en avant, défendue et financée, faisant fi de la laïcité : le catholicisme.

La vraie question est comment faire pour que les différentes religions mais aussi les athées et les agnostiques, qui eux représentent la majorité des français, puissent vivre ensemble avec leurs (non)croyances.

Atelier régionale Auvergne-Rhône-Alpes - Crédits photos A.C.

Atelier régionale Auvergne-Rhône-Alpes – Crédits photos A.C.

Enfin, le dernier atelier où je suis allé est celui sur la région Auvergne-Rhône-Alpes. De nombreux camarades des treize départements de la nouvelle région étaient présents pour se rencontrer, échanger et lancer la campagne militante.

Pour conclure, cette année, l’université d’été a encore tenu ses promesses. Ce fut un moment convivial de travail et d’échanges avec des camarades de toutes la France qui permet de recharger les batteries avant les prochaines échéances.