Centenaire du génocide arménien: la mémoire et la mobilisation contre le négationnisme de l’Histoire

logo du CCAF mission 2015 - Crédits photos http://2015.ccaf.info/

logo du CCAF mission 2015 – Crédits photos http://2015.ccaf.info/

La semaine de commémoration qui s’ouvre est l’aboutissement d’un long travail. En effet, le 24 avril de l’année dernière a été une répétition générale avant le centenaire du génocide arménien. A Clermont-Ferrand, une plaque mémorielle avait été installée dans le square de la place des Vignerons permettant d’avoir un lieu de commémoration identifié dans la ville, une première victoire importante pour ce centenaire.

Je ne pourrai pas être présent aux côtés des Arméniens et des Français d’origine arménienne comme je le suis chaque année. Par ce texte, je tiens quand même à porter cette cause. C’est essentiel de les soutenir quand on sait la souffrance qu’endurent les familles face au négationnisme turc et l’énergie qu’elles mettent pour qu’enfin ce crime horrible soit reconnu.

Ces commémorations du centenaire auront non seulement pour objectif de rendre hommage aux arméniens assassinés mais aussi de créer les conditions pour un avenir pacifié entre les Arméniens et l’État turc basé sur la reconnaissance de ce crime abominable, la justice pour le peuple arménien et la sécurité pour l’Arménie.

Fosse commune d'arméniens assassinés - Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / www.cdca.asso.fr

Fosse commune d’arméniens assassinés – Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / http://www.cdca.asso.fr

De nombreux turcs prennent parti dans ce sens depuis longtemps malgré les pressions et condamnations, sans parler des nombreux pays qui ont reconnu ce génocide officiellement. La France l’a fait dès 2001, à travers une loi courte mais claire, adoptée par l’ensemble de la classe politique qui explicite que « La France reconnait publiquement le génocide arménien de 1915 ». Ce week-end, le Pape a pris parti pour la reconnaissance de ce génocide, à moins d’une semaine des commémorations. Très médiatique, cela a eu le mérite de remettre au centre ce centenaire que la Turquie souhaite étouffer.

Et enfin, hier 15 avril, le Parlement Européen, a adopté une résolution sur la reconnaissance du génocide arménien. Cette résolution demande à la Turquie de le reconnaitre rapidement en se saisissant de l’occasion du centenaire du génocide pour aller jusqu’au bout du travail de mémoire.

La voie de la vérité est souvent dure à prendre. Seulement si elle est prise, ça ne sera pas que pour le bien du peuple arménien mais aussi pour la pacification des relations, entre ces deux peuples.

La Turquie doit prendre enfin ses responsabilités et ne peut plus passer sous silence l’assassinat de plus d’un million et demi de personnes car arménienne. Comme avait pu le dire au moment de ce massacre Jean Jaurès, « l’Humanité ne peut dormir avec dans sa cave le cadavre d’un peuple assassiné ».

Ma position n’est pas une position des « pour » face aux « contre » mais une position humaniste, d’un citoyen-monde qui n’accepte pas que le devoir de mémoire et de vérité puisse se faire dans ce coin du monde quand il a été possible relativement rapidement en Europe (Seconde Guerre Mondiale) ou en Afrique (Rwanda) par exemple. Cela permettra, dans ces temps trouble où l’histoire a tendance à se répéter avec sa vague d’intolérance, de rappeler les risques que le monde court par aveuglement.

Cette semaine de commémoration du génocide sera donc très importante et très fournie pour expliquer cette période de l’Histoire sombre.

Arméniens pendus par les militaires turcs - Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / www.cdca.asso.fr

Arméniens pendus par les militaires turcs – Crédits photos : Comité de Défense de la Cause Arménienne / http://www.cdca.asso.fr

C’est pourquoi, je vous invite aux événements que l’association Rencontres et Culture Arménienne Région Auvergne organisent (programme ci-dessous). Mais je vous invite surtout à être présents nombreux le 24 avril à Clermont-Ferrand quand, au même moment, la République Française, représentée par notre Président François Hollande, sera au côté des arméniens à Erevan.

 

Programme des temps forts consacrés à une semaine de commémoration pour le centenaire :

 – Conférence débat à la fédération le jeudi 16 avril à 19 h en présence du Sénateur Maire Philippe KALTENBACH ;

Inauguration d’une exposition à l’Hôtel de Ville de Clermont-Ferrand, le samedi 18 avril 2015 à 11 heures en présence de Monsieur Olivier BIANCHI, maire de Clermont-Ferrand ;

Concert de la Chrorale GOMIDAS le dimanche 19 avril à 17 h à la Chapelle des Cordeliers ;

Conférence sur l’histoire et la négation de ce génocide le mardi 21 mars à 19 h à la salle Conchon à Clermont-Ferrand ;

Diffusion du film « The Cut » au cinéma le Rio de Clermont-Fd, le jeudi 21 avril 2015 à 19 h ;

Vendredi 24 avril 2015 (journée internationale de commémoration) : défilé silencieux au départ de la place de Jaude à partir de 16 h vers la Place des Vignerons pour l’inauguration à 17 h d’une plaque commémorative au Génocide.

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Commémoration de Jean ZAY: Résistant et homme d’Etat

Photo de Jean Zay - Crédits photo Huffington Post

Photo de Jean Zay – Crédit photo Huffington Post

Hier avait lieu, à Clermont-Ferrand et Riom, la commémoration de l’assassinat de Jean Zay en 1940.

On doit à Jean Zay, grand ministre de l’Education et des Beaux-Arts de grandes avancées pendant cette belle période du Front Populaire.  Il est à l’initiative du prolongement de 13 à 14 ans de l’obligation de scolarisation et cela dès la rentrée scolaire 1936. Il est aussi à l’initiative de l’introduction de l’éducation physique en primaire, de la création des Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS), de l’organisation de la recherche scientifique pour créer en 1939 le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Comme ministre des Beaux-Arts c’est lui qui avait proposé l’idée de création du festival de Cannes ou qui souhaité encourager la création de bibliothèques mobiles.

En tant que ministre, il prônait l’esprit d’initiative et la favoriser en mettant en place des expérimentations comme cela a été fait pour l’éducation sportive à le primaire.

En tant qu’homme politique au sens large, c’était un grand républicain, un démocrate, un combattant de la première heure des inégalités. Il s’est notamment engagé à la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen, et a été responsable de la Ligue de l’enseignement.

Mais Jean Zay était surtout une personne qui croyait en l’intelligence des citoyens et leur civisme pour protéger la République. Dans cette période trouble où notre République est en grand danger, cela devrait pouvoir inspirer certains. Je pense notamment aux élus de droite de la ville de Riom qui ont refusé de participer à la commémoration de ce grand ministre et grand résistant mort pour la France.

Cet esprit patriote, loin de celui de l’extrême-droite, il l’a montré en septembre 1939 en démissionnant de son poste de ministre pour rejoindre l’armée française et protéger son pays. Il a démontré son amour pour la France lui qui pourtant à l’époque étant la cible de l’extrême-droite car juif et franc-maçon, lui qui a subi une violente campagne de presse du ministre de l’information du gouvernement de Vichy réclamant la mort du « juif Jean Zay ».

Il est important de ce rappeler cela car l’extrême-droite aujourd’hui essaie de cacher cette idéologie qui la caractérise et en développe une autre : la haine du musulman. Elle a beau vouloir se dédiaboliser, l’extrême-droite est mue par la haine de l’autre et joue sur les peurs des gens.

Jean Zay malgré la reconnaissance par ses responsables militaires de son courage et de son dévouement sera condamné par le tribunal militaire à Clermont-Ferrand comme déserteur à la déportation à vie et à la dégradation militaire alors que pour les mêmes faits Pierre Mendès-France sera « seulement » condamné à six ans de prison.

Jean Zay sera finalement incarcéré au quartier spécial de la maison d’arrêt de Riom où il pourra recevoir la visite de sa femme et de ses filles, dont l’une était présente hier soir pour les commémorations à Clermont-Ferrand et que j’avais pu croiser lors de la fête de la Libération d’Orléans cet été.

Il ne cherchera jamais à s’échapper et en grand optimiste et serviteur de l’Etat il travaillera sur de possibles réformes à mettre en place après la Libération.

Malheureusement le 20 juin 1944, trois miliciens le feront sortir de prison pour l’assassiner en plein bois à la carrière des Malavaux à Cusset dans l’Allier et le jetteront dans une faille en espérant qu’il ne soit jamais retrouvé. Il sera réhabilité de manière posthume en juillet 1945 et son corps sera retrouvé et identifié en 1947 permettant à la famille de l’inhumé décemment à Orléans, sa ville natale, où il fut député.

Cette commémoration de l’assassinat du grand homme d’Etat qu’il était, résistant mort pour la France, ne peut qu’être mise en perspective avec les évènements proches et nous montre que la seule issus possible est toujours la République et ses valeurs.

Le 27 mai 2015, sera un moment particulier, à quelques jours des 70 ans de la fin de la seconde guerre mondiale Jean Zay ainsi que trois autres résistants (Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion) verront leurs cendres transférées au Panthéon en signe d’hommage de la Nation à ces « grandes figures qui évoquent l’esprit de la résistance ».

Une commémoration du Centenaire de la Grande Guerre importante pour les Français

Commémoration du 11 novembre au Monument aux Morts de Romagnat - Crédits A.C.

Commémoration du 11 novembre au Monument aux Morts de Romagnat – Crédits A.C.

Comme chaque année, j’ai participé aujourd’hui, 11 novembre, à la commémoration de l’armistice de la Première Guerre Mondiale, à Romagnat.

Nombreux enfants aux commémorations du 11novembre - Monument aux Morts de Romagnat - crédits A.C.

Des enfants aux commémorations du 11novembre – Monument aux Morts de Romagnat – crédits A.C.

 Cette année, elle avait un parfum particulier pour les participants, beaucoup plus nombreux que d’habitude pour les commémorations de la République Française. En effet, cette commémoration a lieu lors de la première année du Centenaire de la Grande Guerre, année de lancement de quatre ans de commémorations fortes autour de la Premier Guerre Mondiale.

Les Romagnatois-es se sont déplacé-es nombreux-ses et en famille pour cette commémoration qui, depuis le début de l’année, a été fortement suivie et a intéressé les familles puydômoises et françaises.

Cet intérêt pour les commémorations de la Grande Guerre a commencé notamment par la participation de tous à une « Grande collecte 1914-1918 » organisée en novembre 2013 auprès des particuliers. Celle-ci a été lancée pour récupérer les traces et objets des français ayant participé de près ou de loin à la Première Guerre Mondiale. Ces documents sont récupérés ou numérisés par les Archives Départementales des Conseils généraux afin de pouvoir ensuite témoigner dans les années à venir sur cette guerre totale et atroce qui fit entrer complètement la France dans le XXème siècle.

Cette première année de commémoration du Centenaire de la Grande Guerre est une véritable réussite. Elle a permis aux Français de se replonger dans leurs histoires personnelles mais surtout de se rassembler autour de l’Histoire. Cette journée se termine d’ailleurs par l’inauguration de l’« Anneau de la Mémoire » dans le Nord-Pas-de-Calais par le Président de la République. Ce mémorial porte les noms, sans distinction de nationalité ou de religion, de 579.606 soldats tombés dans la région, qu’ils soient français, britanniques, allemands, etc. ou même népalais. C’est un véritable symbole d’unité, réunissant des soldats de toutes origines dans une « fraternité posthume ».

Cette inauguration est un véritable message dans la période actuelle, où cent ans après, des conflits refont surface en Europe de l’Est et où les extrêmes se font de plus en plus pressants. Nous devons, plus que jamais, nous rappeler les leçons de cette guerre mais aussi de la Seconde Guerre Mondiale car, comme François Hollande le dit en ce jour de commémoration, « s’il y a pu y avoir une deuxième guerre, il peut en avoir une troisième ».

Les Journées Européennes du Patrimoine : l’occasion pour tous de redécouvrir notre Histoire

A l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine du 20 et 21 septembre dernier, j’ai fait le choix d’aller dans un lieu souvent méconnu mais pourtant important pour notre population, les Archives départementales. Ce lieu, comme de nombreux autres bâtiments du Conseil Général du Puy-de-Dôme, était ouvert à la population lors de ces journées.

Visite des Archives Départementales - Crédits A.C.

Visite des Archives Départementales – Crédits A.C.

Ce bâtiment sert de mémoire départementale, que ce soit en conservant les documents officiels des collectivités et de l’Etat ou des documents de personnes privées qui souhaitent leurs remettre. Il renferme donc une grande partie de l’Histoire de notre Département mais aussi de notre région. Ces dépôts de documents qui peuvent être de toutes sortes : écrits, vidéos, photographiques sont conservés soigneusement par le personnel du Conseil Général. Ces derniers ont pour mission la valorisation et la conservation de notre Histoire commune de la grande Histoire aux histoires des Puy-dômois et Auvergnats.

Dans cette droite ligne, les Archives départementales ont mis en place une exposition pour la commémoration des 100 ans du début de la Grande Guerre lors de ce weekend-ci, qui fait suite à la « Grande collecte 1914-1918 » organisée en novembre 2013 auprès des particuliers. Cette exposition met en avant les traces de cette guerre dans notre département permettant à chacun de pouvoir s’identifier.

Lors de ces Journées Européennes du Patrimoine, j’ai aussi participé à un évènement retraçant le passé faste de Romagnat et de notre canton, remis au goût du jour : ses vignes et ses fours à chaux. Cette visite était organisée par l’association Romagnat-Patrimoine avec le soutien de la ville de Romagnat. Cette visite m’a permise de redécouvrir le petit patrimoine de notre commune que je peux côtoyer depuis mon plus jeune âge. Ce dernier est remis au goût du jour, grâce à sa mise en valeur par des passionnés et soutenu par de nombreuses collectivités et l’Etat à travers la Direction Régionale des Affaires Culturelles Auvergne (DRAC).

Vue sur Romagnat et ses vignes - crédits A.C.

Vue sur Romagnat et ses vignes – crédits A.C.

Mais à quoi correspond cette manifestation organisée depuis plusieurs décennies ?
Lancée dans un premier temps en France en 1984, elle voit germer l’idée, un an plus tard, sous l’impulsion de J. Lang, Ministre de la Culture, de la développer au niveau européen. En effet, lors de la 2ème conférence du Conseil de l’Europe réunissant les différents ministres de la culture des pays membres, les Journées Européennes du Patrimoine naissent et sont mises en place rapidement par plusieurs pays européens dont les Pays-Bas, le Luxembourg ou la Belgique. Depuis 1999, ces journées sont organisées conjointement par le Conseil de l’Europe et la Commission Européenne, pendant les weekends du mois de septembre. Elles ont pour but d’ouvrir les portes de nombreux sites et monuments, dont beaucoup sont habituellement fermés au public. Cela a pour objectif de permettre à chaque citoyen européen de découvrir leur patrimoine culturel commun, tout en insistant sur la nécessité de chacun de participer activement à sa sauvegarde et sa mise en valeur pour les générations futures. Enfin, il ne faut pas oublier l’objectif plus large de ces Journées Européennes du Patrimoine : rapprocher les citoyens européens les uns les autres en mettant en place, grâce à la Culture, une meilleure compréhension mutuelle malgré les différences pouvant exister en terme de culture et de langues.

70 ans de la Libération de Clermont-Ferrand: un devoir de mémoire pour que cela ne se reproduise plus jamais

Article publié sur facebook le 27 août 2014

Aujourd’hui avait lieu à la commémoration des 70 ans de la libération de Clermont-Ferrand, à laquelle j’étais présent.

Commémoration de la Libération de Clermont-Ferrand - crédits A.C.

Commémoration de la Libération de Clermont-Ferrand – crédits A.C.

La population clermontoise s’est déplacée nombreuse et notamment beaucoup de jeunes. Ces jeunes, qui sont souvent décriés, qui soit disant ne s’intéressent à rien, étaient pourtant présents pour commémorer, au-delà de la Libération, la lutte contre l’intolérance, le racisme que certains essaient de propager même 70 ans après. Comme quoi, nous les jeunes, nous nous intéressons au passé pour préparer notre avenir.

 A titre personnel, j’ai eu la chance il y a quelques années de participer au concours national de la Résistance et de la Déportation. A l’issu du concours, le comité départemental, qui l’organisait dans le Puy-de-Dôme, a récompensé quelques participants, dont je faisais partie, en nous accompagnant au Mont Mouchet (Haute-Loire), un haut lieu de Résistance dans la région. Ce fut un moment privilégié pour parfaire ma connaissance de cette Histoire, notre Histoire.

 Je ne peux que souhaiter qu’en cette année de commémoration, ce devoir de mémoire, de transmission de l’histoire de notre pays et de l’Europe soit rendu accessible au plus grand nombre et que de nombreux autres jeunes aient la chance que j’ai eu de pouvoir approfondir mes connaissances sur ce dramatique pan de notre Histoire commune. C’est pourquoi, je suis pour que ce concours national de la Résistance et de la Déportation soit démocratisé et non plus seulement proposer par certains enseignants.

 Je souhaite que les collectivités et l’Etat soutiennent les associations mémorielles afin qu’elles interviennent dans les écoles pour sensibiliser les jeunes. Je pense aussi que les pouvoirs publics, doivent soutenir les voyages scolaires organisés sur des lieux de mémoire, permettant une meilleure compréhension et assimilation de l’Histoire. Enfin, je fais le vœu que les enseignants se mobilisent et soient soutenus pour accompagner leurs élèves aux différentes commémorations, même un jour férié.