Patrimoine mondial de l’Unesco : La chaîne des Puys doit transformer l’essai

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Après plusieurs semaines d’attente, avait lieu dimanche le traitement de la candidature de la Chaîne des Puys et de la Faille de Limagne au Patrimoine Mondial de l’UNESCO par le 40ème Comité du Patrimoine Mondial. Malgré l’actualité très tendue en Turquie (où avait lieu l’étude des dossiers), le comité a siégé malgré des débats écourtés pour examiner les différentes propositions qui lui ont été soumis.

Le dossier de la Chaine des Puys était mal engagé suite au nouveau rapport de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Celle-ci n’a pas voulu déjuger son premier diagnostic alors même que le Département du Puy-de-Dôme et l’Etat français avaient suivi ses recommandations pour améliorer le dossier. Un fort travail de lobbying de l’Etat français, auprès des différents membres du comité, a permis tout de même de franchir une nouvelle étape avec la reconnaissance du potentiel de valeur universelle du site présenté. Mais de la même manière que la « candidature Le Corbusier » (inscrite dimanche au bout du 3ème essai), la Chaîne des Puys doit encore améliorer son dossier avec un dernier travail additionnel concernant la gestion du site. Par ailleurs, les carrières actives, qui étaient inclues dans le site, ont fortement agité les débats des membres du comité et devront par conséquent être exclus du site de la Chaine des Puys et de la Faille de Limagne.

Pour la petite histoire, les auvergnats n’iront pas en vacances en Finlande au vu de la forte opposition de sa représentante au comité au dossier de la Chaine des Puys.

Cette décision de renvoi, prise dans la douleur et sûrement prise grâce à une diplomatie française très active, acte que le site de la Chaîne des Puys et de la Faille de Limagne pourra, si toutes les recommandations sont respectées, se voir inscrire au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Enfin, je souhaite féliciter l’ensemble des élus, agents du Département, citoyens, chercheurs et entreprises puydomoises qui se sont mobilisés pour permettre à cette candidature d’être renvoyée et non pas rejetée comme le souhaitait l’UICN.

Il est plus que jamais important de maintenir et accentuer le soutien de toute la population à cette candidature portée par le Département du Puy-de-Dôme depuis presque dix ans et qui a maintenant de forte chance d’aboutir pour partager notre patrimoine avec le monde entier et non plus le garder secrètement rien que pour nous.

Trois questions à Jeanne ESPINASSE, conseillère départementale de Vic-le-Comte

Ce mois-ci et pile un an après les élections départementales de 2015, j’ai souhaité vous présenter à travers mon « 3 questions à » mensuel Jeanne ESPINASSE, conseillère départementale du canton de Vic-le-Comte et seconde adjointe de la commune de Neschers. Bonne lecture !

Jeanne Espinasse - campagne départementale 2015

Jeanne Espinasse – campagne départementale 2015

  • Jeanne, tu as été élue en mars 2015 conseillère départementale du canton de Vic-le-Comte avec ton binôme Antoine DESFORGES. En quoi consiste ton mandat ? Comment s’est déroulé cette première année ?

Les conseillers départementaux interviennent sur les compétences du Département : le social, les collèges, les routes, le transport, les territoires, la culture et le sport. Nous sommes élus au suffrage universel pour un mandat de 6 ans.

 Notre rôle est triple :

  • Participation à la vie du Conseil départemental : nous siégeons lors des sessions et participons ainsi par nos interventions, propositions et nos votes à la prise de décisions et à l’orientation de la politique du Département. Chacun de nous est également membres d’une commission qui examine les dossiers avant leurs adoptions. Pour ma part, je fais partie de la 3ème commission « Finances et Infrastructures ».
  • Nous sommes les interlocuteurs privilégiés des habitants du canton de Vic-le-Comte. Nous sommes au service des citoyens en écoutant et répondant aux administrés au travers de nos permanences et visites régulières dans les communes. Cela nous permet de prendre en compte les problématiques que rencontrent les citoyens et d’orienter l’action départementale en fonction.
  • Nous participons à la vie locale. Nous avons établi une relation de confiance et de proximité avec les élus locaux. Nous les accompagnons dans la mise en place de leurs projets, notamment en sollicitant l’appui des services et organismes associés au Département. Nous avons instauré une réunion cantonale (regroupant l’ensemble des Maires du Canton, les représentants des services du Département, Le Président du Conseil départemental et le Député de la circonscription) pour faciliter la recherche de solutions communes aux problèmes rencontrés. Nous participons également à la vie des associations locales en étant présents lors des manifestations et en les soutenant financièrement au travers de la DALD (1).

Cette première année a été intense pour moi, cela a nécessité beaucoup de présence sur le terrain et de travail personnel, même en dehors de ce qui est visible. J’ai découvert de nombreux dossiers et de nouveaux domaines qui dépendent du Conseil Départemental. Ce processus m’a d’autant plus intéressée que le cœur de notre action est le lien direct avec les élus et les habitants.

  • Tu es aussi deuxième adjointe de Neschers. Peux-tu nous parler de ton engagement en tant qu’élue sur un territoire rural ?

 La taille de la commune de Neschers fait que nous sommes en contact direct et permanent avec les habitants. La commune n’emploie qu’une secrétaire et les élus doivent gérer le quotidien sans l’appui de services techniques importants.

Nous sommes très identifiés par les citoyens qui font appel à nous pour toutes les problématiques qu’ils rencontrent. Cette perception de l’élu local est intéressante et passionnante car nous agissons au plus près des habitants et du territoire neschersois. Le travail de l’équipe municipale se fait en direct.

 Ce rôle de l’élue locale, m’aide dans mon mandat de conseillère départementale car cela me permet de porter la réalité du quotidien des petites communes, nombreuses sur le canton, lors des débats au Conseil départemental. Ce rôle de porte-parole des petites communes est important dans un département à la fois urbain et rural où les problématiques ne sont pas les mêmes entre ville urbaine et ville rurale.

Jeanne Espinasse aux voeux 2016 de la commune de Coudes - Crédits J.Espinasse

Jeanne Espinasse aux voeux 2016 de la commune de Coudes – Crédits J.Espinasse

  • Enfin, comment vois-tu l’avenir de notre Département ?

 Le Département a un avenir au travers de ses conseillers départementaux. Tant qu’ils seront des élus ancrés sur les territoires, aux services des Hommes, à l’écoute, proches des élus locaux, ils justifieront la nécessité du Département échelon de proximité. A l’heure de la grande Région Auvergne-Rhône-Alpes, seul le Conseil Départemental a la taille et le poids humains pour mener des politiques de développement sur nos territoires.

 L’écoute, la proximité, le terrain et la solidarité sont pour moi les piliers de mon action de conseillère départementale.

1 : La Dotation d’Animation Locale Décentralisée (DALD) est une enveloppe financière attribuée à chaque binôme de conseillers départementaux. Elle est destinée à aider les associations afin de développer des projets. Les associations doivent contacter leurs conseillers départementaux afin d’obtenir un dossier qui sera examiné par le binôme qui décidera de l’attribution de la dotation.

 

Un hommage départemental pour Arsène Boulay

Le Conseil départemental du Puy-de-Dôme a voté à l’unanimité lors de sa session du 21-22 mars, une délibération symbolique mais qui touchera de nombreux Romagnatois et Puydomois. En effet, cette délibération  a pour objet de donner le nom d’Arsène Boulay, ancien président du Conseil général et député-maire de Romagnat à la médiathèque départementale.

Arsène Boulay, ancien député-maire de Romagnat et Président du Conseil Général du Puy-de-Dôme - crédits A.N

Arsène Boulay, ancien député-maire de Romagnat et Président du Conseil Général du Puy-de-Dôme – crédits A.N

Arsène Boulay était une des figures importantes du Parti Socialiste du Puy-de-Dôme. Né en 1910 au Crest et mort en 2001 à Romagnat. Il commença son militantisme à 18 ans en fondant les jeunesses socialistes et en adhérant à la SFIO. Dès le début de la seconde guerre mondiale, il rentra dans la Résistance et a été le délégué régional du Mouvement de Libération Nationale pour L’Auvergne.

A la sortie de la guerre, il devint maire de Romagnat et le resta jusqu’en 1985. Il fut aussi président du conseil général de 1970 à 1973 et de 1976 à 1988 et député de 1963 à 1978.

En dehors de l’homme politique, véritable autodidacte, il était un homme d’une grande culture et une plume reconnue qui a sévi notamment dans les colonnes de l’hebdomadaire « Le Montagnard » dont il a été directeur politique de 1966 à 1978.

Arsène, comme bon nombre l’appelait, était un élu national (Député) mais surtout un élu local aux réalisations reconnues comme notamment la médiathèque départementale qui va porter son nom.

Je me félicite de cet hommage rendu certes à l’homme politique qui a marqué l’histoire locale et du PS mais aussi à l’homme de lettres qu’il était. J’espère que ça permettra au plus grand nombre de connaitre ce grand homme, issu d’un milieu modeste et de voir qu’avec une motivation sans fin, il est possible de faire de grande chose.

Arsène Boulay avec R.Quilliot P.Bouchaudy et L.Jospin - collection privée A.Boulay

Arsène Boulay avec R. Quilliot P. Bouchaudy et L. Jospin – collection privée A.Boulay

Meilleurs voeux 2016 !

L’année 2015 fut une année très bizarre à vivre évoluant entre désespoir et espoir.

Désespoir quand le monde ouvrit vraiment les yeux sur le fléau qu’est la guerre. Guerre qui s’accompagne de ses nombreuses destructions, crimes de guerre et déplacements de populations qui ont tout perdu et n’ont d’autres solutions que de faire des milliers de kilomètres en abandonnant leur vie quotidienne, au péril de leur vie humaine.

Désespoir quand des fous commettent des attentats contre des personnes qui n’ont que pour seul péché de vivre librement comme ils le souhaitent. Ces fous, qui de tout temps se cachent derrière une religion et des dogmes, frappent aveuglément les peuples et les pays : France, Tunisie, Mali, Kenya, Cameroun, Egypte, Libye ne sont que quelques exemples de pays touchés par ces fanatiques.

En France, nous avons tous été marqués par les attentats de janvier contre Charlie Hebdo et par les attentats de novembre contre les valeurs qui nous rassemblent tous au-delà des religions et appartenances politique : liberté, égalité, fraternité et laïcité.

Désespoir quand l’année des trente ans de la création des Restaurants du Cœur par Coluche, des millions de personnes sous le seuil de pauvreté vivent ou plutôt survivent – et notamment de plus en plus de travailleurs.

Mais 2015 a aussi été une année d’espoir.

Bonne année 2016 ! - crédits TBlanc

Bonne année 2016 ! – crédits TBlanc

Espoir avec l’élan de solidarité suite aux attentats. Rappelons-nous les rassemblements spontanés qui ont eu lieu dans toute la France pour dire au-delà du « Je suis Charlie », nous résisterons face à l’obscurantisme et ne braderons jamais nos valeurs.

Espoir en termes de santé publique avec un cas de rémission complète du virus du SIDA qui a été suivi du lancement par une start-up française, d’une phase de test pour un vaccin contre le SIDA. On peut aussi évoquer la mise en place de nouveaux tests prénataux de dépistage de la trisomie 21, jugés efficaces et la fin de l’épidémie d’Ebola en Afrique.

Espoir avec la fin de la guerre froide entre les Etats-Unis et Cuba après plus de cinquante-quatre années de relation coupées.

Et enfin espoir avec l’accord sur le climat signé par 195 pays et l’Union Européenne, accord universel et juridiquement contraignant composé de 29 articles et constituant une véritable avancée dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’objectif de cet accord est de contenir la hausse des températures bien en dessous de 2°C et prévoit la réévaluation à la hausse des contributions de chaque pays tous les 5 ans.

Mes souhaits pour l’année 2016 qui débutent

Peut-on continuer longtemps à tolérer le cumul de plusieurs mandats importants, alors que chacun d’eux nécessite de s’y consacrer à temps complet ? De ce point de vue, la volonté de Nicolas Sarkozy de revenir (si la droite revenait au pouvoir) sur la loi de non-cumul devant s’appliquer en 2017 est désolante.

En effet, pour moi 2015 a été éprouvant et a montré que les politiques doivent véritablement réagir et prendre la mesure du nécessaire changement des pratiques. Je renouvelle donc mon vœu de 2015 : que l’innovation démocratique prenne tout son sens à travers le renouvellement, le non cumul, la politique des valeurs et des idées !

Enfin, mon deuxième est un souhait de redressement prolongé de notre économie. La croissance revient, le chômage stagne et le made in France redevient attractif, les cartes sont donc entre nos mains. Espérons que nous allons nous mobiliser pour soutenir ces entreprises qui montrent que la France peut réussir si elle s’en donne les moyens.

Je vous souhaite à vous et à vos proches une année 2016 pleine de bonheur, de santé et de réussite personnelle et collective !

Pour conclure, je reprendrai à mon compte une phrase des vœux du Président de la République de cette année : « 2015 fut une année de souffrance et de résistance, alors faisons de 2016 une année de vaillance et d’espérance ».

Thiers: une histoire d’amour de plus de six siècles avec le couteau

Couteau géant dans le centre historique de Thiers - Crédits photos A.C

Couteau géant dans le centre historique de Thiers – Crédits photos A.C

Fin octobre j’avais déjà pu parler des couteaux de Thiers dans un article relatant une exposition au Conseil Général.

Cette exposition mettait en avant le territoire thiernois tant industriel qu’artisanal et une entreprise de couteaux très connues et gérées par une femme.

Elle m’avait incitée à aller visiter le musée de la Coutellerie pour mieux comprendre pourquoi un territoire enclavé comme le bassin de Thiers a pu tirer son épingle du jeu en devenant le 1er fournisseur de couteau d’Europe.

Ce weekend de journées européennes des métiers de l’art, je suis donc allé visiter le musée de la Coutellerie de Thiers.

Le musée, pédagogique et instructif, a pour objectif de faire découvrir au plus grand nombre, du plus jeune au plus âgé, l’histoire du bassin thiernois à travers le couteau et ses spécialités locales (travail allongé).

Coutelier couché (spécifique au bassin thiernois) - Crédits photos A.C

Coutelier couché (spécifique au bassin thiernois) – Crédits photos A.C

Dans ce musée qui est atypique étant un conservatoire vivant du patrimoine car au-delà du musée il y a aussi    des ateliers de démonstration et de fabrication, on y découvre aussi l’actuel savoir-faire des couteliers thiernois, mis en avant à partir de 1994, avec la création du couteau « Le Thiers ».

Après cette visite, je suis allée dans la Vallée des Usines et le Creux de l’Enfer : la meilleure façon de ressentir et de comprendre ce qu’ont pu vivre les thiernois au fil des siècles mais aussi observer les traces restantes de cette période faste alliant industrie et artisanat. Cette vallée représente une grande partie de l’Histoire de cette ville et de ce territoire peu propice à tout développement.

Vallée des usines - Creux de l'Enfer à Thiers - Crédits photos A.C

Vallée des usines – Creux de l’Enfer à Thiers – Crédits photos A.C

Après cet après-midi très enrichissante, j’envisage d’aller à la 25ème édition du salon international du couteau d’art et de tradition à Thiers. Elle aura lieu les 16 et 17 mai 2015 pour apercevoir l’ensemble du savoir-faire mondial et français en termes de coutellerie.

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Mais à quoi correspond cette manifestation ?

Cette manifestation a pour objectif d’ouvrir les portes de nombreux sites, ateliers, entreprises, dont beaucoup sont habituellement fermés au public pour permettre à chaque citoyen européen de découvrir la richesse des métiers d’arts mais aussi leur patrimoine commun. C’est une manière d’insister sur la nécessité de participer activement à sa sauvegarde et sa mise en valeur pour les générations futures.

Le fil conducteur de ces journées est basé sur une volonté de mettre en avant les matières, les techniques, les démonstrations de savoir-faire, les innovations, les partages, les orientations et les transmissions de ces métiers de l’art et leurs réalisations pour notre patrimoine commun.

Pour les professionnels, ces journées sont une aubaine car elles permettent de  se faire connaître du public et par de possible futurs clients, de se développer économiquement, d’améliorer leurs visibilités grâce à la communication mise en œuvre et  d’échanger et partager avec les visiteurs.

Affiche "Les journées européennes des métiers d'art" - Crédits photos A.C

Affiche « Les journées européennes des métiers d’art » – Crédits photos A.C