Intervention en CF : ma réaction suite aux élections européennes du 25 mai 2014

Exprimée au sein du Conseil Fédéral du Parti Socialiste du Puy-de-Dôme du 28 Juin 2014

 Cher-es camarades,

 Je ne boude pas mon plaisir de voir des discussions sur l’Europe… même si, les trois-quarts du temps, elles ont lieu à 1 mois de l’élection, puis quelques jours après l’élection pour pleurer sur une défaite prévue depuis des mois et en faire seulement une défaite nationale, celle du gouvernement.

Il est vrai que l’Europe n’intéresse pas beaucoup les politiques sauf pour lui reprocher tous les maux ou avoir un maroquin en attente de mieux. En effet, selon le bilan du dernier mandat, les députés européens français font de nous la 21ème nation en termes de présence et l’une de celles qui produit le moins de rapport avec en moyenne 2 rapports par an.

Le Parlement Européen - Alina Zienowicz, CC BY-SA 3.0

Le Parlement Européen – Alina Zienowicz, CC BY-SA 3.0

Jamais nous ne parlons d’Europe en-dehors des élections alors qu’elle est présente tous les jours dans notre vie : 70% de nos lois sont issues de directives européennes, aides européennes (FEADER, FEDER, ERASMUS…). En revanche, nous allons reprocher aux médias de ne pas parler d’Europe et aux citoyens de ne pas s’y intéresser.

Le Véritable problème de l’Europe est le parisianisme des cadres français qui ne veulent pas défendre l’Europe et qui distribuent les postes “aux copains” sans respecter les règles. En effet, tant que nos listes ne seront pas composées d’europhiles issues des territoires, ayant pour seuls objectifs la défense des intérêts de tous les citoyens et l’unité du peuple européen permettant aux différentes spécificités locales de vivre ensemble, l’Europe sera rejetée.

Nos députés doivent, au-delà des clivages politiques, s’engager au quotidien au sein du Parlement Européen mais aussi, sur le terrain pour démocratiser et expliquer l’Europe. Et c’est pourquoi, je me félicite qu’un député comme Brice Hortefeux ait été refusé pour être vice-président du Parlement et une députée comme Isabelle Thomas soit devenue vice-présidente du groupe socialiste au Parlement.

Je pourrai être accusé de bonnes intentions si je ne m’engageais pas depuis plusieurs années pour promouvoir l’Europe que soit localement ou nationalement, comme par exemple la tribune que j’ai co-rédigé et parue dix jours avant l’élection dans le “Plus du Nouvel Obs”. Cette tribune, à la différence de la plupart des textes de bonne intention, avait des propositions simples et faciles à appliquer pour promouvoir l’Europe comme :

– la mise en place de réunions annuelles voir semestrielles sur le terrain pour expliquer l’action de L’Europe ;

– la mise en place d’actions de sensibilisation à l’Europe, en particulier sur sa culture riche et diverse ;

– le renforcement des dispositifs européens et leur popularisation auprès des personnes auxquels ils s’adressent ;

– une formation à l’Europe dans les écoles comme peut le faire le Mouvement Européen.

Exposition sur l'Europe organisée par le Mouvement des Jeunes Européens du Puy-de-Dôme - crédits A.C.

Exposition sur l’Europe organisée par le Mouvement des Jeunes Européens du Puy-de-Dôme – crédits A.C.

 Alors maintenant, espérons que le score des eurosceptiques le 25 mai dernier en Europe fera réagir les citoyens comme nos élus et non pas comme notre nouveau député européen, Jean-Paul Denanot : il s’est félicité que chez lui le FN ne faisait pas de très bons scores et qu’il se battra pour les intérêts des limousins. On aurait pu s’attendre à ce qu’il parle de l’ensemble des citoyens de l’Euro-circonscription Massif-Central-Centre et de manière général des intérêts de l’ensemble des européens…

Elections européennes : nos propositions pour vaincre l’euroscepticisme des Français

Tribune du 15 mai 2014 (à 10 jours des élections européennes) co-écrite et publiée dans Le Plus du Nouvel Observateur avec plusieurs jeunes secrétaires de section du Parti Socialiste

 LE PLUS. L’abstention et le vote eurosceptique gagnent du terrain. Selon un sondage TNS-Sofres, le Front national rassemble le plus d’intentions de vote pour les européennes. Et selon le baromètre Ipsos-Steria, seuls 36 à 40% des électeurs ont l’intention d’aller voter. Comment intéresser davantage les citoyens à l’Europe ? Dix jeunes socialistes* formulent quelques propositions.

Le 25 mai prochain, les citoyens européens seront appelés aux urnes pour élire leurs députés lors d’un unique tour. L’enjeu est de taille, c’est celui de la réorientation et de la relance de l’Europe sociale et progressiste qui manque tant.

Si les politiques d’austérité et le déclin social désespèrent, ils ne sont pas une fatalité. La poursuite du processus de démocratisation des instances politiques de l’Union lui donnera sans conteste la cohérence et la légitimité nécessaires à la mise en œuvre des orientations que les Européens auront choisies.

En effet, pour la première fois, le leader de l’exécutif européen (le président de la Commission européenne) sera issu de la future majorité constituée au Parlement européen.

 L’avenir de la France est lié à l’Europe

 Et pourtant… Pourtant, les Français, à l’instar de leurs voisins, doutent. Comment croire en l’Europe quand la classe politique s’en sert comme bouc émissaire dès qu’un problème est soulevé en France ? Comment croire en l’Europe quand certains de nos élus politiques s’en servent comme parachutes dorées en attendant de récupérer un mandat hexagonal ?

Comment croire en l’Europe quand des hommes et femmes politiques nous demandent de les élire alors même que certains d’entre eux ne sont que très rarement au Parlement ?

Comme a pu le révéler le classement VoteWatchEurope, la France se situe au 21e rang en termes de présence des élus au Parlement. Nos parlementaires produisent tout juste deux rapports par mandat.

Pour autant, n’oublions pas que l’Europe agit dans notre quotidien de Français : 70% de nos lois nationales sont régies par des directives européennes ; des dizaines de milliards d’euros sont investis en France à travers les fonds européens tel que le fonds européen de développement régional (FEDER), le fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) et le fonds social européen (FSE).

Depuis cette année, leur gestion a été transférée de l’État aux régions, permettant à ces fonds d’être en lien direct avec les politiques régionales et les projets de territoires et de se rapprocher au plus près du citoyen. Elle investit aussi sur la jeunesse avec la garantie jeunesse ou les programmes d’éducation-formation (ErasmusLeonardo Da Vinci…).

L’avenir de la France est lié au destin et à la construction de l’Europe. Mais paradoxalement, c’est au moment où l’on a le plus besoin de l’Europe, qu’elle est la plus décriée.

 Rendre plus lisible l’action de l’UE

 Par ailleurs, nous déplorons que son action ne soit pas suffisamment mise en avant. Cela ne peut que contribuer à amplifier l’abstention et le désintérêt des Français et plus largement des Européens pour cette élection (57% d’abstention en 2009, résultat qui risque d’être largement supérieur cette année).

À l’instar de mouvements européens qui ont pour but de démocratiser et d’expliquer l’Europe, nous ne nous satisfaisons pas de cette situation et prônons un véritable changement.

Les eurodéputés élus pour les cinq prochaines années ne doivent avoir comme seul objectif la défense des intérêts de tous les citoyens européens, afin de conserver cette unité qui permet aux différentes spécificités locales de vivre ensemble.

Pour cela, nous devons avoir des députés européens qui, au-delà des clivages politiques, s’engagent à être présents au Parlement européen et ce durant la totalité de leur mandat, que ce soit en session plénière ou en commissions, quand ils ne sont pas sur le terrain à prendre le temps d’expliquer les institutions européennes et les décisions prises en leurs seins aux citoyens de leur euro-région.

Grâce à des députés europhiles forts, accessibles, travailleurs, nous pourrons sans aucun doute améliorer l’image de l’Union européenne auprès des citoyens qui, en participant à son façonnement, ne peuvent que prendre conscience de son importance.

Nous, jeunes responsables, formulons des propositions qui pourraient contribuer à rendre plus lisible l’action de l’Union européenne :

 – Mise en place des réunions annuelles voire semestrielles sur le terrain pour expliquer l’action de l’Union européenne au quotidien.

– Mise en place d’actions de sensibilisation à l’Europe et à sa culture riche en diversité notamment auprès des jeunes.

– Renforcer les dispositifs européens et les faire davantage connaître auprès des publics intéressés.

– Faire du 9 mai, journée de la fête de l’Europe, un véritable événement coordonné entre les différents Etats membres.

Nous soutenons Martin Schulz

Nous souhaitons également que les médias organisent des débats plus réguliers sur l’Europe, ses politiques et l’action des députés européens (et pas seulement durant les quelques semaines précédant les élections européennes !).

Nous sommes atterrés face à l’attitude de France 2, chaîne du service public, qui refuse de diffuser les débats européens opposant les cinq candidats à la présidence de la Commission européenne, alors que l’information sur l’Europe et la promotion du débat démocratique font partie de ses missions de service public de l’audiovisuel. Nous souhaitons et espérons que France 2 reviendra sur sa décision et diffusera le débat le 15 mai prochain.

Nous soutenons ainsi la démarche d’Aurélie Filippetti, qui a saisi le CSA de cette question.

Nous, jeunes responsables du PS, comptons prendre toute notre place dans cette campagne européenne. Nous serons pleinement engagés sur nos territoires aux côtés de nos candidats aux élections européennes.

Nous estimons que ce n’est pas l’Europe qu’il faut remettre en cause mais bien celles et ceux qui la dirigent dans leur majorité actuelle, conservatrice et libérale, ou la conspuent, à l’image des formations politiques réactionnaires, d’extrême-droite, n’ayant pour toute arme que le populisme le plus abject.

C’est pourquoi nous espérons que pour ces cinq prochaines années, l’Union européenne changera de majorité et que nous pourrons montrer, à travers l’action que mènera Martin Schulz à la tête de la Commission européenne et la majorité socialiste au Parlement européen, qu’une autre Europe plus juste et plus proche de ses citoyens est possible.

Alors le 25 mai prochain : aux urnes, citoyens ! Choisissons notre Europe !

Signataires :

Baptiste Ménard, secrétaire de la section de Templeuve (Nord), délégué fédéral thématique au tourisme à la Fédération PS du Nord ; Anthony Courtalhac, secrétaire de la section de Romagnat (Puy-de-dôme), secrétaire fédéral aux réseaux sociaux à la Fédération PS du Puy-de-Dôme ; Mathieu Lemal, secrétaire de section adjoint de la section cantonale de Villeneuve-lez-Avignon, conseiller municipal de Rochefort-du-Gard ; Laurent Bouquet, secrétaire de la section de St Rémy en Bouzemont (Marne) ; Grégoire Ruhland, maire-adjoint de Tomblaine (Meurthe et Moselle) ; Anthony Leroy, secrétaire de la section de Pongibaud (Puy-de-Dôme), maire Adjoint de Bromont Lamothe ; Benoit Autereau, secrétaire de la section de Rebais La Ferté Gaucher (Seine et Marne) ; Julien Ranc, secrétaire de la section de Tassin la demi-lune (Rhône), conseiller municipal de Tassin la demi-lune ; Amin Mbarki, section de Montreuil (Seine Saint-Denis) ; Damien Thibault, secrétaire de la section du Pays Briançonnais (Hautes-Alpes)

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1201447-elections-europeennes-nos-propositions-pour-vaincre-l-euroscepticisme-des-francais.html