Trois questions à Jean-Paul BACQUET, député de la 4ème circonscription du Puy-de-Dôme

Chaque mois, je vais mettre en avant un acteur de la société (hommes ou femmes politiques, responsables d’association, entrepreneur-es) par le biais d’un article dénommé « Trois questions à ». Pour commencer cette série, j’ai proposé à Jean-Paul BACQUET, Député du Puy-de-Dôme, de répondre à mes trois questions à l’occasion des commémorations du 14 Juillet, auxquelles je l’ai accompagné. Bonne lecture !

  •  Jean-Paul BACQUET, tu es Député du Puy-de-Dôme et membre du Parti Socialiste. En quoi consiste ton mandat à l’Assemblée Nationale et sur ta circonscription ? Selon toi, quels sont les traits de caractères nécessaires pour bien remplir cette mission ?

 Le mandat de Député impose un suivi des dossiers à l’Assemblée Nationale et une présence dans l’hémicycle. Le mandat doit aussi s’accompagner d’un suivi des dossiers de la circonscription où l’on a été élu et d’une présence régulière dans les communes. Il s’agit donc d’un problème d’organisation du travail pour pouvoir définir un planning qui réponde aux demandes des maires et élus sur le terrain et aux exigences du groupe parlementaire socialiste pour faire passer les lois.

Il faut donc une bonne organisation de la permanence du député, une grande disponibilité du parlementaire, et un travail de préparation des dossiers en complémentarité entre la permanence locale et l’assistanat parlementaire à Paris.

JP Bacquet à l'inauguration d'une exposition au Vernet La Varenne - Crédit photos A.C.

JP Bacquet à l’inauguration d’une exposition au Vernet La Varenne – Crédit photos A.C.

  •  Je t’ai accompagné lors des cérémonies du 14 juillet 2015 dans trois communes de ta circonscription. Est-ce que tu pourrais me dire ce que représente cette cérémonie dans notre société ?

 Le 14 juillet, c’est la Fête Nationale. Ce devrait donc être une manifestation de commémoration des valeurs de la République – Liberté, Egalité, Fraternité -, de la Laïcité qui nous permet de vivre ensemble, de l’Ecole républicaine – gratuite obligatoire et publique –, de l’Etat de Droit et de la Démocratie.

Je note hélas que, mise à part l’aspect festif, on oublie souvent l’essence même de cette commémoration. Je suis très favorable à ce que la République continue à honorer ceux qui l’ont construite et ceux qui se sont battus, quelles que soient les circonstances, pour défendre la Liberté et l’Etat de Droit contre la barbarie, l’absolutisme et la loi du plus fort.

Défilé des militaires du 28ème Régiment de Transmissions et des sapeurs-pompiers lors de la cérémonie du 14 juillet à Issoire - Crédits photos A.C.

Défilé des militaires du 28ème Régiment de Transmissions et des sapeurs-pompiers lors de la cérémonie du 14 juillet à Issoire – Crédits photos A.C.

  • Toi qui a été un proche de François Mitterrand et un des premiers soutiens de François Hollande, comment vois-tu l’avenir en 2017 ?

 D’ici 2017, il y a encore près de deux ans de mandat présidentiel. Méfions-nous toujours de ceux qui font des pronostics anticipés que l’Histoire remet en cause.

Deux ans avant les élections présidentielles de 1981, Valérie Giscard d’Estaing était élu au premier tour. Deux ans avant les élections présidentielles de 1988, la gauche venait de perdre les législatives et était en situation difficile. Deux ans avant les élections présidentielles de 1995, Balladur était élu. Deux ans avant les élections présidentielles de 2002, Jospin était facilement élu. Deux ans avant les élections présidentielles de 2007, Ségolène Royal n’était pas encore candidate ! Deux ans avant les élections présidentielles de 2012, François Hollande est très mal placé pour être le candidat du Parti Socialiste !!!

Cela doit nous conduire à la sagesse. Au lieu de penser uniquement aux présidentielles, il faut agir pour réussir sur le chômage, le redressement financier de la France, l’école et l’accès aux soins, la lutte contre le terrorisme et le maintien de la France comme une grande nation.

Certes, les résultats tardent à être visibles mais des signes sur le marché de l’emploi, sur la croissance, etc., sont incontestablement favorables.

Il faut par contre que nous sachions sortir de nos égoïsmes et de nos corporatismes pour défendre un objectif commun : une meilleure justice sociale et une meilleure répartition des richesses dans notre Pays. Chacun doit juger sa situation non pas par rapport à lui-même mais par rapport à l’évolution de la France.

Sur le plan environnemental, j’espère que la COP 21 se conclura par des avancées sensibles.

Cérémonies du 8 mai : pour que l’Histoire ne se répète pas

Vendredi dernier, nous avons commémoré les 70 ans de la victoire des forces alliés sur le nazisme. Cette victoire fut celle de la liberté sur la dictature, celle de la tolérance sur le racisme et l’antisémitisme et celle des forces progressives sur les forces obscurantistes.

Force est de constater que la fête est un peu gâchée avec l’antisémitisme et le racisme, notamment accentué vers les musulman-es, qui refont surface.

En effet, l’extrême-droite nous a plus que jamais montrer son vrai visage lors de son triste défilé du 1er mai. Marine Le Pen a déversé un message de haine pire qu’à son habitude. Un discours qui a incité ses militants à se lâcher en violentant des journalistes ou en se transformant en milice en s’attaquant aux Femens. Ce jour là, c’est la liberté de la presse, la liberté d’expression et de manifester qui a été attaqué, ces libertés acquises grâce aux sacrifices de nombreux hommes et femmes français ou non, de toutes les confessions et de toutes les origines, que nous avons remercié en commémorant le 8 mai 1945.

Après le 11 janvier – événement manqué du soulèvement d’un peuple qui est fort quand il est uni dans sa diversité -, allons nous continuer à laisser monter cette intolérance dans notre société ? Le FN et ses partis frères européens disséminent petit à petit un virus. N’oublions pas que ces partis ne sont ni plus ni moins que les ancêtres des forces obscurantistes des années 30, celles qui ont entraîné la 2nde Guerre Mondiale. Ce virus va-t-il continuer à prospérer sans réactions?

Mémorial de la Déportation à Paris - crédits A.C.

Mémorial de la Déportation à Paris – crédits A.C.

Le 8 mai doit nous rappeler à nos mauvais souvenirs et ne pas oublier que l’Histoire peut toujours se reproduire si on ne chasse pas les indices d’une possible répétition. C’est dans ce sens que plus de 1.000 anciens combattants de la Résistance ont été décorés de la Légion d’honneur. Comme l’a rappelé notre Président de la République lors de son discours, “aujourd’hui, ce sont eux qui nous parlent de l’espérance de la Résistance, car la victoire du 8 mai n’a pas été la suprématie, la domination d’une nation sur une autre, elle a été la victoire d’un idéal sur une idéologie totalitaire.”

À quelques jours de la panthéonisation de 4 résistants qui étaient de vrais patriotes et qui se sont battus pour une France Libre, tolérante et ouverte sur le monde, nous nous devons de réagir. Cette panthéonisation sera le dernier événement de l’année pour rendre hommage à ces hommes et femmes morts pour la France, morts pour une Europe de la paix et un monde où l’on peut vivre tous ensemble.

Enfin, je me félicite  que François Hollande ait rendu hommage aux nombreux jeunes qui s’investissent dans le Concours National de la Résistance et de la Déportation. Il est important que le Président veuille démocratiser ce concours, comme je l’expliquais dans mon article de l’été dernier. Ce concours, auquel j’ai participé au lycée, permet aux enseignants mais aussi à des anciens résistants ou déportés de transmettre la mémoire de la Seconde Guerre mondiale aux nouvelles générations. A travers ces témoignages, c’est le sens de ce que doit être l’engagement pour l’intérêt général qui est illustré. Et comme l’a dit F. Hollande : “on passe beaucoup de concours dans sa vie, mais peut-être que le plus beau, c’est le Concours de la Résistance”.

Commémoration de Jean ZAY: Résistant et homme d’Etat

Photo de Jean Zay - Crédits photo Huffington Post

Photo de Jean Zay – Crédit photo Huffington Post

Hier avait lieu, à Clermont-Ferrand et Riom, la commémoration de l’assassinat de Jean Zay en 1940.

On doit à Jean Zay, grand ministre de l’Education et des Beaux-Arts de grandes avancées pendant cette belle période du Front Populaire.  Il est à l’initiative du prolongement de 13 à 14 ans de l’obligation de scolarisation et cela dès la rentrée scolaire 1936. Il est aussi à l’initiative de l’introduction de l’éducation physique en primaire, de la création des Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (CROUS), de l’organisation de la recherche scientifique pour créer en 1939 le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Comme ministre des Beaux-Arts c’est lui qui avait proposé l’idée de création du festival de Cannes ou qui souhaité encourager la création de bibliothèques mobiles.

En tant que ministre, il prônait l’esprit d’initiative et la favoriser en mettant en place des expérimentations comme cela a été fait pour l’éducation sportive à le primaire.

En tant qu’homme politique au sens large, c’était un grand républicain, un démocrate, un combattant de la première heure des inégalités. Il s’est notamment engagé à la Ligue française pour la défense des droits de l’homme et du citoyen, et a été responsable de la Ligue de l’enseignement.

Mais Jean Zay était surtout une personne qui croyait en l’intelligence des citoyens et leur civisme pour protéger la République. Dans cette période trouble où notre République est en grand danger, cela devrait pouvoir inspirer certains. Je pense notamment aux élus de droite de la ville de Riom qui ont refusé de participer à la commémoration de ce grand ministre et grand résistant mort pour la France.

Cet esprit patriote, loin de celui de l’extrême-droite, il l’a montré en septembre 1939 en démissionnant de son poste de ministre pour rejoindre l’armée française et protéger son pays. Il a démontré son amour pour la France lui qui pourtant à l’époque étant la cible de l’extrême-droite car juif et franc-maçon, lui qui a subi une violente campagne de presse du ministre de l’information du gouvernement de Vichy réclamant la mort du « juif Jean Zay ».

Il est important de ce rappeler cela car l’extrême-droite aujourd’hui essaie de cacher cette idéologie qui la caractérise et en développe une autre : la haine du musulman. Elle a beau vouloir se dédiaboliser, l’extrême-droite est mue par la haine de l’autre et joue sur les peurs des gens.

Jean Zay malgré la reconnaissance par ses responsables militaires de son courage et de son dévouement sera condamné par le tribunal militaire à Clermont-Ferrand comme déserteur à la déportation à vie et à la dégradation militaire alors que pour les mêmes faits Pierre Mendès-France sera « seulement » condamné à six ans de prison.

Jean Zay sera finalement incarcéré au quartier spécial de la maison d’arrêt de Riom où il pourra recevoir la visite de sa femme et de ses filles, dont l’une était présente hier soir pour les commémorations à Clermont-Ferrand et que j’avais pu croiser lors de la fête de la Libération d’Orléans cet été.

Il ne cherchera jamais à s’échapper et en grand optimiste et serviteur de l’Etat il travaillera sur de possibles réformes à mettre en place après la Libération.

Malheureusement le 20 juin 1944, trois miliciens le feront sortir de prison pour l’assassiner en plein bois à la carrière des Malavaux à Cusset dans l’Allier et le jetteront dans une faille en espérant qu’il ne soit jamais retrouvé. Il sera réhabilité de manière posthume en juillet 1945 et son corps sera retrouvé et identifié en 1947 permettant à la famille de l’inhumé décemment à Orléans, sa ville natale, où il fut député.

Cette commémoration de l’assassinat du grand homme d’Etat qu’il était, résistant mort pour la France, ne peut qu’être mise en perspective avec les évènements proches et nous montre que la seule issus possible est toujours la République et ses valeurs.

Le 27 mai 2015, sera un moment particulier, à quelques jours des 70 ans de la fin de la seconde guerre mondiale Jean Zay ainsi que trois autres résistants (Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion) verront leurs cendres transférées au Panthéon en signe d’hommage de la Nation à ces « grandes figures qui évoquent l’esprit de la résistance ».

Une commémoration du Centenaire de la Grande Guerre importante pour les Français

Commémoration du 11 novembre au Monument aux Morts de Romagnat - Crédits A.C.

Commémoration du 11 novembre au Monument aux Morts de Romagnat – Crédits A.C.

Comme chaque année, j’ai participé aujourd’hui, 11 novembre, à la commémoration de l’armistice de la Première Guerre Mondiale, à Romagnat.

Nombreux enfants aux commémorations du 11novembre - Monument aux Morts de Romagnat - crédits A.C.

Des enfants aux commémorations du 11novembre – Monument aux Morts de Romagnat – crédits A.C.

 Cette année, elle avait un parfum particulier pour les participants, beaucoup plus nombreux que d’habitude pour les commémorations de la République Française. En effet, cette commémoration a lieu lors de la première année du Centenaire de la Grande Guerre, année de lancement de quatre ans de commémorations fortes autour de la Premier Guerre Mondiale.

Les Romagnatois-es se sont déplacé-es nombreux-ses et en famille pour cette commémoration qui, depuis le début de l’année, a été fortement suivie et a intéressé les familles puydômoises et françaises.

Cet intérêt pour les commémorations de la Grande Guerre a commencé notamment par la participation de tous à une « Grande collecte 1914-1918 » organisée en novembre 2013 auprès des particuliers. Celle-ci a été lancée pour récupérer les traces et objets des français ayant participé de près ou de loin à la Première Guerre Mondiale. Ces documents sont récupérés ou numérisés par les Archives Départementales des Conseils généraux afin de pouvoir ensuite témoigner dans les années à venir sur cette guerre totale et atroce qui fit entrer complètement la France dans le XXème siècle.

Cette première année de commémoration du Centenaire de la Grande Guerre est une véritable réussite. Elle a permis aux Français de se replonger dans leurs histoires personnelles mais surtout de se rassembler autour de l’Histoire. Cette journée se termine d’ailleurs par l’inauguration de l’« Anneau de la Mémoire » dans le Nord-Pas-de-Calais par le Président de la République. Ce mémorial porte les noms, sans distinction de nationalité ou de religion, de 579.606 soldats tombés dans la région, qu’ils soient français, britanniques, allemands, etc. ou même népalais. C’est un véritable symbole d’unité, réunissant des soldats de toutes origines dans une « fraternité posthume ».

Cette inauguration est un véritable message dans la période actuelle, où cent ans après, des conflits refont surface en Europe de l’Est et où les extrêmes se font de plus en plus pressants. Nous devons, plus que jamais, nous rappeler les leçons de cette guerre mais aussi de la Seconde Guerre Mondiale car, comme François Hollande le dit en ce jour de commémoration, « s’il y a pu y avoir une deuxième guerre, il peut en avoir une troisième ».

70 ans de la Libération de Clermont-Ferrand: un devoir de mémoire pour que cela ne se reproduise plus jamais

Article publié sur facebook le 27 août 2014

Aujourd’hui avait lieu à la commémoration des 70 ans de la libération de Clermont-Ferrand, à laquelle j’étais présent.

Commémoration de la Libération de Clermont-Ferrand - crédits A.C.

Commémoration de la Libération de Clermont-Ferrand – crédits A.C.

La population clermontoise s’est déplacée nombreuse et notamment beaucoup de jeunes. Ces jeunes, qui sont souvent décriés, qui soit disant ne s’intéressent à rien, étaient pourtant présents pour commémorer, au-delà de la Libération, la lutte contre l’intolérance, le racisme que certains essaient de propager même 70 ans après. Comme quoi, nous les jeunes, nous nous intéressons au passé pour préparer notre avenir.

 A titre personnel, j’ai eu la chance il y a quelques années de participer au concours national de la Résistance et de la Déportation. A l’issu du concours, le comité départemental, qui l’organisait dans le Puy-de-Dôme, a récompensé quelques participants, dont je faisais partie, en nous accompagnant au Mont Mouchet (Haute-Loire), un haut lieu de Résistance dans la région. Ce fut un moment privilégié pour parfaire ma connaissance de cette Histoire, notre Histoire.

 Je ne peux que souhaiter qu’en cette année de commémoration, ce devoir de mémoire, de transmission de l’histoire de notre pays et de l’Europe soit rendu accessible au plus grand nombre et que de nombreux autres jeunes aient la chance que j’ai eu de pouvoir approfondir mes connaissances sur ce dramatique pan de notre Histoire commune. C’est pourquoi, je suis pour que ce concours national de la Résistance et de la Déportation soit démocratisé et non plus seulement proposer par certains enseignants.

 Je souhaite que les collectivités et l’Etat soutiennent les associations mémorielles afin qu’elles interviennent dans les écoles pour sensibiliser les jeunes. Je pense aussi que les pouvoirs publics, doivent soutenir les voyages scolaires organisés sur des lieux de mémoire, permettant une meilleure compréhension et assimilation de l’Histoire. Enfin, je fais le vœu que les enseignants se mobilisent et soient soutenus pour accompagner leurs élèves aux différentes commémorations, même un jour férié.