Jean Moulin, le symbole de la résistance contre l’abomination nazi

Il y a une semaine, une grande femme, accompagnée de son mari, a fait son entrée au Panthéon pour son engagement pour l’IVG mais aussi pour son histoire tragique lors de la seconde guerre mondiale et son combat pour la construction européenne afin que cela ne soit plus possible.

Elle a rejoint une personne indissociable de la seconde guerre mondiale et de la résistance : Jean Moulin.

Jean Moulin

Jean Moulin – 1er président du CNR et symbole de la Résistance

Hier, nous commémorions ce grand résistant mort pour la France et sa République, le 8 juillet 1943.

Dans cette période trouble où notre République est en danger, cela devrait pouvoir inspirer certains.

Cet esprit patriote, loin de celui de l’extrême-droite, il l’a montré en 1940 en voulant quitter son poste de préfet pour monter au front et, par la suite, en rentrant dans la clandestinité, comme tout résistant.

Cette personnalité fondamentalement de gauche, bras droit de De Gaulle sur le territoire français, Premier chef du Conseil National de la Résistance, compagnon de lutte de résistants connus tels que Brossolette ou Aubrac… Il a démontré son amour pour la France lui qui aurait pu, comme nombre de français être passif et, comme certains préfets, en appliquant la politique du gouvernement de Vichy pro-nazi.

Malheureusement le 7 juillet 1943,  après des semaines de torture infligée par la Gestapo de Klaus Barbie, il décédera de ses blessures dans un train le déportant en Allemagne.

Crypte du déporté inconnu

Crypte du déporté inconnu – Mémorial des martyrs de la Déportation – Crédits A.C

Étant sur Paris samedi pour une réunion, j’ai souhaité faire un détour par le Mémorial des martyrs de la Déportation sur l’Île de la Cité. Cela faisait depuis 2016 que je n’y étais pas allé et je tiens à remercier le Président Hollande, du travail fait pour développer ce lieu de mémoire et sensibiliser le plus grand nombre. En effet, au-delà du monument où un déporté inconnu est inhumé il y a une exposition qui explique le parcours indéfinissable de la déportation, de la survie dans les camps de concentration, les camps de travail et  les camps d’extermination.

Il est important de se rappeler cela car l’extrême-droite, qui progresse en Europe d’élection en élection, commence à voir certains responsables politiques de droite courir après son idéologie.

Cette commémoration de Jean Moulin, figure la plus célèbre de la Résistance, mort pour la France, ne peut qu’être mise en perspective avec les évènements proches et nous montre que la seule issue possible est toujours la défense de la République et de ses valeurs.

Enfin, au-delà de Jean Moulin qui en fut l’incarnation tant par son nom que par une photo devenue célèbre de lui, je revendique que nous devons tout faire pour ne pas oublier ces héros de l’ombre, ses résistants connus ou inconnus qui ont permis par leur sang d’avoir la liberté de la France et de l’Europe.

Ce devoir de mémoire passe par différentes actions : être présents aux commémorations, inciter au passage de témoins des quelques résistants et déportés encore en vie et surtout à une nécessaire documentation sur les exactions commises lors de la Seconde guerre mondiale. En ce sens, je vous invite à voir plus particulièrement « Frania, mémoire vivante des camps » documentaire de France 2 diffusé lors de la panthéonisation de S.Veil. Il sensibilisera n’importe qui aux abominations que l’Homme peut commettre. Pour ma part, malgré toutes mes connaissances sur ce thème de la 2nde Guerre mondiale j’ai pris une grande claque émotionnelle face à ce témoignage.

Citation Sartre sur la déportation

Citation de J-P Sartre – Mémorial des martyrs de la Déportation – Crédits A.C

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103ème commémoration du génocide du peuple arménien

Le 24 avril dernier, j’ai participé, comme chaque année, à la commémoration du génocide du peuple arménien perpétré par la Turquie. Il est pour moi important d’être présent chaque année aux cotés des Arméniens et des Français d’origine arménienne. Le négationnisme turc face à ce génocide est une vraie souffrance pour eux, qui se battent pour qu’enfin il soit reconnu.

20180428_132908.jpgCette année, on m’a demandé d’intervenir en tant que Président des Jeunes Européens Auvergne. J’ai donc pu rappeler la position européenne sur ce génocide. Vous trouverez ci dessous le discours que j’ai pu prononcé.

 Mon discours :

C’est toujours un plaisir d’être présent à vos cotés en ce 24 avril 2018, jour de commémoration du début du génocide du peuple arménien. D’autant plus un plaisir quand je vois le chemin parcouru depuis 2011, date à laquelle j’ai commencé à être présent. En effet jusqu’à 2013, le lieu de commémoration était place de Jaude. Depuis 2014, une plaque mémorielle a été installée dans ce square de la place Vignerons où nous nous réunissons dorénavant. Je tiens d’ailleurs à remercier l’association Rencontres et culture arménienne Région Auvergne et ses membres sans qui cela n’aurait pas été possible ainsi que la Ville de Clermont-Fd.

En ce jour, je tiens à exprimer mon empathie et ma solidarité avec le peuple arménien. En tant qu’humanistes et européens, il est de notre devoir de méditer cette terrible leçon de l’histoire, au moment où beaucoup sont tentés de stigmatiser de nouveaux boucs émissaires, les juifs pour certains, les musulmans pour d’autres ou encore les réfugiés comme on a pu le voir le weekend dernier avec l’évènement de l’extrême-droite dans les Alpes.

Ma position n’est pas une position des « pour » face aux « contre », mais une position humaniste, d’un citoyen-monde qui n’accepte pas que le devoir de mémoire et de vérité ne puisse se faire dans ce coin du monde quand il a été possible, relativement rapidement, en Europe (Seconde Guerre Mondiale) ou en Afrique (Rwanda).

Cela permettra, dans ces temps troubles où l’histoire a tendance à se répéter avec sa vague d’intolérance, de rappeler les risques que le monde et l’Europe court par aveuglement.

D’ailleurs, je tiens à rappeler que l’UE a officiellement reconnu le génocide arménien en 1987, mais ce n’est pas le cas de la majorité des Etats membres. Seuls 11 d’entre eux l’ont fait par le biais d’une loi ou d’une résolution du Parlement et le débat se poursuit dans d’autres pays.

Le 15 avril 2015, à quelques jours du centenaire du génocide, malgré les énormes pressions du gouvernement turc, le Parlement européen avait entériné par un vote la date du 24 avril comme date anniversaire et commémorative du génocide des arménien de 1915. Cette résolution avait aussi pour objectif de demander à la Turquie de le reconnaitre rapidement en se saisissant de l’occasion du centenaire du génocide pour aller jusqu’au bout du travail de mémoire.

J’en terminerai par une citation d’un grand homme, européen et pacifiste, Jean Jaurès qui disait que : « l’Humanité ne peut dormir avec, dans sa cave, le cadavre d’un peuple assassiné ».

 

27 mai : N’oublions pas les résistants et déportés de la 2nde Guerre Mondiale!

Que ce soient dans les médias ou pour les politiques, la Journée nationale de la Résistance et de la Déportation qui avait lieu le 27 mai est passée inaperçue.

Logo antifasciste Trois Flèches de la SFIO - crédits OURS

Logo antifasciste Trois Flèches de la SFIO – crédits OURS

Pour en entendre un peu parler, il a fallu que Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes s’attaque lâchement, quelques jours avant cette journée à un haut lieu de mémoire régional. En effet, sans la mobilisation citoyenne, la subvention de la Maison d’Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés aurait été fortement amputée, mettant à mal sa mission d’information sur les crimes contre l’Humanité.

Difficile dans ces conditions d’intéresser et sensibiliser la population à l’horreur de 39-45 qu’a conduit le développement de l’intolérance, du racisme et de l’obscurantisme dans toute l’Europe.

Toutes parallèles avec la période actuelle où la montée des extrémismes et de la division de la patrie et du vivre ensemble européen par des nationalismes, vautour de la République est fortuite.

Ces hommes et ces femmes, ouvriers et paysans qui se sont battus, chacun à leur manière, contre le nazisme et la collaboration méritent tout notre respect et par conséquent notre mobilisation pour honorer leurs mémoires et leurs sacrifices, que ces derniers n’aient pas été faits en vain.

Certes, certains chanceux, dont j’ai fait partie, ont pu être sensibilisés à la seconde guerre mondiale, ainsi qu’à la résistance et à la déportation qui en ont découlés en participant comme lycéen au Concours national de la Résistance et de la Déportation. Cette expérience privilégiée m’a permis de parfaire ma connaissance de cette Histoire, notre Histoire.

Cette date du 27 mai est symbolique car elle correspond à la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR) qui s’est déroulée le 27 mai 1943. Ce conseil, à l’initiative de Jean Moulin, avait pour but d’unifier les divers mouvements de Résistance, souvent désorganisés et cloisonnés, et de coordonner l’action de la Résistance pour libérer la France et les pays européens du fléau nazi. Le but de cette journée est de rendre hommage à ceux qui ont résisté à l’oppression mais c’est aussi l’occasion d’une réflexion sur les valeurs de la Résistance et celles portées par le programme du Conseil national de la Résistance tel que : le courage, la défense de la République, la solidarité, la tolérance et le respect d’autrui.

Enfin, dans cet objectif de mémoire et de transfert aux générations futures de cette période, une collecte de témoignages et de documents concernant les Justes du Puy-de-Dôme est menée par Les Archives Départementales, le Rectorat de Clermont, l’Université Clermont-Auvergne et le Centre culturel Jules Isaac. L’objectif est de relayer ces témoignages et de faire sortir de l’anonymat de nombreux français qui ont été acteurs du sauvetage d’un ou plusieurs juifs.

Cette collecte s’avère urgente au vu de la disparition des personnes pouvant témoigner ou transmettre le témoignage d’un de leur aïeul. Elle est d’autant plus essentielle pour améliorer la connaissance des spécificités locales de résistances et de sauvetage des personnes opprimées durant la Seconde Guerre Mondiale pour entretenir cette vigilance à la non reproduction de cette période noire.

Entrée du Camp d'extermination d'Auschwit

Journée de la mémoire de l’Holocauste : n’oublions pas notre passé !

Hier avait lieu la journée de la mémoire de l’Holocauste et de la prévention des crimes contre l’Humanité. Elle symbolise aussi le jour de la fermeture du camp, tristement célèbre, d’Auschwitz.

Cette journée est passée malheureusement inaperçue pour bien des citoyens car les médias étaient obnubilés par la démission de la garde des Sceaux Christiane TAUBIRA et sur son hypothétique candidature en 2017.

Entrée du camp d’extermination d’Auschwitz

Il est vrai qu’une journée de mémoire est beaucoup moins sensationnelle et vendeur que la démission d’une ministre. Mais avec ces temps troubles qui se dessinent depuis des mois et où l’histoire des années 1930 a l’air de se répéter (forte montée de l’intolérance et de racisme, tendance sécuritaire), ces rappels du risque que court la France, l’Europe mais aussi le Monde, n’aurait fait de mal à personne, bien au contraire.

Je pense qu’il est urgent de faire vivre cette mémoire des horreurs du passé. Il faut expliquer cette période sombre de l’Histoire, à travers notamment les histoires de survivants et de résistants qui ont permis de sauver de nombreuses vies au péril de la leur. En Auvergne, par exemple, il ne reste plus que trois « Justes parmi les nations »  sur les 197 médaillés.  Certes, ces survivants se font de plus en plus rares mais les derniers, malgré la difficulté à parler de l’impensable, souhaitent le faire alors écoutons-les !

En effet, comme le disait Elie WIESEL, « Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l’oubli ». Il nous faut donc agréger ces mémoires personnelles pour alimenter la mémoire collective déjà existante.

Cette journée a aussi pour objectif de faire de la prévention et de lutter contre les murs que certains essaient de dresser entre les peuples, et en particulier en Europe. Entre rejet des réfugiés qui fuient leurs pays en guerre et montée des actes racistes – toutes religions et catégories de personnes confondues -, l’Europe est très malade et la France n’échappe pas à cette « bête noire » qui s’incruste partout.

Pour ma part, je me replongerai ce weekend dans cette histoire sombre de notre pays et de l’Europe en allant notamment au mémorial de la Shoah à Paris. J’incite le plus grand nombre à se rendre dans les musées, les mémoriaux mais aussi en ouvrant des livres ou regardant des documentaires historiques pour se souvenir et agir avant qu’il ne soit trop tard pour le bien vivre-ensemble qui fait la force de la France.

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Racisme – Le Bruit et la Fureur

Trois questions à Jean-Paul BACQUET, député de la 4ème circonscription du Puy-de-Dôme

Chaque mois, je vais mettre en avant un acteur de la société (hommes ou femmes politiques, responsables d’association, entrepreneur-es) par le biais d’un article dénommé « Trois questions à ». Pour commencer cette série, j’ai proposé à Jean-Paul BACQUET, Député du Puy-de-Dôme, de répondre à mes trois questions à l’occasion des commémorations du 14 Juillet, auxquelles je l’ai accompagné. Bonne lecture !

  •  Jean-Paul BACQUET, tu es Député du Puy-de-Dôme et membre du Parti Socialiste. En quoi consiste ton mandat à l’Assemblée Nationale et sur ta circonscription ? Selon toi, quels sont les traits de caractères nécessaires pour bien remplir cette mission ?

 Le mandat de Député impose un suivi des dossiers à l’Assemblée Nationale et une présence dans l’hémicycle. Le mandat doit aussi s’accompagner d’un suivi des dossiers de la circonscription où l’on a été élu et d’une présence régulière dans les communes. Il s’agit donc d’un problème d’organisation du travail pour pouvoir définir un planning qui réponde aux demandes des maires et élus sur le terrain et aux exigences du groupe parlementaire socialiste pour faire passer les lois.

Il faut donc une bonne organisation de la permanence du député, une grande disponibilité du parlementaire, et un travail de préparation des dossiers en complémentarité entre la permanence locale et l’assistanat parlementaire à Paris.

JP Bacquet à l'inauguration d'une exposition au Vernet La Varenne - Crédit photos A.C.

JP Bacquet à l’inauguration d’une exposition au Vernet La Varenne – Crédit photos A.C.

  •  Je t’ai accompagné lors des cérémonies du 14 juillet 2015 dans trois communes de ta circonscription. Est-ce que tu pourrais me dire ce que représente cette cérémonie dans notre société ?

 Le 14 juillet, c’est la Fête Nationale. Ce devrait donc être une manifestation de commémoration des valeurs de la République – Liberté, Egalité, Fraternité -, de la Laïcité qui nous permet de vivre ensemble, de l’Ecole républicaine – gratuite obligatoire et publique –, de l’Etat de Droit et de la Démocratie.

Je note hélas que, mise à part l’aspect festif, on oublie souvent l’essence même de cette commémoration. Je suis très favorable à ce que la République continue à honorer ceux qui l’ont construite et ceux qui se sont battus, quelles que soient les circonstances, pour défendre la Liberté et l’Etat de Droit contre la barbarie, l’absolutisme et la loi du plus fort.

Défilé des militaires du 28ème Régiment de Transmissions et des sapeurs-pompiers lors de la cérémonie du 14 juillet à Issoire - Crédits photos A.C.

Défilé des militaires du 28ème Régiment de Transmissions et des sapeurs-pompiers lors de la cérémonie du 14 juillet à Issoire – Crédits photos A.C.

  • Toi qui a été un proche de François Mitterrand et un des premiers soutiens de François Hollande, comment vois-tu l’avenir en 2017 ?

 D’ici 2017, il y a encore près de deux ans de mandat présidentiel. Méfions-nous toujours de ceux qui font des pronostics anticipés que l’Histoire remet en cause.

Deux ans avant les élections présidentielles de 1981, Valérie Giscard d’Estaing était élu au premier tour. Deux ans avant les élections présidentielles de 1988, la gauche venait de perdre les législatives et était en situation difficile. Deux ans avant les élections présidentielles de 1995, Balladur était élu. Deux ans avant les élections présidentielles de 2002, Jospin était facilement élu. Deux ans avant les élections présidentielles de 2007, Ségolène Royal n’était pas encore candidate ! Deux ans avant les élections présidentielles de 2012, François Hollande est très mal placé pour être le candidat du Parti Socialiste !!!

Cela doit nous conduire à la sagesse. Au lieu de penser uniquement aux présidentielles, il faut agir pour réussir sur le chômage, le redressement financier de la France, l’école et l’accès aux soins, la lutte contre le terrorisme et le maintien de la France comme une grande nation.

Certes, les résultats tardent à être visibles mais des signes sur le marché de l’emploi, sur la croissance, etc., sont incontestablement favorables.

Il faut par contre que nous sachions sortir de nos égoïsmes et de nos corporatismes pour défendre un objectif commun : une meilleure justice sociale et une meilleure répartition des richesses dans notre Pays. Chacun doit juger sa situation non pas par rapport à lui-même mais par rapport à l’évolution de la France.

Sur le plan environnemental, j’espère que la COP 21 se conclura par des avancées sensibles.