Tournée Jeunesse à Clermont-Ferrand : un séminaire réussi !

Café-débat 2 - TJ JE - Crédits photo A.C

Café-débat 2 – TJ JE – Crédits photo A.C

Après la Tournée Jeunesse l’année dernière dans la capitale des Gaules, c’était à la section Auvergnate des Jeunes Européens – France d’accueillir, les 8 et 9 octobre 2016, à deux pas du plateau de Gergovie, l’ensemble des sections de la nouvelle grande région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce fut l’occasion de faire mieux connaître l’association de manière joviale et chaleureuse aux membres mais aussi aux citoyens !

Ce séminaire régional a été l’occasion de dynamiser la petite section auvergnate et de lancer véritablement son année militante.

Dès leur arrivée le samedi, les participants ont commencé par des formations détendues à travers trois ateliers : Europe pour les jeunes, militantisme – tour de table des activités et de la gestion de projet à venir.

Visite de la ferme Bellonte - TJ JE - Crédits photo A.C

Visite de la ferme Bellonte – TJ JE – Crédits photo A.C

S’en est suivi une visite de la ferme Bellonte à Saint-Nectaire, pour découvrir la fabrication du Saint-Nectaire et les différentes aides et règlementations européennes qui s’y appliquent pour aborder de manière concrète la relation Europe et agriculture.

Puis nous sommes redescendus à Clermont-Ferrand pour le café-débat sur  « le Brexit et ses conséquences » qui avait lieu en présence de Chloé Fabre (ancienne présidente des Jeunes Européens France), et Jean-Marin Serre (doyen de l’Ecole de Management de Clermont-Ferrand). Deux introductions qui ont très rapidement ouvert le débat sur de nombreuses questions et interactions tant dans les domaines économiques, sociaux et politiques qu’entrainerait une sortie dure ou plus douce de la Grande-Bretagne de l’Europe. La qualité des échanges a donné une bonne appréciation d’ensemble pour ce premier café-débat de l’année et a débouché sur des réflexions pour une Europe plus démocratique.

Café-débat - TJ JE - Crédits photo A.C

Café-débat – TJ JE – Crédits photo A.C

Le programme matinal du dimanche, était chargé, avec une action de rue au marché d’Aubière, plus grand marché dominical du Puy-de-Dôme, pour récolter les avis des Puydomois sur le Brexit.

Enfin, nous avons fait le bilan de la Tournée Jeunesse : très positif de la part de l’ensemble des membres des trois sections, autour d’un pique-nique fleurant bon le terroir.

Atelier formation EPJ - TJ JE - Crédits photo A.C

Atelier formation EPJ – TJ JE – Crédits photo A.C

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Trois questions à Elisabeth BELLONTE, de « la ferme Bellonte »

Le 27 mars avait lieu la journée mondiale du fromage, j’ai donc souhaité mettre en avant l’exploitation « la Ferme Bellonte » qui produit depuis 8 générations un des meilleurs Saint Nectaire fermier.

Elisabeth Bellonte

Elisabeth Bellonte

Elisabeth BELLONTE, une des petites filles de la famille, qui fait visiter la ferme Bellonte et les caves aujourd’hui et qui faisait la traite des vaches et les fromages étant plus jeune a bien voulu se prêter au jeu des questions réponses.

Bonne lecture!

 

  • Babeth, peux-tu nous présenter le village et donc par extension son rapport au fromage ?

Farges, avec ses vingt habitants – dont une partie de la famille Bellonte – et ses 120 vaches, est un des douze villages de la commune de Saint-Nectaire.

Avant, il y avait trois fermes. Aujourd’hui, les autres ayant arrêté, il ne reste que la ferme Bellonte. Le fromage Saint-Nectaire fermier se produit ici depuis des siècles. Quant à notre famille, elle est implantée au village de Farges depuis 1663!

La commune de Saint-Nectaire est connue car elle porte le même nom que le fromage mais aussi pour son patrimoine exceptionnel : une  église romane majeure, du patrimoine thermal, des dolmens …

 

La ferme Bellonte de St Nectaire - crédits photos TBlanc

La ferme Bellonte de St Nectaire – crédits photos TBlanc

  • Quelques jours après la journée mondiale du fromage, peux-tu nous parler de ton activité, de l’exploitation et ses spécificités? Que représentent les fromages pour toi ?

Notre activité, c’est le fromage. Ici, tout tourne autour du Saint-Nectaire. Nous élevons 120 vaches de race montbéliardes pour une chose : transformer, après chaque traite, leur lait en Saint Nectaire chaque jour, et cela matin et soir.

L’activité du village est rythmée par la traite et la fabrication car ce fromage se fait au lait cru, entier et naturellement chaud. Nous devons donc le fabriquer directement après la traite quand le lait est encore chaud. Tous les jours à la même heure, mes cousins traient les vaches. Puis, dès que le lait a caillé, ma tante fabrique les fromages.  Nous vivons donc à l’heure des vaches pour ne pas perturber leur rythme biologique, nous restons à la même heure toute l’année … L’heure des vaches !

Il en est de même pour les visiteurs qui viennent visiter aux heures d’activités agricoles : tôt le matin ou en milieu d’après-midi depuis les années 1980. En effet, c’est à cette époque que mes grands-parents, Émile et Bernadette, ont commencé avec leurs enfants à ouvrir la ferme aux visiteurs. Aujourd’hui, la ferme est véritablement  ouverte aux public entre les visites de la ferme et les visites des Mystères de Farges (anciennes habitations troglodytiques servant aussi de caves d’affinage).

  • Enfin, j’aimerais te demander ton avis sur cette crise agricole, et notamment de l’élevage, qui dure maintenant depuis de nombreuses années. Peut-on en sortir durablement et comment?

Le véritable problème est qu’on savait bien que la surproduction ne serait pas la solution.

Aujourd’hui, plusieurs voies sont possibles pour les paysans mais la voie productiviste suivie par beaucoup ne peut être la solution que pour certains.

Maintenant, pour faire face à cette crise il est nécessaire que certains réorientent leur façon de produire, notamment vers des circuits courts et de la vente directe. Mais cela peut passer aussi par une diversification de l’activité et des exploitations à travers le tourisme vert, l’accueil et les visites des exploitations et enfin par de l’hébergement.

Mystères de Farges - Crédits photos TBlanc

Mystères de Farges – Crédits photos TBlanc

 

 

La ruralité : territoires d’avenir

Tribune du 20 novembre 2014 co-écrite et publiée dans Le Huffington Post avec plusieurs jeunes responsables fédéraux du Parti Socialiste, militants et sympathisants socialistes.

La réorganisation territoriale de la République est au cœur de l’actualité politique. Les différents projets portés par le Gouvernement témoignent de cette ambition d’adapter nos territoires aux nouveaux défis propres au XXIe siècle.

La tenue des Assises de la Ruralité cet automne, laisse augurer que tout est réuni pour mener une vraie politique en faveur de la ruralité.

Si nous pouvons parler de la ruralité, avec simplicité et aisance, c’est parce que nous en sommes issus. Nous connaissons ses atouts. Nous regrettons ses faiblesses et souhaitons y apporter des remèdes.
Cette ruralité, trop souvent appréhendée (à tort) comme un frein à toutes réformes dans notre pays, doit être placée sur le devant de la scène avec cette nouvelle réorganisation territoriale. Ce sont bien les territoires ruraux qui sont au cœur de la montée en puissance des structures intercommunales. Ces dernières sont une source d’énergie essentielle pour bon nombre de communes françaises.

L’intercommunalité doit permettre une synergie entre des communes urbaines, semi-urbaines et des communes rurales. Nous l’observons au quotidien dans nos départements. Aujourd’hui, quelle est la marge de manœuvre d’un maire d’une commune de moins de 1000 habitants, dans la mise en place d’une politique publique efficace ? Très faible. Aussi, nous sommes pleinement conscients qu’une harmonisation intercommunale est primordiale afin que nos territoires ruraux continuent à se développer
L’enjeu majeur, à l’heure actuelle, est de lutter contre le sentiment d’abandon de certains citoyens vivant dans les zones rurales ou périurbaines. Le meilleur outil de lutte passe par une remise à plat de nos politiques publiques.

En effet, les territoires ruraux ont des difficultés similaires à celles rencontrées dans les banlieues urbaines par exemple, mais sans toutefois revêtir les mêmes spécificités. Nous devons donc « réfléchir global et agir local ».

Nous sommes profondément attachés à l’esprit et aux valeurs républicaines du Service Public. Nous ne voulons pas connaître un Service Public à deux vitesses : un Service Public de performance dans les zones urbaines et un Service Public minimum dans les territoires ruraux.

Nous érigeons en principe l’égalité d’accès au Service Public de la République. Cette belle idée est la condition sine qua none à toute survie du monde rural. Bien souvent, une école qui ferme, c’est un village qui meurt !

Nous devons aussi observer et nous inspirer de l’ensemble des initiatives locales mises en place par les acteurs des territoires que nous oublions souvent. Grâces à ces actions, certains territoires sont devenus des pôles d’excellence, des laboratoires d’idées pour les citoyens de demain, et deviennent de plus en plus attractifs comme cela peut être le cas avec l’Auvergne présentée comme la nouvelle « Silicon Valley ».

En effet, toutes les campagnes françaises ne peuvent être reconverties dans le tourisme, il faut revitaliser ces lieux, faire confiance, donner les moyens aux citoyens ruraux d’agir pour le redressement du pays.

C’est pourquoi, jeunes responsables socialistes, nous formulons des propositions qui pourraient contribuer à une ruralité du 21ème siècle, fer de lance de la France d’avenir grâce à des territoires forts:

  • Soutenir la création des maisons de Service Public. Elles ont le double avantage, d’une part, de faciliter l’accès aux Services Publics au plus près des citoyens français, et d’autre part, de proposer une forme de « guichet unique », tant plébiscité par nos concitoyens.
  • Assurer un vrai Service Public de transports en investissant d’avantage dans les liaisons régulières (TER ou bus) mais aussi en soutenant le covoiturage par la création d’aires dédiées ;
  • Mettre en place un véritable maillage territorial en maison de santé, lieu rassemblant différents corps de métiers médicaux (médecins, kinés, infirmiers, pharmaciens…). Ceux-ci sont plébiscité tant par le corps médical que par les citoyens !
  • Obliger les nouveaux médecins à effectuer leur début de carrière dans une zone marquée par la désertification médicale.
  • Développer les centres de télétravail dans les zones rurales permettant aux artisans et professions libérales de pouvoir rester ou de s’implanter dans nos territoires. Cela passe aussi par la mise en place de formateurs dans ces centres.
  • Inciter à faire du vieillissement des zones rurales un atout économique et créateur d’emplois : la « Silver Economy » est, pour nous, l’avenir de ces territoires. Il s’agit d’encourager les innovations qui feront reculer la perte d’autonomie. Amplifier l’accès au Très Haut Débit (THD) partout sur les territoires en incitant les intercommunalités à axer leurs politiques publiques sur un soutien aux nouvelles technologies et à l’économie numérique. La ruralité peut être aussi 2.0.
  • Inciter les communes à mettre en place un commerce municipal au cas où l’initiative privée ferait défaut.
  • Lancer une politique rurale forte en termes d’isolation thermique des bâtiments, à l’échelle nationale. En effet les premières victimes de la précarité énergétique sont les habitants des zones rurales.
  • Inciter et aider les agriculteurs à installer sur leurs exploitations des énergies renouvelables (ex : panneaux photovoltaïques sur les toits de leurs fermes, méthanisation des vaches…).
  • Inciter au rassemblement des agriculteurs en coopératives que ce soit en termes d’installation et de matériels agricoles mais aussi en termes de vente de leurs produits permettant une mutualisation des moyens.
  • Valoriser et développer les circuits-courts à travers les collectivités territoriales. Elles devront aider entre-autres au développement des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP). Les collectivités territoriales et l’Etat devront le plus possible se fournir en circuits-courts pour les restaurations qu’elles gèrent.

Nous jeunes responsables socialistes, avons le devoir de se faire les porte-paroles des habitants, des citoyens qui se sentent abandonnés par nos gouvernants, par notre République, et qui, parfois, expriment leur désarroi par un vote en faveur des partis extrêmes pour faire entendre leurs inquiétudes, leurs colères, quand ils ne s’abstiennent pas.

Nous avons ici formulé quelques propositions et nous espérons que le Gouvernement profitera des Assises de la Ruralité qui se tiennent actuellement pour amplifier le « pacte pour la Ruralité » du Gouvernement Ayrault et faire des annonces fortes à destination de ces populations et de ces territoires.
Les territoires ruraux contribuent à la richesse de notre pays, ils sont plus que jamais une chance et une force pour l’avenir!

Cette tribune est signée de plusieurs jeunes responsables du Parti Socialiste:
Anthony COURTALHAC, Secrétaire de la section PS de Romagnat (Puy-de-Dôme)
Thomas JACQUELIN, Secrétaire de la section PS de Ussel (Corrèze)
Anthony LEROY, Secrétaire de la section PS de Pontgibaud (Puy-de-Dôme)
Baptiste MENARD, Secrétaire de la section PS de Templeuve (Nord)
Carla BUCERO LANZI, Animatrice Fédérale du MJS Deux Sèvres
Clément LAFORGE, Conseiller Municipal de Guichainville (Eure)
Thomas LUQUET, Militant PS de Paris
Grégoire POTTON, Militant PS du Puy-en-Velay (Haute-Loire)
Tatiana BLANC, Militante PS d’Orléans (Loiret)
http://www.huffingtonpost.fr/baptiste-menard/la-ruralite–territoires-d-avenir_b_6190958.html?utm_hp_ref=tw

Sommet de l’élevage 2014 : un atout pour les éleveurs du Massif Central

Photo du livret du Sommet de l'Elevage édition 2014 publié par La Montagne - crédits A.C.

Photo du livret du Sommet de l’Elevage édition 2014 publié par La Montagne – crédits A.C.

Le cru 2014 du Sommet de l’élevage, la 23ème édition, a encore été cette année une réussite ; il a dépassé les attentes avec un nouveau record de participation (84000 visiteurs et 1302 exposants).

Certains voudraient ne mettre en avant que le bal des politiques venus soit pour lancer leur campagne des futures échéances régionales soit pour jouer sur la peur et le refrain maintenant trop connu de l’Europe destructrice de l’agriculture française et du french-bashing.

Pour ma part, je pense que nous devons élever le débat au vue des enjeux.

Le Sommet de l’élevage est la preuve que les Français sont bons quand ils sont motivés, que l’excellence française n’a pas à pâlir par rapport à d’autres pays.

En effet, l’idée de départ de ce rassemblement était de savoir quel serait l’avenir de l’agriculture du Massif Central suite à l’instauration des quotas laitiers dans les années 80. Vingt-trois ans plus tard, cette idée concrétisée est le troisième sommet mondial consacré à l’élevage, grâce à des hommes et des femmes investis pour surmonter les enjeux mondiaux et modernes tout en gardant une agriculture de qualité.

Cette image-là, du volontarisme et de la qualité du « made in France », s’est illustrée aussi avec le concours national de la race bovine Aubrac. Cette race, qui dans les années soixante-dix, était en voie de disparition ne serait pas devenue ces dernières années une race très recherchée sans des agriculteurs passionnés.

Je me félicite que Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, se soit déplacé à nouveau pour faire honneur à l’agriculture notamment auvergnate lors du Sommet. Le ministre est venu aussi pour rappeler les différentes avancées sur lesquelles le Gouvernement a agit en matière d’agriculture ces derniers mois.

On pourra notamment évoquer, la réorientation de la PAC, parmi les engagements pris par le Président de la République François Hollande l’année dernière lors de sa venue au Sommet. Cette réorientation était très attendue par les éleveurs, notamment sur deux points :

  • la revalorisation de l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), qui atteindra un montant total annuel de 1 056 M€, soit près de 300 M€ de plus qu’en 2013. Elle est déjà effective depuis le 15 septembre : les montants versés sont revalorisés de 15% pour chaque agriculteur. Enfin il est bon de souligner que cette indemnité sera versée à plein dès 2016.
  • la reconnaissance des actifs rendue possible grâce à la transparence des Groupements Agricoles d’Exploitation en Commun (GAEC), qui s’appliquera bientôt pour ceux existant comme pour les autres formes sociétaires qui souhaiteront se transformer en GAEC, ou redevenir des GAEC.

Mais l’action du Gouvernement ne s’est pas contentée de cela. En effet, Stéphane Le Foll s’est personnellement impliqué pour mettre en avant « l’origine France » mais aussi pour améliorer les relations fournisseurs-grande distribution.

Il a par ailleurs annoncé que les situations difficiles dans l’élevage seraient évaluées au cas par cas : par rapport aux soucis de trésorerie rencontrés ou par rapport aux difficultés de marché et notamment l’embargo russe. Cela pourra s’illustrer notamment par des reports de cotisations sociales à la Mutuelle Sociale Agricole (MSA) et, dans les cas les plus fragiles, des exonérations de cotisations ou de Taxe Foncière sur les propriétés Non Bâties (TFNB).

Enfin, le ministre a annoncé que l’arrêté mettant fin aux tests ESB (pour détecter la maladie de la vache folle) pour les animaux nés après le 1er janvier 2002. Il a été pris après l’avis de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) qui paraîtrait dans les jours qui viennent. Cette mesure répond à une forte demande des éleveurs depuis plusieurs années.

Enfin, en réponse aussi aux sollicitations des éleveurs de viande bovine, il a réaffirmé son implication forte, avec les services de l’Etat, afin de trouver de nouveaux débouchés à l’exportation, notamment avec la Turquie et l’Algérie.

Cette 23ème édition du Sommet de l’élevage a donc été très riche, beaucoup plus que les quelques coups politiques tentés, notamment avec la réussite en terme de rassemblement ou de discussion entre le Gouvernement et les éleveurs pour faire un point d’étape sur les promesses faites l’année dernière. La véritable politique, c’est d’agir, de faire des points réguliers sur notre action et non de lancer des grandes promesses irréalisables dans le seul but de faire l’actualité.