Élections départementales: esprit du 11 janvier es-tu là ?

A quelques jours du premier tour des élections départementales, les sondages et les médias semblent avoir déjà fait leur choix, avec le FN grand vainqueur. Cette petite musique que l’on donne à écouter aux citoyens ainsi que le défaitisme de certains politiques nationaux ne peut que motiver les électeurs à aller à la pêche ce dimanche.

Pourquoi se déplacer pour une élection déjà jouée d’avance et pour laquelle bien souvent les électeurs ne savent pas à quoi elle sert ?

L’esprit du 11 janvier a mis en exergue la solidarité, l’ouverture sur les autres, l’esprit républicain des français et surtout la lutte contre le défaitisme. Mais ce soubresaut n’a pas été assez fort pour endiguer le repli sur soi et le défaitisme ambiant alors même que de nombreux pays nous prennent encore pour exemple.

Dans ces conditions, le FN ne pourra qu’en profiter malgré les nombreux candidat-e-s qui prouvent que ce parti n’a jamais été un parti républicain et ne le sera jamais.

Ces candidat-e-s du F-Haine sont à l’image des idées de leur parti :
Prenons l’exemple du candidat FN dans l’Yonne qui s’attaque à Christiane Taubira, Ministre de la Justice : « Comment savoir où Taubira est passé ? Suivre les bananes » ou encore celui dans l’Ardèche qui en légende d’une photo sur Facebook de croix gammée trouve bon de dire « Marine, tu es la réincarnation d’Hitler. Toi, tu vas nettoyer la France, on compte sur toi ! »

En Auvergne, nous sommes aussi bien pourvus en candidat-e-s très irrespectueux. Prenons l’exemple d’un candidat dans l’Allier mis en examen pour détention et diffusion d’images pédopornographiques ou encore celui présenté sur le canton d’Aubière, condamné pour violences et injures raciales il n’y a même pas un an pour avoir voulu renverser un homme noir avec sa voiture. On peut encore évoquer ce candidat dans l’Allier qui se dit victime du lobbying judéo-maçonnique qui empêche sa carrière de chanteur de décoller.

Mais les responsables du FN Auvergnat ne sont pas en reste en abusant de la faiblesse de deux personnes âgées (dont une atteinte de cécité) qui sont candidates titulaires à leur insu. On pourra évoquer encore en Haute-Loire les candidatures FN qui sont une histoire de famille : pas moins de sept membres d’une même famille candidats sur des cantons différents ! Ainsi, sur presque la moitié des cantons de Haute-Loire, le FN est représenté par une même famille.

Au-delà des personnes, il faut s’intéresser à leur programme. Mais nous ne pouvons même pas évoquer un programme départemental, il n’en existe pas. Le FN ne s’intéresse pas aux propositions qui concernent le département. Il a choisi de ne parler que du contexte national et de sujets dont le Département n’a pas la charge. D’ailleurs leurs matériels électorales (tracts, affiches) ne change que très rarement, la règle étant les mêmes documents sur l’ensemble de la France, sans visage pour les affiches ou alors avec le portrait de Marine Le Pen pour les professions de fois. Un électeur du Nord recevra donc les mêmes propositions qu’un électeur du Puy-de-Dôme alors que ce sont des départements avec des problématiques totalement différentes. Où sont la proximité et la prise en compte des réalités de chaque territoire proposées par cette élection si les candidats ne se montrent même pas et ne proposent pas des solutions locales ?

Photos de gauche prise dans le Nord  et photos de droite prise à Romagnat. Deux exemples de candidats fantômes mêmes sur les affiches. Crédits photos : A.C et B.M

Photos de gauche prise dans le Nord et photos de droite prise à Romagnat. Deux exemples de candidats fantômes mêmes sur les affiches. Crédits photos : A.C et B.M

Qu’on se le dise, le vote contestataire d’une politique nationale aura des conséquences bien réelles dans nos vies dans nos départements, dans nos quartiers (ex: accompagnement des personnes âgées). Les habitants vivant dans les villes gérées par le FN depuis tout juste un an peuvent en témoigner :
• Augmentation des indemnités d’élus
• Suppression des aides à la restauration scolaire pour les enfants des familles pauvres
• Suppression de l’accueil péri-scolaire pour les enfants de chômeurs
• Fermeture de centre social
• Suppression des subventions aux associations en particulier celles d’aides aux plus démunis, de défense des droits de l’homme.
• Refus de commémoration de l’abolition de l’esclavage
• Changement de nom de rue par des noms de criminels de guerre

Ces quelques mesures, non exhaustives et adoptées en l’espace d’une seule année par ces maires, laissent présager de très mauvaises choses au niveau des départements voir des conséquences graves pour les citoyens que ce soit notamment pour les plus jeunes, les personnes handicapées ou les personnes âgées si le Front National avait des élus départementaux.

C’est pourquoi, dimanche 23 mars, il faut se mobiliser non pas juste parce que le FN n’est pas la solution mais bien pour défendre un ensemble d’actions menées depuis des années par le CG. Elles sont concrètes et touchent tous les Puydômois :
– la gratuité des livres pour les collégiens,
– la tarification sociale de la cantine au collège, qui permet à une famille de payer plus ou moins cher la cantine selon ses revenus, luttant donc pour que plus aucuns enfants ne mange pas à midi pour des raisons financières
– le projet d’inscription de la Chaine des Puys et de la Faille de la Limagne au patrimoine mondial de l’UNESCO,
– la plateforme AGRILOCAL 63,qui a été créer pour faciliter le commerce local et notamment pour fournir les cantines des collèges en produits locaux.
– COCON 63, qui a été créé pour aider à l’isolation des combles des bâtiments publics pour réduire la facture énergétique qui devient parfois une fracture énergétique

Nous avons un département qui accompagne efficacement sa population vers l’autonomie qu’elle soit scolaire, professionnelle, associative ou personnelle. Nous avons un département qui accompagne efficacement tout au long de notre vie.

Mobilisons-nous pour garder ces acquis et continuer à s’adapter aux nouvelles demandes des habitants telles que le maintien à domicile, la transition énergétique et le retour à une consommation locale.

Campagne du Ministère de l'Intérieur pour les élections départementales 2015 - Crédits photos : Ministère de l'Intérieur

Campagne du Ministère de l’Intérieur pour les élections départementales 2015 – Crédits photos : Ministère de l’Intérieur

Publicités

Place à l’innovation démocratique: redonner confiance dans la parole et l’action publique

Tribune du 21 septembre 2014 (à 7 jours des élections sénatoriales) co-écrite et publiée dans Le Huffington Post avec plusieurs jeunes responsables fédéraux du Parti Socialiste, militants et sympathisants socialistes.

« Nous avons toujours mille raisons d’attendre et de ne pas entendre ; mais le prix du renoncement est plus cher à payer que le prix du courage » c’est par ces mots que Jean-Pierre Bel officialisa son retrait de la présidence du Sénat, fonction qu’il quittera dans les prochains jours. Ainsi ce qui aurait pu être appréhendé comme un testament « ante-mortem » du premier Président socialiste du Sénat sous la Vème République, se révèle en réalité comme une feuille de route laissée aux générations à venir, qu’il encourage à donner du sens à leur citoyenneté, à servir la République, à s’engager dans la vie politique.
Nous jeunes militant-es et responsables du Parti Socialiste ancrés sur nos territoires ne peuvent que souscrire à cette feuille de route, d’autant plus que nous sommes directement exposés tant aux espoirs, qu’à la souffrance des Français.
En effet, au fil des années et des affaires touchant les différents partis – que ce soit la droite ou la gauche – ont fini de lasser et d’exaspérer nos concitoyens. Ils ont perdu confiance dans leurs représentants et parfois même dans leurs institutions. Cela se traduit par une abstention croissante et élevée ainsi que par la montée des extrémismes en tout genre.
A défaut d’agir, des jours encore plus sombres semblent se dessiner à l’horizon, nous nous devons donc de réagir !
Rappeler les faits qui peuvent minimiser les affaires et accusations du « tous pourris », qui font trop souvent le « buzz » dans les médias, ne doit pas servir à nous dédouaner.
Au contraire, cela doit nous motiver à changer les méthodes et pratiques politiques pour mettre en avant les « élus intègres ». Cela doit nous motiver à lutter contre le « tous pourris » et le sentiment « d’impunité des politiques » ressenti par la population.
Certes, face à ces défis le Gouvernement a agit en terme de transparence, que ce soit avec la publication des déclarations de patrimoine de l’ensemble des ministres et parlementaires, la création d’une « Haute autorité de la transparence de la vie publique » ou encore la publicité de la réserve parlementaire.
Bien qu’il en ait couté au Gouvernement, l’affaire Thévenoud est la preuve de l’efficacité des mécanismes de vérifications votées par la majorité et impulsés par l’exécutif actuel.
Nous nous en félicitons mais nous devons aller plus loin car malgré ces avancées, celles-ci n’ont manifestement pas eu pour conséquence de faire infléchir la défiance de certains citoyens envers la classe politique…
Cependant, de nombreuses solutions existent et sont à la portée de nous toutes et tous. Pour cela, il nous suffit d’être à l’écoute des citoyen-nes de nos territoires, de leur redonner la parole à travers des moyens plus collaboratifs. Ainsi, nous pourrons retisser un lien de confiance qui semble avoir été cassé entre les citoyens et leurs représentants.
C’est pourquoi, en ces temps de défiance, il nous semble urgent de faire de la politique autrement.

Nous formulons donc ici quelques propositions pour adapter la vie politique à notre société du 21ème siècle :
• Limiter la possibilité pour un élu de se faire élire trois fois maximum pour un même mandat. Cette mesure venant à la suite de la règle du non cumul des mandats prise par le gouvernement et qui s’appliquera en 2017.
• Réformer l’indemnité de représentation et de frais de mandat (IRFM) pour que cette enveloppe serve seulement aux frais liés aux déplacements et réceptions du parlementaire.
• L’inéligibilité de 10 ans, voire définitive pour tout élu commettant « une infraction portant atteinte à la moralité publique comme la corruption, le trafic d’influence, la fraude électorale ou la fraude fiscale ».
• Mettre en place un véritable statut de l’Elu pour permettre à chacun de pouvoir se présenter sans que cela soit néfaste à sa vie professionnelle et notamment pour la reprise d’activité à la fin du mandat. Cela permettra une meilleure représentativité de la société française à l’Assemblée Nationale.
• Rendre publique chaque année les comptes des partis politiques et des associations politiques.
• Promouvoir la Démocratie Participative et, sur certaines politiques, la Démocratie Délibérative, en effet les citoyens ont soif de s’engager et de s’impliquer sur les politiques publiques à condition qu’on leur donne les moyens de le faire réellement et non pas en étant des simples faire valoir seulement bons à valider des projets déjà ficelés.
Ségolène Royal avait compris très tôt cette nécessité de changer la façon de faire de la Politique et d’y associer plus largement les citoyens. L’héritage de Stéphane Hessel – et d’autres avant lui, nous enseigne que l’on peut, chacun à notre niveau changer les choses.
Alors qu’attendons-nous ?
Ayons le courage d’affronter la réalité de notre système à bout de souffle et d’engager la mutation de celui-ci.
Ayons la volonté et l’audace de changer les choses !
Citoyen-nes, militant-es, élu-es : engageons ensemble l’innovation démocratique !

Signataires:
– Baptiste Ménard, secrétaire de la section PS de Templeuve et délégué fédéral thématique au Tourisme du PS Nord (Nord-Pas-De-Calais)
– Anthony Courtalhac , secrétaire de la section PS de Romagnat et secrétaire fédéral en charge des réseaux sociaux au PS du Puy de Dôme (Auvergne)
– Carla Bucero Lanzi, animatrice fédérale du MJS Deux-Sèvres et militante PS (Poitou-Charentes)
– Thomas Jacquelin, secrétaire de la section PS de Ussel (Limousin)
– Lies Messatfa, militant socialiste à Levallois-Perret (Ile-de-France)
– Tatiana Blanc, militante socialiste à Orléans (Région Centre)
– Nicolas Sanssouci, militant socialiste à Marseille dans les Bouche du Rhône (Région PACA)
– Anais Boutard, secrétaire fédéral du MJS Sarthe et militante PS (Pays de la Loire)
– Antoine de Laporte, militant PS (Pays de la Loire)
– Clément Laforge, militant socialiste et conseiller municipal à Guichainville (Haute Normandie)
– Damien Thibault, secrétaire de la section du Pays Briançonnais (Provence Alpes Côte d’Azur)
– Laurent Bouquet, Secrétaire de la section de Saint Rémy en Bouzemont (Champagne-Ardennes)
– Elodie Bour, militante socialiste de la section de Dieuze (Lorraine)
– Valentin Eynac, secrétaire fédéral du PS Isère (Rhône-Alpes)
– Myriam Gelly-Tuhami, sympathisante socialiste de Martinique (Martinique)
 http://www.huffingtonpost.fr/baptiste-menard/modernisation-de-la-vie-politique_b_5841828.html

Un remaniement ne suffira pas

Tribune du 2 avril 2014 co-signée et parue dans Slate au nom du Collectif des Jeunes secrétaires de sections de moins de 30 ans.

Que faire alors que les abstentionnistes sont devenus le «premier parti de France»? Un collectif de 30 jeunes responsables socialistes de moins de 30 ans réagit au résultat des élections municipales et au remaniement gouvernemental qui a suivi.

Un président «éloigné des Français», un gouvernement «à bout de souffle», une politique qui manquerait de «pédagogie», des élus locaux qui feraient les frais d’une «grogne nationale». Vous avez reconnu le scénario. Il s’agit des élections municipales de mars 2008.

Il faut que tout change pour que rien ne change. Six ans après, les mêmes journalistes politiques utiliseront le même logiciel et tiendront le même discours pour qualifier les résultats des élections municipales. Selon eux, une vague bleue succéderait à une vague rose. Au petit jeu du flux et du reflux électoral, ils en oublient que certaines vagues, bleues ou roses, se perdent dans le sable. On appelle cela l’abstention. C’est pourtant la principale donnée du scrutin qui devrait focaliser notre attention, car elle mesure la santé de notre système démocratique.

Le record d’abstention atteint le 30 mars doit nous interpeller, car il pulvérise deux lieux communs.

Pendant de nombreuses années, il était de bon ton de dire que l’abstention résultait d’un éloignement du politique. Plus l’action politique était locale, moins l’abstention était forte, car le citoyen voyait les résultats concrets de cette action. C’est ainsi que l’on opposait élections européennes et élections municipales, les maires s’érigeant en parangons de proximité. Dimanche dernier, le record d’abstention a fait voler en éclat ce lieu commun. Il n’y a rien de plus concret, de plus quotidien et de plus visible que l’action politique locale: la hauteur du trottoir en bas de chez soi, le menu de la cantine scolaire de nos enfants, l’isolation des murs de nos logements HLM dépendent de décisions prises par le maire. Et malgré cela, les Français ont boycotté les urnes ce dimanche.

Pour expliquer les résultats de dimanche, les médias, les partis, les élus, tous pétris de jacobinisme, tourneront alors la tête vers Paris pour bêler tous en cœur: «C’est la faute du gouvernement.»

Ils oublieront au passage le glissement de terrain qui se produit, lentement, inexorablement, sous leurs pieds. Dans la quasi-totalité des villes de France, un même scénario s’est produit: entre 2008 et 2014, tous les candidats, issus des villes ou des champs, qu’ils soient de droite, de gauche ou du centre, qu’ils soutiennent ou critiquent le gouvernement, ont perdu des centaines d’électeurs. Les défaites de dimanche ont donc un goût particulièrement amer, puisqu’elles ne sont la victoire de personne.

La raison de l’abstention est donc désormais à chercher ailleurs. Autrefois, l’important c’était de participer. Aujourd’hui, plutôt que de se déplacer pour changer les règles du jeu, une part grandissante des Français refuse tout simplement de continuer à participer à la vie publique.

Depuis l’élection présidentielle de 2012, la part des Français qui se déclarent sympathisants des partis de gauche a chuté de 9 points, tandis que la part des Français qui se déclarent sympathisants des partis de la droite parlementaire a chuté de 4 points. Le Front national n’en profite que légèrement et la part des Français qui s’en déclarent sympathisants n’a augmenté que de 2 maigres points.

En revanche, la masse des Français qui se déclarent «sans étiquette», «apartisan» ou même «apolitique» a gonflé, pour atteindre la majorité relative (44%). Ils sont le premier parti de France.

Partout sur notre territoire, cette tendance s’est ressentie. Les chiffres sont là pour nous dire que les noyaux militants traditionnels se sont mobilisés. Les sympathisants du PS ont ainsi participé à hauteur de 68%, tandis que les sympathisants de l’UMP ont participé à hauteur de 72%. Lorsqu’on sait que l’UMP présentait plus de listes en France que le PS, les taux de participation des deux camps sont donc sensiblement les mêmes.

Ce qui change en revanche, c’est le taux de participation des «sans étiquette», qui eux ne sont allés voter qu’à 40%. Leur soif de justice ne s’incarne plus dans aucune formation politique.

Jeunes responsables, nous avons un immense devoir, celui d’inventer de nouvelles formes de participation à la vie publique, dans les entreprises, dans les partis, dans les mairies. Les partis politiques, sous leur forme traditionnelle, ne remplissent plus leur rôle d’animateurs de la vie démocratique locale entre deux périodes de campagne électorale. Il existe partout en France, dans nos villes comme dans nos campagnes, dans les collectivités locales, les entreprises ou les associations, un formidable esprit d’entreprendre, un désir de proposer de nouvelles réponses pour inventer pas à pas un nouveau modèle de développement plus durable.

Nous devons nous inspirer de ces innovations, construire de nouvelles organisations militantes, retisser le lien avec les associations laïques, construire des espaces de formation et d’éducation populaire. De nouveaux défis nous attendent, le parti de Jaurès peut les relever.

http://www.slate.fr/tribune/85477/jeunes-socialistes-remaniement-municipales