Sommet de l’élevage 2014 : un atout pour les éleveurs du Massif Central

Photo du livret du Sommet de l'Elevage édition 2014 publié par La Montagne - crédits A.C.

Photo du livret du Sommet de l’Elevage édition 2014 publié par La Montagne – crédits A.C.

Le cru 2014 du Sommet de l’élevage, la 23ème édition, a encore été cette année une réussite ; il a dépassé les attentes avec un nouveau record de participation (84000 visiteurs et 1302 exposants).

Certains voudraient ne mettre en avant que le bal des politiques venus soit pour lancer leur campagne des futures échéances régionales soit pour jouer sur la peur et le refrain maintenant trop connu de l’Europe destructrice de l’agriculture française et du french-bashing.

Pour ma part, je pense que nous devons élever le débat au vue des enjeux.

Le Sommet de l’élevage est la preuve que les Français sont bons quand ils sont motivés, que l’excellence française n’a pas à pâlir par rapport à d’autres pays.

En effet, l’idée de départ de ce rassemblement était de savoir quel serait l’avenir de l’agriculture du Massif Central suite à l’instauration des quotas laitiers dans les années 80. Vingt-trois ans plus tard, cette idée concrétisée est le troisième sommet mondial consacré à l’élevage, grâce à des hommes et des femmes investis pour surmonter les enjeux mondiaux et modernes tout en gardant une agriculture de qualité.

Cette image-là, du volontarisme et de la qualité du « made in France », s’est illustrée aussi avec le concours national de la race bovine Aubrac. Cette race, qui dans les années soixante-dix, était en voie de disparition ne serait pas devenue ces dernières années une race très recherchée sans des agriculteurs passionnés.

Je me félicite que Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, se soit déplacé à nouveau pour faire honneur à l’agriculture notamment auvergnate lors du Sommet. Le ministre est venu aussi pour rappeler les différentes avancées sur lesquelles le Gouvernement a agit en matière d’agriculture ces derniers mois.

On pourra notamment évoquer, la réorientation de la PAC, parmi les engagements pris par le Président de la République François Hollande l’année dernière lors de sa venue au Sommet. Cette réorientation était très attendue par les éleveurs, notamment sur deux points :

  • la revalorisation de l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN), qui atteindra un montant total annuel de 1 056 M€, soit près de 300 M€ de plus qu’en 2013. Elle est déjà effective depuis le 15 septembre : les montants versés sont revalorisés de 15% pour chaque agriculteur. Enfin il est bon de souligner que cette indemnité sera versée à plein dès 2016.
  • la reconnaissance des actifs rendue possible grâce à la transparence des Groupements Agricoles d’Exploitation en Commun (GAEC), qui s’appliquera bientôt pour ceux existant comme pour les autres formes sociétaires qui souhaiteront se transformer en GAEC, ou redevenir des GAEC.

Mais l’action du Gouvernement ne s’est pas contentée de cela. En effet, Stéphane Le Foll s’est personnellement impliqué pour mettre en avant « l’origine France » mais aussi pour améliorer les relations fournisseurs-grande distribution.

Il a par ailleurs annoncé que les situations difficiles dans l’élevage seraient évaluées au cas par cas : par rapport aux soucis de trésorerie rencontrés ou par rapport aux difficultés de marché et notamment l’embargo russe. Cela pourra s’illustrer notamment par des reports de cotisations sociales à la Mutuelle Sociale Agricole (MSA) et, dans les cas les plus fragiles, des exonérations de cotisations ou de Taxe Foncière sur les propriétés Non Bâties (TFNB).

Enfin, le ministre a annoncé que l’arrêté mettant fin aux tests ESB (pour détecter la maladie de la vache folle) pour les animaux nés après le 1er janvier 2002. Il a été pris après l’avis de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) qui paraîtrait dans les jours qui viennent. Cette mesure répond à une forte demande des éleveurs depuis plusieurs années.

Enfin, en réponse aussi aux sollicitations des éleveurs de viande bovine, il a réaffirmé son implication forte, avec les services de l’Etat, afin de trouver de nouveaux débouchés à l’exportation, notamment avec la Turquie et l’Algérie.

Cette 23ème édition du Sommet de l’élevage a donc été très riche, beaucoup plus que les quelques coups politiques tentés, notamment avec la réussite en terme de rassemblement ou de discussion entre le Gouvernement et les éleveurs pour faire un point d’étape sur les promesses faites l’année dernière. La véritable politique, c’est d’agir, de faire des points réguliers sur notre action et non de lancer des grandes promesses irréalisables dans le seul but de faire l’actualité.

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